Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas Index du Forum
Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas
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Le digestif

 
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Lun 26 Mai - 17:15 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

Un bruit incessant de vagues. La mer était bien l’une des seules choses sur terre qui ne pourrait jamais se taire. Les vagues se fracassaient contre le rivage, avant de se retirer, puis revenaient à la charge. Pour quoi faire ? Pourquoi tant d’acharnement à vouloir engouffrer la terre, sous les flots ?

Assis sur le sable, pieds nus, manches retroussées, il observait la mer. De nouveau, il se retrouvait dans cet endroit. Jack était à ses côtés, chantonnant un air, l’air gai, comme toujours. Les jambes allongées devant lui, il n’arrivait à distinguer les vagues que grâce aux reflets de la lune. Elle était pleine ce soir, tout comme la dernière fois qu’il s’était rendu en ces lieux en compagnie de l’espagnol. L’épisode de la caverne, il en gardait un souvenir plutôt irritant, mais c’était passé.

D’ailleurs, il lui en avait délivré une partie de son passé, au chef cuisinier. Pas tout, bien évidemment, mais déjà bien trop. Du moins de son point de vue. Ils s’étaient vus maintes et maintes fois, Matthew respectant à la lettre la promesse qui s’était faite ce jour-là. Ce nouveau… but. Quand il le pouvait, quand il avait du temps libre, il venait le voir, ne serait-ce que pour quelques heures, ou une soirée. Tous les deux étaient extrêmement pris par leur travail, mais l’espagnol n’hésitait pas à rendre les couteaux, à abandonner son plan de travail si le Freelance venait. Ils passèrent du temps ensemble, se racontèrent des parcelles de vie, s’écoutèrent. Ce n’était pas facile tous les jours, mais cela le devenait, petit à petit. Petit à petit, Jack commençait à pénétrer dans son cœur.

Il arrivait parfois qu’il soit obnubilé par lui, et n’arrivait pas à travailler correctement. Les appels et les messages n’avaient pas cessés, au contraire, mais étaient moins fréquents depuis que Matthew le lui avait demandé. L’espagnol était le genre de personne qui se laisserait faire marcher sur les pieds en échange d’un peu d’attention. Mais cela avait porté ses fruits. En effet, le chef avait finalement invité l’homme chez lui, dans ses propres appartements. Le doute s’était estompé, et il prenait ce que Jack lui offrait.

Un mouvement à sa droite le sortit de ses réminiscences. L’espagnol s’était levé, et se dirigeait à présent vers l’étendue d’eau, y pénétrant avec lenteur. Il s’y enfonçait de plus en plus, et s’était tourné pour regarder Matthew, tout sourire. Se demandant vaguement ce qu’il était en train de faire, il ne le rejoignit pas pour autant. Ce n’était pas une saison pour se baigner.

- Si tu cherches à te noyer, sache que je ne viendrais pas te sauver.

Paroles en l’air. Irait-il le sauver ? Il ne savait pas… Il lui fallait tout d’abord être confronté à cette situation pour savoir comment il réagirait. En tout cas, l’espagnol ne voulait pas mourir, pas tout de suite, pas tant qu’il serait assuré qu’elle soit en vie. Elle… Matthew savait parfaitement de qui il parlait, mais ne répondit rien, l’écoutant parler, comme d’habitude. Il était toujours aussi rare qu’il fasse la conversation. Pourtant, quelque chose attira son attention dans les paroles qu’avait lancées Jack.

- Et sinon… Tu te laisseras mourir plus facilement ?

Matthew s’était rallongé par terre, les bras croisés derrière sa tête. Il n’avait pas à surveiller ce que faisait l’espagnol, il était grand après tout. La réponse parvint quelques instants plus tard, après ce qui semblait être un long moment de réflexion. Ce n’était pas celle à laquelle il s’attendait, et il se redressa, les yeux plissés alors qu’il regardait la forme de Jack, qui faisait la planche, sur l’eau sombre. Alors qu’il allait parler, il se ravisa. Ses sourcils froncés, son air contrarié étaient bien suffisants pour comprendre, mais Jack était trop loin pour le voir, et il se rallongea, laissant le sujet de côté, ne voulant plus en entendre parler, ni y penser.

Il avait fermé les yeux, et pouvait entendre Jack se rapprocher, s’installer à ses côtés. Lui demandant de se taire, l’air irrité, il chassa le doigt qui retraçait les traits de son visage pâle. Il était énervé contre l’espagnol, et contre lui-même. Lui-même pour avoir cru à toutes ces bêtises que lui avait dit Jack, de s’être laissé allé auprès de lui. Tout cela n’avait donc été qu’un tissu de mensonges au fond.

- Tais-toi, ne parle plus.

Ne me glisse plus de mots d’amour si tu ne les penses pas. Ignorant ses questions, le Freelance se leva, se dirigeant vers la mer. S’arrêtant juste devant, il remonta son pantalon jusqu’aux genoux, et y pénétra. Elle était froide, presque glaciale, et il s’y enfonça davantage encore en voyant que l’espagnol l’avait suivit. Un soupir irrité, et il se tourna vers lui, toujours aussi contrarié.

- Pourquoi ne comprends-tu pas ce que je te dis ?
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MessagePosté le: Lun 26 Mai - 17:15 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Lun 26 Mai - 19:12 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

[Bang Bang, Ycare]


Allongé sur le sable, pieds nus, manches retroussées, il observait le ciel. Il chantait doucement, un air emprunté, mélancolique et doux. La voûte était piquetée d'étoiles, et on pouvait les déceler ici, loin de la ville. La baie formait un bras de mer à l'intérieur des terres, comme si elle avait voulu manger les rivages.

Cela faisait plus d'un mois à présent qu'il harcelait l'homme près de lui, ce qui lui avait valu de se trouver une fois de plus à ses côtés, à son plus grand bonheur. En cette soirée ou un vent tiède soufflait, ses pensées se perdaient sur leurs souvenirs partagés, qui se faisaient plus nombreux chaque semaine. L'espagnol tâchait de passer du temps avec Matt', l'emmenait voir des endroits dont il n'avait peut-être pas l'habitude. Il désirait lui montrer ce qu'il avait appris à apprécier tout ce temps. Et il parlait, durant des heures, de choses et d'autres, glissant parfois un morceau de sa vie dans ses propos, un de ceux qu'on préfère conserver secret au reste du monde. Mais ce qu'il préférait, c'étaient les rares fois où son compagnon ouvrait la bouche. Alors il se taisait, et l'écoutait, se contentant de répondre de son mieux.

Au début c'était toujours le cuisinier qui, par ses messages intempestifs, ses coups de fils réguliers, obtenait une visite de l'homme surchargé en cette période de crise. Néanmoins, l'américain trouvait toujours un peu de temps à lui consacrer. Jack n'en demandait pas beaucoup plus. Matthew avait pris de temps à autre les initiatives par la suite, ce qui ne fit qu'augmenter l'enthousiasme du brun, ce dernier délaissait parfois son équipe en pleine soirée pour dresser leur dîner à l'étage. Il faisait des efforts surhumains pour éviter de faire sonner trop souvent le portable de son aimé, et se contentait, non sans mal, de quelques textos seulement, quand le freelance lui demanda de se calmer sur la dose. Il ne faisait que concéder en échange d'un bien plus précieux encore.

Le chef cuisinier avait même pu voir l'appartement de l'homme, au coeur même du quartier général du clan. Matt' quand à lui, avait visité les arrières salles sécurisées du restaurant. A bien y repenser, ces échanges lui avaient tirés un sourire plus grand encore, alors qu'il se redressait de toute sa taille, s'époussetant vaguement pour faire tomber le sable collé à ses vêtements, avant se remonter le bas de son jean pour pénétrer silencieusement dans l'eau, dos à la mer. La remarque le fit rire et il y répondit sans plus attendre, haussant un peu la voix pour couvrir le roulis de l'eau. Sa soeur était depuis longtemps sont point d'attache, la personne sans qui il se laisserait aller.

Sans elle...sans elle...que deviendrait-il ? Il ne voulait pas le savoir. Jack ferma les paupières, et se laissa tomber au creux d'une petite vague, bras écartés sur l'étendue d'eau. Il frissonna sous la différence de température et il cru d'abord rêver en entendant une question de la part du jeune chef. L'espagnol ne pensait sincèrement pas être confronté à cette question un jour. S'ensuivit un lourd silence, ponctué par les vagues s'écrasant contre les galets.


-... Et bien... je me dis que si un jour je suis certain de ne plus jamais pouvoir la voir, et si je suis assuré de sa sécurité malgré ça... alors, il faudra que je change complètement mes aspirations, ou je me laisserais mourir si je n'en suis capable, oui.

A vrai dire, il avait déjà commencé à modifier ses rêves. Les premiers s'étaient révélés de véritables cauchemars. Lui qui aurait voulu être un bon cuisinier se retrouvait à dépecer de la viande humaine. Lui qui aurait aimé vivre près de la seule personne qu'il lui restait, en était séparé plus violemment à chaque fois qu'il tentait de s'en approcher. Ce n'étaient plus que des chimères, il avait bien fallu trouver un autre chemin. Et il avait trouvé. Il se serait déjà donné la mort sinon. Mais ce dernier détail, il n'avait pas pris la peine de le préciser, et c'est en entendant le silence radio de la part de son interlocuteur qu'il rouvrit le yeux, l'interpellant à plusieurs reprises, avant de finir par le rejoindre sur le sable.

-Que pasa, Mateo mio ? Quelque chose ne va pas ?

Il s'était étiré longuement, prenant un air plus sérieux alors qu'il remarquait l'état de l'homme. Jack s'était allongé près de lui, voulant lui soutirer quelque chose, mais rien n'en sortait. Sa réponse ne lui avait pas plue alors ? Il l'avait fâché ? Rien à faire, l'esprit de l'américain s'était refermé. Malgré tout l'espagnol le suivit une nouvelle fois, s'enfonçant dans l'eau en marchant sur ses talons, pour croiser les bras une fois face à lui.

-Je comprends, mais je ne veut pas m'arrêter de parler, porque la comunicación es muy importante, mi amorr.

Matthew répliqua que la communication n'était pas son fort. Quand bien même. L'espagnol prit une pose pensive, faisant mine de réfléchir alors que était déjà clair dans sa tête.

-Pourtant, il y à plein de façons de communiquer ... tu connais la parole orale bien sûr, la parole écrite... et il y en à une autre très intéressante aussi pour transmettre ce que l'on ressens...

S'entendant demander de quoi il s'agissait, il se fendit d'un sourire, attrapant le poignet du freelance pour l'attirer contre lui. Une autre main se glissa sur la nuque, empêchant l'homme de se reculer face à Jack qui l'embrassait avec une visible envie, pénétrant la bouche humide qui résistait, léchant les dents qui mordaient sa langue, mais il ne perdit pas pied et le fit sombrer avec lui dans l'échange, tempérant la colère de l'argenté avec ses lèvres avides. Son bras entoura la taille de son interlocuteur qui se détournait de lui, visiblement déstabilisé. L'espagnol se mit a rire doucement, murmurant au creux de son oreille.

-Alors, tu as compris mon langage ? Je peut me répéter aussi, sans problème, sabes. Tu apprendras par exemple, que c'est toi qui deviens un peu plus chaque jour, ma raison de vivre.

Il chercha sa main, l'attrapant pour la serrer dans la sienne, pour le ramener sur le sable à pas mesurés, embrassant la paume qu'il porta à sa bouche, en espérant qu'il aie bien compris cette fois.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Lun 26 Mai - 20:24 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

[Just the two of us - Johnny Mathis]


Rien n’allait. Tout était chamboulé dans l’esprit de Matthew, et il en comprenait la cause. Jack avait déteint sur lui, et avait à présent une influence toute particulière, comme jamais il n’avait connu auparavant. Il se sentait… blessé, vexé aussi. L’eau était arrivée à présent au niveau de son genou, et menaçait de tremper son pantalon, fraîchement lavé et repassé par la femme de ménage. Il pouvait sentir les vagues, et regarda les étoiles, la tête relevée, n’écoutant pas Jack, voulant bloquer sa voix incessante. Incessante comme les vagues. C’était tout à fait l’espagnol. Il était comme la mer, inébranlable, déterminé… Et lui, qu’était-il dans ce cas-là ? Le poisson qui se laissait emporter par le flot des eaux, mais pourtant à l’aise sans jamais se noyer ? Peut-être bien que oui. Mais là, il s’était noyé.

- Tu me demandes de communiquer, mais je n’en suis pas capable…

Il ne pouvait pas s’exprimer correctement en matière de sentiments, et ça, Jack devait bien le savoir, non ? Lui qui les avait refoulé depuis si longtemps, ressentir de telles émotions lui était étranger. L’envie de tout plaquer le prenait parfois, de laisser tomber, mais il revenait toujours. Le chef cuisinier devenait une chose dont il ne pouvait pas se passer, pas s’il savait qu’elle était à sa portée. Et elle était. Le matin il se réveillait, voyait le soleil, et Jack était à ses côtés. Il n’était pas méchant, loin de là, et sa naïveté surprenante, sa manière de vivre avait quelque chose qui attirait le Freelance. Cette chaleur qu’il émanait…

- Laquelle ?

Ses réponses ou questions étaient toujours courtes. Regardant ses pieds, il observa les vagues qui l’éclaboussaient, qui créaient des débordements. Il s’était noyé dans cette étendue de tendresse, et de ce que Jack appelait ‘amour’. Pourquoi recevait-il cela alors qu’il n’avait jamais rien fait de bien dans sa vie ? Il ne savait pas. Même après trente ans d’existence sur cette terre malsaine, il ne savait que très peu de choses. Des choses laides, mais il en découvrait des belles à présent. Et tout cela, ce n’était que des conneries enfin de compte. Trahi… Oui, c’était peut-être cela qu’il ressentait.

Une main ferme s’était resserrée autour de son poignet, et il se sentit être attiré vers l’espagnol, qui ne lui laissa pas un instant de répit, l’embrassant voracement. Il voulut se reculer, et se débattit, mordant la langue qui cherchait la sienne, grognant, avant de se calmer, peu à peu, se laissant être embrassé sans complexe. Il répondit avec ferveur, et finit par briser le baiser, détournant la tête, embarrassé. Il ne comprenait pas cette envie d’être avec Jack, ne comprenait pas cet homme qui lui faisait perdre tous ses moyens. Matthew serra avec douceur cette main dans la sienne.

Il l’écouta, se sentant réagir aux paroles. Mais il ne sut quoi dire, et lâcha sa main, se dirigeant de nouveau vers la plage. Le cuisinier avait réagit au quart de tour, et déjà il le rattrapait, prenant sa main pour l’embrasser. Maintenant qu’il y pensait, Jack se comportait toujours avec lui de cette façon… Il le traitait comme une sorte de trésor, simplement heureux de sentir sa présence à ses côtés. Le Freelance l’était-il également ?

Une raison de vivre… Lui qui n’en avait jamais eu, il en était devenue une. Ce paradoxe était étrange. Et Jack dans tout ça ? Qui devenait-il ? Que devenait-il ? Son amant, son but ?


- Quand… tu parles, je t’écoute tu sais. Je sais que je ne réponds pas toujours, mais j’ai toujours été un avare en mots…

Il s’était rassis par terre, et sa main faisait des ronds, des arabesques sur le sable. Jack se questionnait sur le sens de ses discours au Freelance, se demandait si ce dernier était ennuyé par le fait qu’il parle autant. Il ne l’était pas. Au début, oui, mais comme tout le reste, cela avait évolué.

Sortant son paquet de cigarette, il s’en alluma une, tirant une longue bouffée alors qu’il regardait au loin. Il se dit alors qu’un jour, il aimerait voir le lever du soleil, en ce même endroit, mais différent. Absorbé dans sa contemplation, il pouvait de nouveau entendre l’espagnol fredonner un air qui lui était inconnu. Matthew était pensif, comme souvent en la présence de Jack.


- Tu m’aimes ?

Tel un enfant, il avait besoin d’être rassuré. C’était la première fois que l’on lui en donnait tant, et il craignait qu’on ne lui arrache tout cela. Il ne s’était pas encore rendu totalement compte de l’étendu des changements qui s’étaient produits en lui. Le ton de sa voix avait été légèrement maladroit, et il tourna la tête pour regarder Jack, cigarette coincée entre les lèvres. Mais ses craintes furent rapidement écartées à la réponse. Ces yeux amoureux ne criaient que sincérité, et cela le déstabilisa davantage encore.

- Tu es pire que la sangsue la plus collante au monde…

Ecrasant sa cigarette par terre, il s’allongea, bras croisés derrière la tête, l’air plus serein. L’atmosphère était plus détendue à présent, presque romantique s’il osait le dire, et Matthew ferma les yeux, laissant cette douceur l’envelopper. Des lèvres humides s’étaient posées sur les siennes, ne cessant de l’embrasser, encore et encore, et il y répondait avec douceur, sa main caressant ce visage, cette nuque. Peut-être était-ce cet endroit-là qu’il avait cherché, inconsciemment.
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Lun 26 Mai - 22:57 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

[Just the two of us- Johnny Mathis]



C'était drôle quelque part, de voir le freelance se vexer si facilement. Pourtant Jack n'avait fait qu'omettre la vérité pour la restituer plus tard. Il n'empêche qu'en fait, il l'avait fait exprès. Et son stratagème à deux sous avait marché vu la tête qu'avait fait le balafré. Il en fut ravi.

Jack l'avait raccompagné sur la plage de sable fin, qui paraissait neige sous la lumière blafarde de la lune ronde. Il se rallongea près de Matthew, bras croisés derrière la tête, laissant ses jambes sécher sous la brise. Il s'était remis à parler, c'était presque automatique en présence de cette personne, tout en souriant
.

-Je vais croire que je suis inintéressant à force de parler seul tu sais ! Même si ça me dérange pas, c'est juste que tu dois savoir qu'on ne vit qu'à travers le regard des autres.

Il parut soucieux un instant, portant une main à sa barbe pour se gratter le menton, pensif. C'était difficile de savoir vraiment ce qu'une personne pense de vous quand elle s'exprime peu, alors il n'était pas tout à fait sûr.

-... ça t'embêtes que je parle à tout seul à longueur de temps ?

Quand bien même l'argenté répondrait que oui, il ne changerait en rien son comportement, ou presque rien, mais il voulait être sûr. Juste pour lui. La réponse arriva cependant, coupant court à ses tergiversations internes, et il se sentit soulagé, mais aussi content d'un point que le jeune chef avait révélé en même temps que le reste.

-Ça me fait plaisir de savoir que tu m'écoutes plutôt que de te contenter de m'entendre. Comme ça, tu reçois quelque chose de moi.

Jack croisa ses jambes, remontant son col alors que l'air se faisait plus frais en cette soirée si calme. Que son interlocuteur parle peu ne le dérangeait aucunement. Il était là pour compenser de toute façon. Et puis, comme il le lui avait dit, il y avait tant d'autres façons de communiquer ensemble. L'odeur du tabac brûlé lui parvint et il ferma les yeux un moment pour le savourer, se rappelant les rangées de ces hautes feuilles qu'on coupait pour les faire sécher. Sa vision coupa court aux quelques mots prononcés, et il rouvrit les paupières, portant ses yeux bruns sur le profil du trentenaire aux cheveux blancs. Rien ne lui faisait plus plaisir que de le dire encore et encore, lui dire que...

- Je t'aime. Je te le répèterais autant de fois que tu le voudras, cariño.

La maladresse du freelance le rendait adorable aux yeux de l'espagnol, ce dernier l'observait avec une tendresse amusée. Cet instant lui en rappela un autre. Allongés dans le parc, sur l'herbe verte et grasse. "Tu te sens bien ici mi amor ?" "Si tu pouvais arrêter avec ce genre de surnoms, ce serait encore mieux." "Tu te sens bien ici, Matthew ?" "..."
Il avait réussi à lui arracher une minuscule ébauche de sourire en l'appelant par son véritable nom. Jack en avait été si content qu'il l'avait couvert de baisers en public. La voix terne de Mateo le sortit rapidement de sa léthargie passagère et il fit la moue à la comparaison qu'on faisait de lui.


-Mais je suis mieux qu'une sangsue tout de même... Et je t'apporterais beaucoup plus.

D'ailleurs dès que le freelance se fut allongé, le cuisinier ne tardât par à se redresser pour se placer au-dessus de lui, cherchant ses lèvres pour des baisers légers, avant de parcourir également son visage, s'imprégnant de lui. Il le désirait tellement, et se contentait pourtant de chuchoter quelques mots contre sa peau sèche. Je ne vais pas t'étouffer de mes baisers, je préfèrerais ne plus jamais t'embrasser.

Il pressait sa joue piquante sur la paume glissée contre lui, fermant les yeux, sa bouche retourna capturer celle de Matthew, longuement. Jack ne s'en détacha qu'à bout de souffle, et il déposa encore quelques baisers sur le cou de l'homme, allant ensuite poser son front contre le sien, paupières closes. Il profitait de ce moment sans le briser par des mots, préférant sentir la respiration régulière sous lui. D'interminables minutes s'écoulaient et il ne bougeait pas, jusqu'à ce qu'une main ne s'insinue entre ses cheveux chocolat. Il pencha alors le visage, son nez frôlant celui du jeune chef, sa mâchoire. Il souleva une main du sable encore chaud pour la poser sur le torse de l'argenté, l'autre frôlant en une caresse légère la tempe droite. Il était si beau sous le clair de lune, si pâle et blanc, qu'on aurait pu le prendre pour un fantôme. Pourtant sa chair était tiède, et ses yeux si noirs le regardaient, paraissaient si calmes.


-Je t'aime tellement.

Sans y penser, il avait murmuré en replongeant le visage dans son cou, sa voix avait été étouffée par le roulis incessant de l'eau contre la terre. Il descendit encore un peu sur la poitrine, cherchant à écouter le coeur battre là-dessous. Je prie pour qu'un jour il m'appartienne.
Les mains de l'espagnol, incontrôlables, s'étaient glissées sous la chemise, faisant frissonner le corps pâle. Matt' avait répondu à sa réplique, et l'espagnol n'espérait qu'une chose, qu'il susurra au creux de la nuque.


-Ne donnes jamais si c'est pour reprendre.

Ses phalanges, pressées par le regard de l'américain, déboutonnaient déjà le haut, dévoilant le torse serti de nombreuses cicatrices qu'il redessina patiemment du bout des doigts, sa bouche descendant jusqu'à rencontrer un téton qu'il malmena un moment de ses dents envieuses, murmurant juste encore, tandis que sa main gauche jouait déjà avec le pantalon de l'homme.

-J'espère simplemente avoir ...une bonne influence sur toi... t'aider à construire ton bonheur.

Sa main s'insinuait sous le boxer que cachait le jean, caressant lascivement l'entrejambe par dessus le tissu fin.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Mar 27 Mai - 16:05 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

[You and Me - Lifehouse]


Il l’écoutait quand il parlait. C’était déjà beaucoup de la part de Matthew. Après tout, il pouvait tout aussi bien entendre, mais ne pas enregistrer les paroles, les mots. Pourtant, il le faisait avec Jack, même si ce qu’il racontait n’était pas toujours intéressant. Il parlait de tout et de rien en même temps, et le suivre n’était pas toujours une chose aisée. Mais l’espagnol avait lui aussi besoin d’être rassuré, de temps à autre, de voir si ses efforts était inutiles ou productifs.

Recevoir quelque chose, sans rien en échange, sinon un peu de son temps libre. Le Freelance ne pensait pas que cela existait, mais Jack lui apportait beaucoup dans la vie. Pas vraiment une sorte de divertissement, mais quelque chose de plus subtil, qu’il n’arrivait pas à définir. Comme une brise rafraîchissante, nouvelle. Il devenait attaché au cuisinier. Un mois déjà qu’il le fréquentait, qu’il le découvrait. Un mois qu’il en apprenait un peu plus sur tout.

Il le sentit se mouvoir à ses côtés, et des lèvres humides s’étaient posées sur son visage. Ne le repoussant pas, il le laissa continuer, répondant avec langueur à ses doux baisers. Une de ses mains allèrent caresser la joue piquante de Jack, avec une douceur qui lui était étrangère, qu’il n’avait découverte que récemment. Entre deux baisers, il lui souffla de ne pas continuer, au risque de l’étouffer.

Ce type d’atmosphère, il s’y était habitué à présent. Mal à l’aise au départ, il se détendait. Il était submergé par les attentions que l’homme lui portait, et ne pouvait rester indifférent devant tant d’acharnement. La mécanique de son cœur s’était remise en marche, tambourinant dans sa poitrine alors que ses doigts allaient caresser la chevelure humide, que ses lèvres cherchaient leurs consoeurs. Restant silencieux, seul le bruit lointain de la ville, et celui plus proche des vagues, se faisait entendre. Les yeux ouverts, il fixait les longs cils de Jack, ses paupières closes, les contours de son visage. Sa respiration, son odeur, son souffle chaud sur ses lèvres…

Déposant des baisers légers sur son visage, sur sa peau si bronzée comparée à la sienne, il se laissa aller aux caresses furtives. Ses mains étaient chaudes, et pourtant elles lui tiraient des frissons. Les mots soufflés dans son cou faisaient des ricochets dans sa tête, et il ne sut quoi répondre. Que pouvait-il dire pendant ce genre d’instants ? Ce n’était pas la première fois qu’on lui murmurait de tels mots, mais c’était la première fois qu’on le lui disait de cette façon, et cela le touchait. Profondément.

- J’imagine… que cela doit être réciproque, quelque part… au fond…

Un ton maladroit, un air embarrassé. De nouveau il était confus par ses sentiments, se demandant s’ils étaient une illusion, ou bien s’ils étaient bien réels. Un soupir lui échappa alors qu’il regrettait déjà ses paroles, se sentant l’homme le plus stupide au monde. Cela n’arrêta pas néanmoins l’espagnol, qui gardait les pieds sur terre malgré ses airs rêveurs, ses petits airs d’arbres en fleurs. Il baissa le regard, évitant de croiser celui de Jack.

- Je ne sais pas s’ils sont aussi forts que les tiens… Mais tu as… une sorte d’influence sur moi, maintenant…

Il laissa faire l’espagnol, réfléchissant en même temps. Il se sentait si incertain par moments. Redressant la tête pour le regarder. Son téton durcissait sous les traitements que lui procurait Jack, et il ne put s’empêcher de frissonner de plaisir alors qu’il pensait au bonheur, à ce que cela représentait. Etait-il concret ? Pouvait-il se transformer en une personne sur qui il reposerait ?

- Ca… Il me faut encore du temps pour le savoir.

Glissant une main derrière sa nuque pour l’attirer à lui, il l’embrassa sur la tempe. Se redressant sur ses coudes, il commença à l’embrasser dans le cou, maintes et maintes fois, mordillant la chair sous ses dents avides alors qu’un grognement s’échappait de sa gorge quand il sentit une main se presser sur son entrejambe, le massant. Quelque part, dans son esprit, il savait que faire cela en public n’était pas une bonne chose, et pas seulement parce que cela était une atteinte à la pudeur, mais pour une raison plus importante, qu’il oublia en capturant les lèvres de Jack dans un long baiser.

Ses mains avaient entrepris d’ouvrir la chemise de Jack, et sa paume glissa sur le torse puissant. Un gémissement étouffé alors que sa main calleuse découvrait de nouveau ce corps qu’il commençait à connaître, que ses doigts frôlaient ses billes de chair.

- Si tu me donnes tout ton temps, ça finira par marcher… Forcément…

Une main enveloppait complètement son membre, et le souffle de Jack se déplaçait plus bas, et il frémit en le sentant sur son érection. La main du Freelance remonta le long de sa nuque, agrippant la chevelure indisciplinée, son dos s’arquant sous les effluves de plaisir. Un gémissement rauque sortit de ses lèvres quand une bouche humide le prit, et il garda les yeux ouverts, fixant avec intensité l’espagnol.

- Jack…
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Mar 27 Mai - 17:47 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

[Sea of Love, Cat power ]

Il avait tellement peur de ne jamais pouvoir cueillir cette fleur de verre dont il prenait exagérément soin. Elle était encore si fragile et lui si maladroit, qu'il aurait pu la briser en la frôlant du regard. Alors il prenait son temps, patiemment, pour qu'elle ne lui appartienne que lorsqu'elle serait enfin éclose, en ces prémices de printemps.

Il n'en désirait que quelques pétales, et préférait attendre, attendre encore, plutôt qu'elle se fassent emporter par la brise. Il avait frémit aux premières paroles de Matthew. Non, n'espère pas trop. Reste à ta place. L'incertitude même dans les mots prononcés le mettaient en garde, mais son esprit s'affaissait à les laisser s'infiltrer dans son cerveau si fiable, si désireux de lui. Jack ne pouvait se permettre d'accélérer les choses, et pourtant ses mains ne demandaient qu'à sentir sa peau si blanche sous ses doigts, ses lèvres ne se passaient déjà plus des siennes. Son coeur chantait si vite. Il soufflait sur sa clavicule.


-Je te donnerais tout mon temps s'il le faut.

Les flammes dévoraient sa poitrine, attisées par ce que disait l'homme, l'incitant à continuer malgré les avertissements qu'il se lançait à lui-même. L'américain ne devait pas se rendre compte à quel point ce qu'il susurrait avait d'importance pour le chef cuisinier, qui pensait qu'il finirait consumé par l'incendie déclaré à l'intérieur de lui. A chaque fois que les lèvres se posaient sur lui, une douce étincelle le faisait frissonner. En réalité, il ne songeait plus à rien d'autre qu'à lui faire l'amour sur le sable brûlant. Des paumes le dévêtirent, passant sur son torse, et il se collait contre le sien, corps contre corps, lui même était descendu retirer le jean de l'homme, laissant une des jambes coincée dans ce tissu pour venir entourer son membre de ses doigts, le caressant lentement, en soufflant au creux de son cou.

-Je l'espère...je l'espère...

Il descendait, laissant son souffle balayer tout à tour le torse musclé, le ventre ferme, laissant des baisers sur les éraflures, ne s'en formalisant pas, une main glissée sur sa nuque le poussait continuer, alors il passa sa langue sur le bas-ventre offert, finissant par faire glisser le sexe tendu entre ses lèvres. Il suçota longuement la peau sensible et rougie, s'appliquant à le faire durcir encore, Jack sentait le regard posé sur lui, ce qui décuplait son ardeur. Il mordillait parfois le membre, adoptant un rythme irrégulier, celui de son propre coeur.

Les gémissements légers qui s'échappaient des lèvres de Matthew le rendaient fou, il se sentait à l'étroit dans son propre vêtement, et finit par écarter doucement les cuisses qui entouraient son visage pour s'arrêter un instant, juste le temps d'humidifier deux de ses doigts en plongeant son regard noirci dans celui de son amant. Il lui laissait comprendre ce qu'il s'apprêtait à faire, et ne tarda pas à insérer ces phalanges en lui, lentement, étirant ces chairs si étroites. L'argenté avait fait un mouvement pour se défaire de lui, mais Jack l'enlaçait complètement, et le cuisinier pouvait désormais le sentir se détendre sous lui. Il était remonté l'embrasser lascivement, sa main libre enserrant à nouveau l'érection pour la masser encore, le faire sombrer dans les délices. Il crut qu'une éternité s'était écoulée, avant qu'il ne vienne souffler contre le bas-ventre, n'y tenant plus.


-Est-ce que je peut... Mateo ?

Un signe de tête et un murmure, auxquels il répondit par une ébauche de sourire. Le brun embrassa une dernière fois les hanches, soulevant une cuisse, tenant l'épaule de son autre main, il finit par entrer en lui, progressivement, jusqu'à la garde. Son souffle court dans le cou de l'homme, il attendit un moment avant de se mouvoir en lui, yeux fermés pour mieux le ressentir. Ses doigts posés sur lui, sa voix rauque qui se faisait entendre, qui sifflait son plaisir, le faisaient sourire, encore, toujours. Il capturait éternellement ses lèvres, cueillant sa respiration, son envie grandissante. Son esprit brouillé, ses sens détraqués, lui ordonnaient de le percuter plus rapidement, plus loin. Et c'est ce qu'il fit, se faisant plus brusque, moins maîtrisé, voyant qu'il en retirait un cri plus fort que les autres. Jack murmurait doucement un nom, caressant la chevelure en rouvrant les paupières. Si beau sous le clair de lune, si pâle.

Son organe cardiaque sursautait en croyant déceler une pierre précieuses entre les geignements de Matthew, entre sa bouche qui cherchait la sienne, leur langues se cherchaient, se rencontraient, se perdaient, se retrouvaient en un ballet ininterrompu. Et les hanches de l'espagnol butaient à présent entre les cuisses du freelance avec plus d'intensité, cherchant à le toucher, malmenant son corps en son point le plus profond. des doigts griffant son dos ne l'aidaient pas à retrouver la raison dont il ne voulait pas. Et l'homme criait clairement à présent, la sueur faisait briller son teint diaphane, le rendant plus attirant encore. Entendant un aveu murmuré, l'espagnol dévorait son visage, laissant aller seulement une phrase.


-Ne te retiens pas...

Et ce n'est qu'en le sentent se resserrer autour de lui qu'il finit par venir, poussant un râle enflammé, il psalmodiait déjà un mot unique à l'oreille de Matthew. Matthew. Matthew... et ses doigts se couvrirent du liquide chaud et épais alors qu'il reprenait son souffle contre lui, s'arrêtant complètement. Il ne se retira qu'au bout de quelques minutes à la demande de l'américain, s'étendant à ses côtés, haletant, et reprenant doucement ses esprits, encore incapable de dire si ce qui venait de se dérouler était réel ou pas.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Ven 30 Mai - 17:59 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

[Many rivers to cross - Jimmy Cliff]


Il ne se reconnaissait plus à vrai dire. Etait-il réellement Matthew Coleman ? Non, cet être n’existait pas non plus, il n’avait jamais existé, et finirait par disparaître, tout comme la personne qui s’appelait Alex, Harry, Jay, Lewis, Maxwell, Jonathan. Il avait endossé la personnalité de tous. Mais maintenant, qui était-il ? Il se sentait différent depuis que Jack était entré dans sa vie. L’espagnol faisait ressortir l’être humain qui était en lui, cet homme qui avait cessé de vivre dès son plus jeune âge, cet enfant qui avait arrêté de grandir l’instant où il avait compris qu’il ne trouverait jamais le bonheur d’avoir une famille unie et heureuse. Le temps perdu pouvait-il seulement être rattrapé ?

Ses doigts agrippaient la chevelure brune, son souffle se faisait plus rapide. L’excitation montée en lui, plus rapidement encore alors qu’il laissait le chef cuisinier prendre les devants, profitant allégrement du plaisir qu’il lui procurait. Cette langue humide sur son sexe, qui s’enroulait, le taquinait… Ses caresses, sa bouche le rendaient fou. Il ne savait plus où se mettre, où donner de la tête, et s’enivra des sensations procurées. Il émit de nouveaux sons, les lèvres entrouvertes alors qu’il continuait à le regarder, ne voulant pas détourner les yeux, ni les fermer.

Un grognement de frustration. Jack avait stoppé tout mouvement, mais un regard fit comprendre au Freelance la suite des évènements, et il se sentait incertain de nouveau. Son esprit ne fut pas assez rapide alors qu’il sentait deux doigts s’introduire en lui. Il voulut se dégager l’espace d’un instant, se retirer, ne pas le laisser faire, mais se calme et se détendit. Inspirant profondément, il ferma les yeux, laissant son corps s’habituer à cette présence étrangère en lui. Ce n’était pas la première fois, mais c’était la première fois qu’il laissait quelqu’un le prendre alors qu’il avait le choix.

Répondant avec langueur à son baiser, l’adrénaline recommençant à parcourir ses veines alors qu’une main était revenue caresser son membre durci, il gémit de nouveau, les sourcils froncés alors que les doigts s’étaient rétractés, le laissant libre de ses mouvements. Les yeux noircis par le plaisir, il fixa l’espagnol, hochant doucement la tête, inspirant à plusieurs reprises pour se calmer.

- Je t’avais dit… que tu pourrais le faire, la dernière fois…

Cela n’avait été qu’une parole en l’air à ce moment. Malgré tout, il voulait sentir Jack en lui, le sentir se mouvoir en lui, l’entendre appeler son nom. Ses bras l’enlacèrent au niveau de la nuque, l’attirant à lui alors qu’il sentait l’érection du brun se presser contre son entrée, s’y glissant avec lenteur alors qu’il relevait la jambe comme il le fallait pour faciliter la pénétration. Il fit son possible pour ne pas bouger, et resta en place jusqu’à ce qu’il sente que l’homme était entré complètement en lui. Une nouvelle inspiration. Matthew se répéta que ce soir, ce n’était pas la même chose, que ce soir, c’était ce qu’il voulait contrairement à ce qui s’était passé dans le passé, et non avec Jack. Un bras enserrant la nuque, son autre main glissa jusqu’à la hanche de du cuisinier, caressant le bas de son dos. Ses gémissements se faisaient plus rauques, plus passionnés

Il sentait Jack perdre peu à peu le contrôle de ses mouvements, sa brusquerie dans ses gestes qui lui arrachaient de nouveaux cris alors que son point sensible était constamment touché. Entre deux battements de cœur, deux baisers fougueux, il murmura son nom, le corps en sueur, les muscles tendus. Ses ongles s’enfoncèrent dans sa peau, griffant le dos. Ses cris étaient plus forts et violents, et un seul mot en ressortait toujours. Jack, Jack. Il l’embrassait comme jamais auparavant, ses yeux voilés par un désir ardent, plus brûlant encore que le feu. Haletant, il se contrôlé pour prononcer quelques mots, son corps ne pouvant résister plus longtemps.

- Je… vais finir par… venir !

Il sentit des coups plus brusques encore, et tout son corps frémit en entendant l’espagnol prononcer son nom sans l’écorcher. Les yeux fermés pour ressentir le plaisir, il bougeait les hanches en rythme, souhaitant le sentir plus ancré en lui encore, toujours plus profondément. Le Freelance finit par sentir un liquide chaud se déverser en lui, et ne tarda pas à jouir également dans la main de Jack, poussant un long râle de plaisir. Son esprit toujours embrumé, il posa sa main sur un bras bronzé, remontant jusqu’à sa nuque, caressant cette peau brûlante contre la sienne, voulant la sentir. Son souffle chaud se perdit dans le cou de l’espagnol alors qu’il embrassait cette même peau, le cœur battant, la respiration saccadée.

Les secondes passèrent alors que tous deux se remettaient lentement de leur activité nocturne. Il fut le premier à briser le silence, lui demandant de se retirer. Un léger soupir, et ce ne fut que quand l’espagnol se rallongea à ses côtés qu’il vint se coller contre lui, enfouissant son visage dans ce torse puissant mais marqué. Il voulait l’entendre, encore et toujours, en avait besoin pour savoir que tout cela était réel.

- Dis-le… encore.

Sa voix était légèrement enrouillée à cause de ses précédents cris, et il embrassa la jugulaire plusieurs fois, pouvant sentir le pouls de l’espagnol à chaque fois que ses lèvres restaient pendant quelques secondes. Les mots prononcés le firent frémir, mais il ne pouvait se résoudre à réponds à ces sentiments. Pas encore.

- Jack…

Une main pâle alla chercher la sienne, la serrant doucement alors qu’il profite de ce moment, de cette chaleur contre son corps froid et meurtri.


Dernière édition par Matthew Coleman le Mar 3 Juin - 20:25 (2008); édité 1 fois
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Mar 3 Juin - 16:14 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

Fade together - Franz Ferdinand

Étendu sur le sable, il pouvait sentir le corps encore brûlant de son amant se presser contre lui, l'entourer de ses bras. Reprenant sa respiration, fermant les yeux, le sourire omniprésent de Jack s'était agrandi, tandis qu'il enserrait le torse. Ses doigts passaient et repassaient en caresses aériennes sur le dos griffé de cicatrices, mémorisant chacune d'elles. Un murmure brisa une nouvelle fois le silence, pourtant l'espagnol n'avait pas ouvert la bouche depuis plusieurs minutes, savourant ce moment tranquille, bercé par les vagues. Mais la demande chuchotée l'amusait et il répondit quand sa bouche se fut glissée contre la tempe de Matthew, y susurrant doucement, sans même prendre le temps d'y réfléchir, quelques mots seulement destinés à cette personne.

Comment en était-il venu à éprouver de tels sentiments à cette allure ? Jack avait le coeur faible, et il était de nature à s'attacher facilement. De nombreuses conquêtes amoureuses avaient parsemé son chemin, à chaque fois elles se finissaient par une rupture plus ou moins violente. Cependant, il était toujours sincère, et même si cela ne se commande pas, il avait pu comprendre et expliquer au principal intéressé comment il en était venu à s'attacher à lui. Il le lui avait dit il y à plusieurs jours déjà.

En amour, je n'ai jamais eu de chance. J'en suis arrivé à un point où j'ai été mis face aux évènements: il était indéniable que je semais le malheur chez des gens auparavant heureux. Alors je me suis demandé si je pouvais, à l'inverse, apporter quelque chose à une personne qui n'aurait jamais rien eu. Et je me suis souvenu de toi, et de tes airs détachés.

Par la suite, il avait été facile d'effectuer quelques recherches au sujet de ce Jonathan, qui s'avérait être un Matthew des années plus tard.
La pression d'une main autour de la sienne ramena le cuisinier à la réalité, et il caressa de son pouce les longs doigts du Freelance. Il aurait pu rester ainsi toute la nuit, et des jours entiers, mais un vent frais soufflait sur leur corps nus et brillants de sueur. Jack captura une dernière fois les lèvres de l'américain, soufflant dessus.



- Si on reste ainsi, on va prendre froid, mi amorr. Te propongo pasar la noche en mi piso, sera mas tranquillo, no ?


Sa main partit frôler la mâchoire de l'homme, qui redressa le torse, se rhabillant, et le brun se décida à faire de même. Il lécha rapidement sa main encore tâchée et renfila son jean et sa chemise, se relevant juste pour aller chercher la veste qu'il s'appropriait depuis quelque temps déjà, et qui traînait un peu plus loin. Aidant le jeune chef à se redresser, il en profita seulement pour lui glisser quelques mots à l'oreille.

- Tu maîtrises parfaitement la troisième manière de communiquer, tesoro mio.

Sans écouter les protestations vaines, il l'avait déjà soulevé, le portant jusqu'à l'autre bout de la playa où se trouvaient encore leur chaussures. Après avoir mis les siennes, Jack tendit l'autre paire à l'argenté, filant aussitôt sur un taxi qui venait de les dépasser sur la route longeant la baie. Il indiqua l'adresse du Kinoto au chauffeur, et le reste la promenade se termina dans un silence relatif, ponctué par des mélodies flamenco sifflées entre des lèvres.

Il étaient chez lui, de nouveau. Leurs vêtements parsemés de sable décoraient le sol de la salle d'eau, que la vapeur d'eau réchauffait. Le cuisinier passait la tête sous le jet d'eau chaude de la cabine de douche, et des jurons s'élevaient, ajoutés au ruissellement de l'eau sur leurs corps. Les yeux de Jack lui piquaient, irrités par le shampoing sans doute, et il ne se gênait pas pour le faire savoir en sortant de là à la suite de Matthew. Il attrapa un peignoir blanc et doux qu'il enfila avant de chercher à tâtons une serviette, qu'il trouva miraculeusement, et dont il se servit pour s'essuyer le visage et les cheveux, enfilant par la suite le boxer posé près du lavabo; il en envoya un autre à l'homme derrière lui, pour ensuite se consacrer au miroir, s'en rapprochant pour vérifier sa barbe naissante avec circonspection. C'était sans compter sur le regard insistant de l'argenté qui fixait, visiblement, le gobelet transparent ou reposait sa brosse à dents rouge. Le latino lui renvoyait son regard dans leur reflet, demandant.


- Tu as besoin de quelque chose, mi gatito ?

La réponse le fit sourire encore. Il s'attendait à tout sauf à ça, et c'est avec un enthousiasme certain qu'il fouillait les tiroirs immaculés du meuble sous le lavabo, se redressant seulement en se passant une main dans les cheveux, les ramenant en arrière, pour lui tendre sa trouvaille: une jolie brosse à dents bleu vif.

- Elle est pour toi ! J'arrive pas à creer que el primero regalo que je te fait aie si peu de valeur !

Et c'est après s'être longuement étiré qu'il entreprit lui aussi de se laver les dents, passant le dentifrice à Matt'. La soirée avait été longue, ses muscles commençaient à se faire entendre, et un peu de repos ne leur ferait pas de mal. A y repenser, c'était le genre de soirée à-laquelle il n'avait pas goûté depuis bien longtemps.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Mar 1 Juil - 18:50 (2008)    Sujet du message: Le digestif Répondre en citant

[Let there be love - Oasis]


Les doigts de Jack étaient chauds, tout son corps l’était. Son souffle… Son regard brûlant, qui transperçait sa peau, lui faisant ressentir des émotions jusqu’à ce jour encore enfouies en lui. Les mots qu’ils prononçaient le réconfortaient, et il enfouit plus encore son visage dans son cou. Etrangement, il avait envie de rester dans ses bras. Lui qui, au tout début, le repoussait de toutes ses forces, le traiter de tous les noms, le menacer… C’était un renversement total de situation, aussi inattendu qu’inespéré. Les yeux fermés, bercé par sa chaleur et le bruit des vagues, il ne savait comment réagir face à tout cela. Peut-être l’aimait-il, ou peut-être cela n’était-il que passager.

Et de nouveau, comme toujours, son esprit divaguait, tanguait dangereusement, au bord d’un précipice, au bord de l’inconnu. S’il se laissait aller, que se passerait-il ? Le pouvait-il seulement ? Resserrant son étreinte, son cœur était apaisé. Il hocha finalement la tête aux paroles de l’espagnol, l’enlaçant encore pendant quelques instants trop courts, pour se redresser et se rhabiller. Assis sur le sable chaud, il regarda la mer, avant de sentir la présence de Jack à ses côtés de nouveau. Il se releva, grimaçant légèrement de douleur, et détourna le regard, un semblant de gêne au fond des yeux.

- Je ne sais… pas vraiment… ce que je voulais communiquer.

Rien n’était clair dans son esprit, pas quand cela concernait Jack. Il l’avait laissé le prendre, chose qu’il n’avait jamais fait pour quiconque, et passait du temps avec lui, de plus en plus… Il s’attachait, jour après jour.

Il se sentit alors soulevé, et s’exclama, s’agitant. A croire que le brun le prenait pour un handicapé, ou alors qu’il pensait l’avoir trop amoché pendant leurs ébats. Il n’était pas si fragile, au contraire. D’un air défaitiste, il se laissa pourtant être porté, lui lançant tout de même un regard menaçant. L’otousan ne voulait pas se faire porter comme une princesse ou mariée jusqu’à la maison, ça surtout pas. Finalement, il fut reposé, et put enfiler ses chaussures, regardant l’espagnol se précipiter sur un taxi tel une boule en feu. Inépuisable…

Tout était calme à présent. Le jet d’eau chaude trempait leurs peaux fatiguées, une odeur agréable était dans l’air, celle des shampooings. Jack s’était mis de la mousse dans les yeux, tel un enfant, et lui le regardait en silence, le trouvant stupide. Il se demanda un instant si tout ce qu’il vivait était réel, si tout n’était pas un rêve. Après tout, ils ressemblaient à un petit couple de jeunes mariés, ou quelque chose du genre.

A présent sec et habillé d’un boxer emprunté, son regard s’était posé sur le lavabo, s’y arrêtant un instant, comme s’il observait quelque chose. Glissant une main dans sa chevelure blanche pour la discipliner, il jeta un coup d’œil à l’homme, ne pouvant s’empêcher de se sentir stupide à ses côtés.

- Tu n’aurais pas… une autre brosse à dents ?

Cela tombait comme un cheveu au milieu d’une soupe selon lui, mais Jack avait l’air ravi, et lui en trouva rapidement une bleue, qu’il lui tendit avec ce sourire éternel sur les lèvres. Le remerciant d’un regard, il commença alors à se brosser les dents, se demandant vaguement s’il devrait ramener parfois des affaires chez Jack, étant donné qu’il dormait chez lui assez souvent. Quelque part, cette idée le dérangeait. Cela ne voulait-il donc pas dire qu’ils étaient réellement un couple ? Et le pire dans tout cela était qu’il se contentait juste du chef cuisinier, et n’allait pas voir ailleurs.

- Ce n’est pas vraiment un cadeau… Tu me la prêtes, c’est tout…

Fixant leurs reflets dans le miroir, la situation lui parut de plus en plus étrange, et il termina sa toilette rapidement, sortant de la salle d’eau. Arrivé devant le salon, il s’arrêta alors devant les deux portes. L’une menait à la chambre de son hôte, et l’autre à celle d’ami. Avant même d’avoir pris une décision, la voix de Jack s’éleva dans les airs, lui demandant s’il ne savait plus où aller, et il se pinça l’arête du nez. Il aurait dû choisir avant que ce dernier n’arrive.

Une main était tendue devant lui. Une minute s’écoula, et Matthew finit par la prendre, s’avançant dans la chambre, et se glissant sous les draps, auprès de l’espagnol. Ses bras allèrent enlacer sa taille, et son visage se nicha dans le cou appétissant, soufflant avec régularité dessus.

Les muscles fatigués, il n’écoutait plus ce que disait le brun, laissant son esprit se reposer, se fermer pour un sommeil bien mérité. Il pouvait sentir la même main que tout à l’heure se glisser dans sa chevelure, et son bras se resserra un peu plus autour de Jack, ne voulant plus le lâcher, et il resta ainsi à ses côtés toute la nuit, immobile.

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