Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas Index du Forum
Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas
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Le dessert ♥

 
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Mar 13 Mai - 22:28 (2008)    Sujet du message: Le dessert ♥ Répondre en citant

Dans l'appartement tamisé des lueurs de l'aurore, les grésillements des oeufs brouillés cuisant dans la grande poêle accompagnaient les tic-tac des aiguilles de l'horloge murale, qui marquaient à peine sept heures du matin. Aucune mélodie ne venait cette fois-ci troubler la préparation du petit déjeuner, et la cause était en ce moment même encore assoupie entre les draps blancs de la chambre d'ami. Jack souriait en retournant les tranches de bacon une à une, en repensant à la veille.

Il était tombé sur Matthew complètement par hasard à vrai dire, au détour d'une rue, et l'espagnol avait tant insisté pour le suivre ou pour qu'ils restent ensemble que le pauvre homme, refusant catégoriquement de le faire venir chez lui, avait fini par céder. Le cuisinier n'aurait lâché la portière du taxi que par la force de toute évidence. Alors le brun s'était installé à ses côtés sur la banquette arrière, promettant de se taire durant tout le trajet en échange de la "faveur" que lui faisait le jeune chef. Certes, on ne l'avait entendu ni parler, ni même rire ou chanter distraitement tandis que le véhicule les menait au Kinoto. Il s'était contenté de fixer l'américain d'un air joyeux, et ses doigts s'étaient discrètement glissés sur la main du freelance pour la caresser subtilement jusqu'à ce qu'ils arrivent chez lui.

Jack s'était alors remis à parler de tout et de rien tout en cuisinant leur dîner, ne prenant pas la peine de poser des questions qui, de toute façon, n'auraient pas de réponse. Mais parler de lui ne le dérangeait pas, il le fallait pour que Matt', qui ne s'intéresserait jamais à lui, apprenne quand même à le connaître. Son invité, qui n'avait pas sortit un mot depuis le début du repas, s'était alors éclipsé dans la chambre d'ami, visiblement fatigué. Il n'en avait pas fallu beaucoup plus pour que le chef cuistot, après être passé dans sa chambre pour se dévêtir, ne se soit immiscé dans les quartiers du balafré, pénétrant le lit déjà occupé pour se coller contre le dos du corps allongé sur le côté, enlaçant le torse des deux bras; il avait reposé son visage dans le creux du cou de l'homme pour susurrer, contre les remontrances, qu'il veillerait sur lui cette nuit.

Su cariño avait fini par fermer les yeux malgré sa présence, certainement éreinté après autant de temps passé à écouter les palabres de l'espagnol, sans doute aussi bercé par la chaleur que le corps du basané lui procurait durant ce sommeil vide. Tant et si bien que, le lendemain matin, quand Jack s'était éveillé automatiquement pour embrasser Mateo sur la tempe et se détacher de lui pour filer préparer un royal petit déjeuner, un grognement d'ours s'était fait entendre. Le cuisinier, qui finissait à présent de dresser la table ornée de milles saveurs, souriait de plus belle en repensant à cette expression.

Il s'essuya les mains sur son tablier rayé rose pâle, admirant ses oeuvres d'un oeil satisfait. Tout était parfait. La cafetière fumante, la bouteille de jus d'orange, les toasts délicieusement grillés, les oeufs brouillés et le bacon cuit à point décoraient la nappe blanche de leurs couleurs. Les odeurs se mêlaient a celles déjà présentes des herbes et des épices, des fruits et de la nature. Il était maintenant temps de lever son amour, il devait avoir beaucoup de travail ces temps-ci, et Jack ne doutait pas une seconde qu'il aurait même dû le réveiller plus tôt. Mais c'était déjà étrange de constater que le principal concerné n'aie pas ouvert les paupières tout seul, comme un grand, comme il devait en avoir l'habitude tous les matins et ce depuis bien longtemps.

L'hispanique, en notant le sept heures vingt et une qu'indiquait l'horloge, finit donc par se diriger là où dormait tranquillement son invité. Un air attendri traversa le visage du cuisinier alors qu'il se rapprochait du matelas, terminant son chemin en s'asseyant près du visage fermé. Une main partit se glisser entre les mèches blanches, les ramenant en arrière, à plusieurs reprises. Il se pencha en avant et ses lèvres souriantes déposèrent des baisers dans le cou de l'homme, remontant pour l'embrasser doucement alors qu'il le sentait s'éveiller. Sa bouche s'échoua près de l'oreille où elle glissa tout bas.


-Mi amor, es la hora de comer.

Grand sourire.
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MessagePosté le: Mar 13 Mai - 22:28 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Mer 14 Mai - 17:21 (2008)    Sujet du message: Le dessert ♥ Répondre en citant

Le destin faisait bien les choses, ou plutôt mal du point de vue de Matthew. Assoupi dans des draps blancs comme neige, il était chez Jack de nouveau, et cette fois-ci de son plein gré, ou presque. Après tout, l’espagnol avait continué à l’harceler malgré ses avertissements, et finalement, ils se rencontrèrent par hasard dans la rue. Evidemment, le Freelance avait tout fait pour le semer, jusqu’à siffler un taxi qui s’arrêta devant lui. Mais alors qu’il avait essayé de refermer la portière, cette dernière fut bloquée par le chef cuisinier, qui insistait pour venir avec lui. Il n’eut donc pas d’autre choix que de le laisser monter, surtout que le chauffeur s’impatientait. Le traitant de tous les noms, comme à son habitude, sa colère se calma ostensiblement durant le trajet qui fut silencieux. Il ne fit aucun commentaire quant aux doigts qui frôlèrent les siens.
 
Ce fut une réelle panique le lendemain de leur nuit dans la caverne. S’étant levé aux aurores, Matthew avait attendu avec une patience contenue que les eaux descendent, pour pouvoir sortir et retourner à la société civilisée. Il n’avait pas attendu l’espagnol, et s’était donc éclipsé comme un voleur, le laissant seul, simplement recouvert par sa veste pour éviter qu’il ne crève de froid. En tout cas, le clan fut rassuré de voir leur chef revenir sain et sauf. Ils n’avaient vraiment pas besoin d’une seconde disparition au sein de leurs rangs, surtout avec la progression des Yakuzas qui recommençaient à gagner du terrain.
 
Quand il eut fini de se rappeler de cet évènement, ils étaient déjà arrivés chez le cuisinier. Matthew ne souhaitait pas que l’homme pénètre dans ses propres quartiers, et avait donc opté pour la solution la plus simple : aller chez lui. Autant dire que la nuit ne fut pas réellement mouvementée. Il était fatigué, et après le repas, s’était éclipsé pour se coucher dans la chambre d’ami. L’argenté n’avait que très peu parlé, et c’était mieux ainsi. Le corps pressé contre le sien durant la nuit donna l’illusion d’un réconfort, d’un répit dans sa vie. Le sommeil l’avait gagné rapidement.
 
Un sommeil assez profond pour qu’il ne se réveille pas le lendemain, en sentant la présence de Jack le quitter. Lui qui avait le sommeil léger, ce devait bien être la première fois qu’il ne se réveillait pas de bonne heure. Un grognement inconscient était sortit de ses lèvres, et il bougea légèrement dans le lit, prenant une position jugée plus confortable par son corps.
 
Les minutes passèrent, et un soupir lui échappa quand une main vint caresser sa chevelure blanche. Il pouvait sentir des lèvres humides dans son cou, et fronça les sourcils, émergeant avec douceur de son sommeil. Ces mêmes lèvres capturèrent sa bouche, et son esprit embrumé lui somma alors d’ouvrir les yeux. Il entendit la voix grave de Jack lui murmurer des mots à l’oreille, mais n’enregistra pas immédiatement. Se passant une main sur le visage, décollant ses paupières restées si longtemps fermées, il se redressa doucement dans le lit, se rappelant où il était, ou plutôt chez qui.
 
Ne jetant pas un regard à l’espagnol, il regarda plutôt le réveil qui affichait les 7h24. Il était déjà tard, mais se souvint qu’il n’avait rien de prévu en ce début de matinée, excepté de la paperasse, qui pouvait bien attendre un petit moment. Ses yeux se posèrent finalement sur l’espagnol, mais il ne dit rien, se levant simplement.
 
- … Ok.
 
Il se sentait différent de d’habitude, et ne savait pas ce qu’il avait. Peut-être était-il malade ? Un passage rapide sur son front lui indiqua qu’il était en pleine forme, et que la raison de son trouble devait se trouver enraciné plus profondément. Son instinct lui dit que cela était probablement de la faute de Jack, et le fait d’avoir dormi ici devait avoir contaminé son esprit. L’odeur du petit-déjeuner l’attira jusqu’à la cuisine. Il était juste vêtu d’un boxer noir, tenue dans laquelle il s’était endormi la nuit précédente. Matthew finit par s’asseoir, et regarda tous les plats que lui avait préparé son amant. Il y en avait assez pour tout un régiment, et il n’arriverait jamais à finir tout cela, même si Jack avait peut-être un énorme appétit.
 
- …
 
Laissant ces pensées de côté, ses sourcils se froncèrent alors qu’il réfléchissait. Il entama son petit-déjeuner, prenant une tranche de toast et des œufs brouillés, ainsi que du bacon. Il ne comprenait pas tout ce qui se passait, dans cet endroit, et cela le perturbait grandement. Les attentions dont faisaient preuve l’espagnol envers lui, ses déclarations incessantes, sa joie… Cela avait don d’énerver Matthew parfois, mais ces temps-ci, il prenait la chose plus calmement. Il l’écouta chantonner tout bas, nullement étonné de ne pas le voir manger, et but de longues gorgées de jus d’orange, se resservant une dernière fois. L’espagnol commença alors à parler, de tout et de rien, et lui demanda ce qu’il allait faire aujourd’hui. Une pause, puis une réponse.
 
- Attendre, et réfléchir… travailler aussi.
 
Se levant de table après s’être essuyé la bouche, il alla se chercher un café bien noir, avant de se réinstaller en face de Jack pour le boire à petites gorgées. Le goût amer eut raison de ses sens qui s’éveillèrent vraiment cette fois-ci, et il fixa le chef cuisinier pendant un moment, sans répondre. Il pensait.
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Mer 14 Mai - 19:21 (2008)    Sujet du message: Le dessert ♥ Répondre en citant


Laissant l'américain s'éveiller doucement, il se contentait d'observer chacun de ses muscles s'étirer, le masque paisible du sommeil s'effaçait pour un air dubitatif. Fixer ainsi le réveil n'y changerait rien Matthew, c'est inhabituel, mais tu as oublié de te lever plus tôt. L'espagnol s'était redressé, satisfait, et avait suivi son invité dans le séjour, se remémorant l'épisode de la caverne entre-temps.

Jack s'était éveillé au petit matin recouvert d'une veste, le visage près des braises froides, les bras refermés sur le vide. Le son des vagues se brisant sur la terre ferme lui parvenait clairement, ajouté au bruissement de pas qui s'éloignaient. L'argenté partait, mais il ne fit rien ce matin là pour le retenir, après tout l'homme avait des responsabilités et des engagements. Le cuisinier en avait beaucoup moins, et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il avait choisi cette voie flottant entre la vie civile et la mafia, pour ne jamais se mouiller jusqu'à s'en noyer. C'était ce qui lui avait permis de vivre et de survivre jusqu'ici, et il ne pourrait s'en dépêtrer à présent malgré ses envies de retourner à l'innocence et l'insouciance communes.

Le brun secoua doucement le visage pour chasser ces pensées, éparpillant les mèches de jais autour de ses joues, et il retira son tablier pour le laisser sur le dossier d'une chaise vacante,s'asseyant face au jeune chef. Il avait retroussé, comme souvent, les manches de sa chemise prune, portée sur un jean clair. Jamais très original. Mais chez lui il portait des vêtements simples et confortables. Paume posée dans son menton piqueté de barbe, il ne pouvait détacher son regard bienveillant de cette personne.


- Buen provecho Mateo. C'est tout pour toi, mi querido !

Ses propres doigts avaient attrapé la tasse de café brûlant posée devant lui pour la porter a la bouche, savourant son arôme délicat tandis que Matt' mangeait tranquillement, sans un mot. L'espagnol se mit bien vite à parler sans tenir compte de l'état visiblement songeur de celui qui était sensé l'écouter, et rien qu'à son long discours on pouvait se dire: "Lui, il est du matin." Il lui suffisait en effet de mettre un pied à terre pour être en pleine forme. Le brun ne s'attendait pas vraiment à entendre la voix de son interlocuteur en cette matinée, cependant une réponse lui fut accordée après qu'il eut exposé en long, en large et en-travers que ce soir, s'éminents avocats venaient dîner au restaurant. Jack avait reposé sa tasse, vide, ses sourcils s'étaient légèrement arqués.

-Tiens donc ! Et tu peut me dire à ce que tu va attendre et à quoi tu va réfléchir ?

Évidemment, c'était une question lancée en l'air, et aucun mot ne lui vint en retour. Ce n'était pas bien grave. Le cuisinier avait attrapé une mandarine la pelant en chantant un air de son pays, mais décidément, le regard posé sur lui avait de quoi déconcentrer et il lui fallut plusieurs minutes pour enfin entamer son fruit, riant tout bas de lui-même avant de souffler.

-Que pasa cari' ? Il y a un problème ?

Encore une fois il ne le saurait pas, son interlocuteur s'étant levé pour passer à la salle de bain, le laissant méditer. Il ne se découragerait pas comme ça bien entendu ! Jack profita simplement de l'absence de son invité pour débarrasser la table et faire la vaisselle. Alors qu'il passait un dernier coup de chiffon sur le comptoir, il vit l'argenté disparaître dans sa propre chambre. Son sourire réapparut et il haussa la voix tout en rangeant les couverts.

-Les chemises sont dans le placard, les pantalons dans la commode, tiroir du bas, les cravates, premier tiroir a côté des sous-vêtements, mi tesoroo ~ !

Monsieur désirerait certainement s'habiller après sa douche, et vu leur corpulences semblables, cela ne posait aucun problème. Matt' lui revint donc, tout beau, tout propre, et l'espagnol ne pu s'empêcher de s'extasier.

-Hombre, que precioso estáaas !

Il délaissa la serviette pour contourner le plan de travail et s'approcher, se penchant sur lui, déposant un baiser sur le coin des lèvres; s'attardant quelques secondes contre le visage, il finit par ajouter.

-Tu sens bon.

A vrai dire c'était parce que son gel douche était parfumé aux herbes de provence et qu'il l'adorait, comme toutes les senteurs naturelles. Il se recula légèrement, fixant les yeux sans fond de l'homme, poursuivant en caressant sa joue piquante.

-Tu a fini d'attendre et de réfléchir, amor ? Moi j'attends que tu en ai marre pour aller travailler, sans que j'aie besoin de te chasser d'ici bien sûr. Passer du temps contigo, c'est le plus important, Mateo mio.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Ven 16 Mai - 17:55 (2008)    Sujet du message: Le dessert ♥ Répondre en citant

Matthew ne répondit pas à la question. Il ne répondait que très rarement aux interrogations de l’espagnol, préférant le laisser dans l’ignorance, dans le silence. Le liquide chaud était brûlant, et il pouvait le sentir couler le long de sa gorge, le réchauffant. Il avait l’air de faire beau dehors, ce qui le mit de meilleure humeur. Etre trempé par la pluie n’était pas un de ses passe-temps favoris, et la pluie le rendait morose à vrai dire. Elle ne faisait que lui rappeler de mauvais souvenirs.

Son regard se posa de nouveau sur Jack, et il le fixa, sans rien dire, sans aucune pudeur. Il le regardait sans vraiment le voir, et reposa sa tasse, attrapant également un fruit, optant pour une pomme dans laquelle il mordit à pleines dents. S’il ne cessait de l’observer ainsi, c’était parce que ses pensées étaient évidemment tournées sur le chef cuisinier, et le voir se battre avec son orange, visiblement mal à l’aise sous le regard, lui tira un léger sourire moqueur. Alors qu’il finissait son fruit et s’essuyait les doigts sur une serviette, il se leva de table, sans mot dire, sans remerciement, et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche rapide.

Sous le jet d’eau chaude, il continua à penser. C’était bien la première fois depuis des années qu’il ne se réveillait pas à l’aube, et cela le déconcertait au plus haut point. Jack, Jack, Jack… Fermant les yeux, Matthew laissa l’eau rincer la mousse, la sentant glisser le long de son corps. Il ne comprenait tout simplement pas. Pourquoi l’espagnol s’entêtait-il ainsi ? Qu’y avait-il à aimer chez le jeune chef ? Physiquement, il n’était pas si attirant que ça, et psychologiquement, cela était encore pire.

Depuis leur rencontre, il se sentait étrange. Au départ, tout ce qu’il ressentait en voyant ce sourire était du ressentiment, de la colère… Mais cela changeait, peu à peu, et il ne savait pas comment. Il était frustré de ne pas pouvoir contrôler cette situation. C’était comme si l’espagnol avait planté une graine en lui, que seul lui pouvait faire pousser et grandir.

Posant une main sur sa poitrine, à l’endroit où son supposé cœur devait être, le Freelance pouvait le sentir battre. Il était humain également, même si parfois, la machine qu’il était prenait le dessus. C’était bien la première fois qu’il faisait une telle constatation, et lâchant un soupir, éteignit l’eau pour sortir de la cabine de douche. Une serviette se trouvait à portée de main, et il l’attrapa pour se sécher vigoureusement. Son cerveau semblait marcher plus lentement que d’habitude. Peut-être était-ce parce qu’il s’était réveillé plus tard que d’habitude…

Nouant la serviette autour de sa taille, il commença alors à se sécher les cheveux, avant de s’arrêter pour se regarder dans la glace. Laissant choir la deuxième serviette autour de son cou, ses doigts allèrent frôler sa joue, la barbe naissante les piquant légèrement. Il resta ainsi un moment, avant de froncer les sourcils et de se passer une main sur le visage, essuyant ses yeux fatigués et délavés. Recoiffant alors ses cheveux en arrière, il sortit de la salle de bain, et alla dans la chambre de Jack pour s’habiller. La voix de ce dernier lui parvint, le guidant pour savoir où se trouvait tel ou tel vêtement, et il commença alors à s’habiller, enfilant un jean noir, une simple chemise blanche, ainsi qu’une cravate rouge.

Il pouvait sentir une odeur inhabituelle provenir de sa peau. Quelque chose comme… des herbes de province. Revenant dans le salon, ce fut un Jack souriant qui l’accueillit à bras ouverts. Ne se formalisant pas quand au baiser déposé près de ses lèvres, il ne voyait pas beaucoup de différence dans sa tenue, du moins pas assez pour recevoir un tel compliment. Ne répondant de nouveau pas à la question posée, il alla simplement s’asseoir dans un fauteuil, croisant ses jambes alors que son regard se perdait au loin, observant cette ville macabre se réveiller doucement.

- Je ne sais pas ce qui est le plus important… Je ne comprends pas moi-même pourquoi quelqu’un, quelque part, a décidé de m’offrir la vie.

Que s’était-il donc passé dans la tête de la femme qui avait accouché de lui ? Espérait-elle qu’il trouve une vie meilleure que la sienne peut-être ? Non, il ne la connaissait même pas, ne la connaîtrait jamais, et quel genre de mère abandonnait son enfant ? Fermant les yeux l’espace d’un instant, il repensa à tout les évènements qu’il avait vécu, à sa vie, vaine et futile, à sa présence sur terre. Le chef ne s’était jamais posé de telles questions.

- Je n’ai même pas de but dans la vie.

Tout le monde en avait un. Celui d’être heureux notamment, de vivre une bonne vie comme on disait. Fonder une famille parfois, être riche et réussir sa carrière professionnelle… Des choses diverses et variées, allant des plus petites, aux plus grandes. Mais lui ? Il ne comprenait pas, tout comme il ne comprenait pas l’homme en face de lui, qui s’était à présent rapproché, assis à genoux devant lui. Tout était si simple avant qu’il ne débarque dans sa vie… Mais la colère qu’il ressentait envers lui s’était dissipée.
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Mar 20 Mai - 13:44 (2008)    Sujet du message: Le dessert ♥ Répondre en citant

Les raisons qui l'avaient poussé à s'accrocher à cet homme, Jack préférait les garder précieusement pour lui, jusqu'à ce que le moment vienne de se confier un peu plus. Chaque jour qui passait il grattait la carapace de son aimé, il finirait bien par la percer, rien qu'un petit peu, et attendre n'était pas un problème. Il ne se presserait pas sous peine de tout perdre, il l'avait appris en grandissant. Deux chemins s'offraient à l'espagnol à présent. Soit ses sentiments lui seraient rendus, et même s'il ce qu'il recevrait alors n'était qu'une dose infime de ce qu'il espérait, il le conserverait comme un trésor, ou bien il paierait de sa vie son acharnement. Les deux possibilités lui convenaient, le brun n'en désirait aucune autre.Matthew était revenu dans la salle principale, baignée de la chaude lumière matinale, il n'avait pas l'air de vouloir partir tout de suite, ce qui enchanta le cuisinier. Ce dernier avait disparu derrière le bar pour sécher les quelques couverts restant, voulant profiter au maximum de la présence de cette personne. Sa voix, qui fredonnait pensivement une mélodie quelconque, s'éteignit en entendant celle de l'américain qui, pour une fois, poursuivait la conversation. Jack releva le menton, contournant le coin cuisine en quelques pas, pour fixer la silhouette installée sur le fauteuil de cuir pourpre un instant, réfléchissant.


- Ce qui est le plus important, c'est différent pour chaque personne, et en plus ça peut changer plusieurs fois en une vie, como yo, por ejemplo. Tu sais, au début je voulais juste être très grand, devenir un bon cuisinier, et avoir mon propre restaurant. Puis j'ai voulu me marier, tener hijos. Et quand on à été dans la merde, queria solamente proteger a mi familia. Ce n'est pas grave si tu ne l'as pas encore trouvé.

Croisant les bras derrière la nuque, il s'était avancé pour se laisser choir sur le canapé, près de l'homme. Il repensait à ses propres expériences, se basant sur celles-ci pour construire sa réponse. A de nombreuses reprises, il avait du modifier les plans de sa vie, les rêves auxquels il aspirait. Au début, il ne s'agissait que de petites choses simples. Mais la vie avance vite, apportant ses joies comme ses désagréments, ses problèmes et ses peines. Il avait du s'y adapter, de toute façon, il n'y avait pas le choix.

- Un jour, ça t'apparaîtra comme une évidence, et ce jour-là tu sauras que pour être heureux, il faudra chérir ce qui est important. Alors, ton bonheur dépendra uniquement de cet élément là. Si tu ne le protège pas correctement, il se pourrait même que tu souffres comme jamais tu n'as souffert, tu sais.

Se passant une main dans sa chevelure indisciplinée, il redressa légèrement le cou, observant la photographie pendue à la cloison. L'ombre d'un bonheur éteint. Il détaillait une à une chacune des personnes présentes. Jack n'aimait pas à s'en rappeler, mais en réalité il se trouvait bien sur la photo. Petit garçon de 7 ans, caché dans les jupes d'une soeur aînée déjà grande. On distinguait simplement un visage arrondi et méfiant encadré de mèches foncées, scruter le photographe depuis sa cachette. Il avait eu peur de cette boite noire qui reproduisait des images de la réalité. Il se souvenait comme si c'était hier, de la honte qu'il avait ressentie quelques années plus tard, quand on lui avait mis le cliché sous les yeux.Sans s'en rendre compte, l'espagnol était resté silencieux plusieurs minutes, arborant un sourire vague en fixant le vide. Il cligna plusieurs fois des paupières en s'en apercevant, reprenant alors doucement.


-Tu ne dois pas te demander pourquoi on t'as donné la vie, Mateo mio, mais comment la vivre.

Une phrase prononcée plus tard le tira de son engourdissement cérébral, et il tourna le visage vers son interlocuteur, se redressant de là où il était pour se tenir à l'un des accoudoirs.

-Tu en à forcément un, mais tu ne l'as pas encore découvert. Je ne peut pas le déterrer à ta place, mais je peut essayer de t'y aider, querido.

Un sourire s'afficha sur son visage alors qu'il se relevait, allant s'accroupir à terre, près de Mateo. Il attrapa une de ses mains, en caressant doucement la peau de son pouce, avant de se pencher pour déposer un baiser entre ses doigts, y soufflant quelques mots.

- Je vais te donner un but de remplacement, jusqu'à ce que tu en trouves un mieux, mi amor. Je te proposes de sacrifier un peu de ton temps libre pour le passer avec moi. Je te ferais découvrir plein de choses et d'endroits, ça pourrait être agréable. Et je ferais attention de ne pas glisser sur les rochers mouillés.

Il redressa le visage, content de lui, vers l'argenté, scrutant son regard d'encre.

- Je prendrais soin de toi, amor mio.

Mais le chef cuisinier coupa bientôt court à la séance romantique en voyant la mine de Matt'. Il s'était redressé, posant ses lèvres sur le front du Freelance, pour disparaître dans la cuisine, revenant presque aussitôt avec un verre d'eau où fondait un cachet d'aspirine, le tendant à son invité après s'être assis dans le fauteuil près de lui, en souriant.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Mer 21 Mai - 23:49 (2008)    Sujet du message: Le dessert ♥ Répondre en citant

Imaginer Jack, entourée de deux bambins, d’une femme au visage doux et tendre, n’était pas si dur que ça à vrai dire. Cela lui correspondait d’ailleurs mieux que le trafic glauque dans lequel il s’était lancé, du moins du point de vue du Freelance. Il fallait l’avouer, l’espagnol n’avait en rien l’air d’un trafiquant de viande humaine après tout… Et lui-même ne serait pas surpris si un jour il partait, pour fonder une famille, après avoir trouvé la femme idéale, celle qui l’aimera. Maintenant que la race féminine était saine et sauve grâce au vaccin trouvé pour leur épidémie…
 
Cette pensée le fit froncer les sourcils tout de même.
 
Visiblement, le cuisinier était d’humeur philosophique aussi. Qu’était-ce le bonheur, et où se trouvait-il ? Etait-il différent pour chaque personne, ou bien les similitudes étaient grandes ? Matthew ne s’était jamais lancé dans la quête du bonheur. Il avait d’ores et déjà abandonné, depuis longtemps. Sa vie était un long tunnel noir, qui ne débouchait sur aucune sortie, aucune lumière vive. Errer dans le noir, dans un monde en noir et blanc, avec des teintes de gris… voilà tout ce qu’il avait fait jusqu’à présent. Observer ce monde si laid à ses yeux, sans valeur quelconque. Pouvait-il seulement croire les mots de Jack ? Il en avait envie, quelque part peut-être…
 
Un but dans la vie, un sens à son existence ? Cela existait-il ? Il était confus, et comprenait à présent l’engourdissement qu’il avait depuis son réveil. Le jeune chef commençait à se prendre la tête à propos de questions existentielles, lui qui ne s’était jamais remis en question auparavant, lui qui ne faisait que suivre le cours de la rivière, subissant ses cascades, ses rapides.
 
Il ne regardait pas Jack alors qu’il parlait, écoutant simplement ses paroles, qui résonnaient dans sa tête, qui se faisaient digérer lentement, qu’il assimilait. Il ne retira pas non plus sa main en sentant les lèvres posées sur ses phalanges. La situation était surréelle pour lui, tirée d’un rêve, qu’il n’aurait jamais fait. Des sommeils sans rêves, c’est tout ce qu’il avait. Des sommeils calmes, autrefois agités par les nombreux cauchemars qu’il faisait. Son esprit s’était apaisé en quelque sorte, ou plutôt anesthésié.
 
- Un… but de… remplacement ? Ca ? Est-ce que c’en est vraiment un… ? Tu es collant, pire qu’une sangsue, chiant, bavard… Je ne sais pas si cela pourrait être vraiment agréable…
 
Pourtant, il était encore là, chez l’espagnol, et il lui parlait, comme jamais avant il n’avait parlé. Sa tête bourdonnait. Matthew ne savait pas si tout était plus clair dans sa tête, ou s’il était encore plus confus. Il se pinça l’arête du nez, voulant chasser le mal de tête qui lui venait, qui le menaçait dangereusement. Les lèvres de Jack semblaient fraîches sur son front bouillant, et il ferma les yeux un court instant, alors qu’il entendait ses pas s’éloigner, résonner sur le parquet.
 
Ce début de matinée fut plus qu’étrange, et le Freelance continua à réfléchir sur les sujets qu’ils avaient abordés ensemble. Jack revenait déjà, un verre d’eau à la main. Une eau effervescente, où un cachet était en train de s’évaporer, de se mélanger au liquide transparent, clair. Matthew prit le verre et le regarda un instant, en pleine réflexion.
 
- Merci…
 
Rares étaient les fois où il prononçait des mots de gratitude. Il était surprenant de voir comment Jack le connaissait, remarquait le moindre de ses gestes pour savoir ce qu’il pensait. Peut-être ne savait-il pas tout, mais ils ne se connaissaient que depuis peu, et il savait parfaitement l’interpréter. La promesse de prendre soin de lui, alors que personne ne l’avait jamais fait auparavant ? Pas même… sa mère. Ses yeux dérivèrent sur la photo accrochée au mur, avec la famille Cánovas. Leur histoire défila rapidement dans sa tête, du moins les quelques anecdotes que lui avait fait Jack.
 
Après avoir fini d’avaler le médicament, il s’était levé, allant chercher un verre de whiskey, les glaçons craquant entre ses doigts, tombant dans le verre et le liquide couleur ambre. Il releva la tête en entendant l’espagnol parler d’un certain inconvénient quant à ce qu’il venait de lui raconter.
 
- Comment peut-on se faire du mal si l’on s’aime… ?
 
Cette conception de l’amour lui était totalement étrangère. Le mot amour était un extra-terrestre pour lui d’ailleurs, quelque chose qui était hors de sa portée. Il ne comprenait pas, comme toujours, et essayer de comprendre le fatiguait, psychologiquement. Retrouver un côté humain, émotionnel, n’était pas une tâche facile, et ce que Jack avait entreprit allait prendre du temps. Décongeler ce cœur gelé…
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Jack Cánovas
Invité

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MessagePosté le: Jeu 22 Mai - 23:00 (2008)    Sujet du message: Le dessert ♥ Répondre en citant

Il aurait pu vivre une vie des plus normales. D'ailleurs, peu après l'ouverture de son premier restaurant, en Espagne, il avait fait la rencontre d'une petite andalouse, souriante, vraiment charmante. Ce fut une histoire qui dura plusieurs années, de longs mois aussi romantiques, doux et sucrés que les roses. Mais ces fleurs ont également leur épines. Jack avait perdu la tête, trop préoccupé par sa famille qui se disloquait peu à peu, il avait laissé sa belle de côté, terni par le deuil. Ce fut lui qui rompu leurs fiançailles en voyant le ventre de sa Linda s'arrondir. Le cuisinier n'avait posé aucune question à ce sujet, et il ne la revit plus jamais par la suite. Les circonstances l'avaient guidé dans cette vie de cache-cache perpétuel, de menaces constantes. Il n'avait jamais cherché à s'en dépêtrer.

Mais son point de vue sur sa vie n'avait jamais été aussi clair qu'à présent, alors qu'il laissait aller ses pensées et ses réflexions en flots de paroles continus. On pourrait facilement croire qu'il se livrait ainsi à tout bout de champ, mais ce n'était pas le cas. Même ses employés ne connaissaient que quelques parcelles de sa vie qu'il voulait bien laisser entendre. Le reste était précieusement conservé, comme des trésors de souvenirs, des pierres précieuses difficiles à partager. Assis à terre près de l'homme, il le fixait, les yeux brillants, souriant à la description que Matthew faisait de lui. Très loin de s'en offusquer, ça l'amusait.


- Il le deviendra seulement si tu joues le jeu. Et je suppose que tu n'as rien à perdre. Moi non plus. C'est une des raisons pour lesquelles je suis là. D'ailleurs, puisque tu n'es pas encore parti, je peut penser sans me tromper, que ma présence est un minimum supportable.

C'est vrai ça. Étonnant qu'il ne soit pas déjà parti en claquant la porte, sans un mot. C'était une bonne chose. L'hispanique devait être sur le bon chemin, il espérait juste ne pas se perdre en route. L'américain était non seulement installé dans son salon, mais il daignait faire la conversation, ce qui était fantastique du point de vue de Jack. Lui aurait pu attendre encore longtemps, très longtemps avant s'en arriver à ce point. Mais son interlocuteur avait l'air mal, pas très étonnant.
Il suffisait à l'espagnol de déceler un léger froncement de sourcil, ou un regard particulier, pour comprendre ce qui pouvait se passer derrière ce visage et cet esprit si fermés. C'est en se rasseyant dans le fauteuil proche de celui de son invité qu'il le fixa vider son verre, souriant en croisant ses jambes
.

-De na', hombre. Ça doit être parce que j'ai grandit dans un monde de femmes que j'ai un peu leur instinct pour ce genre de trucs. Mes employés se moquent souvent de moi à cause de ça !

Il posa ses longs bras sur les accoudoirs, riant doucement en repensant à certaines situations, avant de revenir à la situation présente alors que l'argenté s'éloignait, posant une question. Jack avait certainement pensé tout haut. Il se cala contre le dossier moelleux, fixant le sol. Pensif.

-Tu sais, cari' ... Je me doute que tu a du beaucoup souffrir dans ta vie. Tu as du apprendre que la douleur mentale fait beaucoup plus mal parfois, que la douleur physique. Et bien l'amour peut conduire à bien pire. Parce qu'à partir du moment où la personne aimée souffre, ta propre peine sera démultipliée.

La manière de parler de Matt', sa façon maladroite de demander des explications sur des points qui lui étaient visiblement étrangers, lui faisaient penser à un enfant. Un gosse perdu, à qui l'on n'avait jamais inculqué certaines valeurs fondamentales. Le chef cuistot l'avait remarqué il y à longtemps. Il se tut un bon moment, le regard dans le vague. Sa propre expérience appuyait ses propos, mais il n'était pas nécessaire de tout déballer. Il lui sembla alors que Mateo avait dit quelque chose , et son menton s'était redressé, lui demandant de répéter. Mais il ne le fit pas. Il avait peut-être rêvé après tout. Le brun secoua doucement le visage, chassant les pensées qui lui venaient, en voyant que le freelance songeait partir. C'est vrai, la matinée avançait vite, et ils avaient tous deux du travail. Jack décroisa ses jambes, se penchant vers l'homme pour souffler en souriant, espérant le détendre, même un tout petit peu, avant son départ, qu'il ne garde pas une trop mauvaise impression de leur entretien.

- Si tu acceptes, Mateo, je m'efforcerais de ne jamais te faire de mal de la sorte. Tu sais que tu peux passer quand tu le veut, ma maison est la tienne. Penses-y.
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Matthew Coleman
Invité

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MessagePosté le: Sam 24 Mai - 22:34 (2008)    Sujet du message: Le dessert ♥ Répondre en citant

Rien à perdre… Oui, qu’avait-il encore à perdre ? Son cœur, il ne l’avait plus. Son corps, déjà stigmatisé des nombreuses marques du passé, était usé et fatigué. Que lui restait-il donc encore ? Peut-être pourrait-il essayer… La présence de Jack ces temps-ci était devenue plus supportable d’ailleurs, plus facile à gérer. Il s’était adapté à son rythme de vie, à ses habitudes, et ne pourrait pas, de toute manière, se débarrasser de lui avant un moment. Il en avait besoin, d’un point de vue strictement professionnel. Et l’espagnol en profiterait d’autant plus pour le harceler davantage. Tandis que s’il y consentait, s’y résignait, la chose serait alors plus facile à vivre… probablement.
 
- Oui, c’est vrai…
 
Situation hallucinante. Matthew ne s’était jamais confié à qui que ce soit, et aucun de ses employés n’étaient au courant de sa vie. Reishin en connaissait quelques bribes, mais n’avait jamais eu droit à la biographie complète. Personne ne savait qui était Matthew Coleman intérieurement, tous ne voyaient que la façade extérieure, celle taillée dans le marbre, celle qui était figée. Et tout le monde s’en contentait. Personne ne voulait d’un déferlement de sentiment, d’un chef faible. Lui rejetait également toute part d’humanité. C’était mauvais pour les affaires. Pourtant, Jack avait réussit plus d’une fois à le mettre dans tous ses états, dans le mauvais sens du terme. Pourtant, quelque part, peut-être que cela lui faisait du bien…
 
Après avoir avalé son aspirine, il s’était levé, éloigné, s’imaginant un instant comment cela devait être, d’être entouré de femmes qui l’aimaient sincèrement, d’un amour maternel et fraternel. C’était une partie de lui qui ne pouvait pas lui manquer, n’ayant jamais vécu ce genre d’expérience, mais une partie qui créait un vide, un trou engouffrant toute parcelle de son être, le faisant sombrer dans une douce indifférence.
 
Il sirotait le liquide en de courtes gorgées, écoutant les paroles de Jack. La douleur mentale… Il l’avait oubliée celle-là aussi, s’étant refermé sur lui-même. Et la douleur physique ne lui faisait rien non plus. Il supportait chaque coup, et en ressortait plus affaibli encore. Mais que la personne aimée souffre... Fallait-il encore qu’il trouve une personne à aimer, une qui pourrait supporter sa froideur, ses défauts, son statut social. Jack semblait pouvoir tenir ce rôle, et le Freelance le remarquait à présent, doucement. Les doutes s’étaient légèrement dissipés à présent. L’espagnol ne semblait pas chercher à obtenir des informations pour le clan adverse, et travaillait simplement pour quiconque le payait suffisamment pour quémander ses services.
 
- J’ai du mal à comprendre… Je me demande si jamais je comprendrais toutes ses explications que tu me donnes…
 
Il n’était pas sûr d’ailleurs de vouloir ressentir cela, si c’était aussi horrible que le disait Jack. Allant se rasseoir dans le canapé, il murmura tout bas alors qu’il réfléchissait.
 
- Tu ne souffriras pas beaucoup, dans ce cas…
 
Matthew ne ressentait pas souvent la souffrance, alors s’il suivait cette logique, si lui était l’être aimé, et qu’il ne souffrait pas, Jack ne souffrirait pas non plus, non ? La tête de plus en plus lourde, il finit rapidement son verre, se préparant à partir, cherchant ses affaires des yeux. Il attrapa son portable et quelques autres affaires, ne se rappelant pas de les avoir posé là la veille, sur la table basse. Il fixa Jack, fixa cet homme qui semblait vouloir tout changer dans sa vie, et qui avait déjà commencé son fastidieux travail. Il pouvait sentir son souffle chaud sur son visage, ses paroles.
 
- Oui… J’essayerais… de passer. Peut-être.
 
Se penchant vers lui, fermant les yeux, il déposa un baiser sur ses lèvres, les capturant, prolongeant cet instant. Caressant son visage, il hocha la tête en entendant l’espagnol lui dire qu’il pouvait venir quand il le désirait, et il lui vola un dernier baiser avant de se lever, et de tourner les talons, ses chaussures claquant sur le parquet, le bruit de ses pas s’éloignant, se finissant par une porte qui se refermait, alors que Jack était resté sur le canapé. Tout ce que Matthew vit avant de partir fut son sourire niais.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:52 (2018)    Sujet du message: Le dessert ♥

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