Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas Index du Forum
Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas
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Plat de résistance

 
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Jeu 1 Mai - 20:40 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

Le bruit des moteurs de voitures parvenait jusqu’à ses oreilles. La fenêtre était ouverte, et laissait les sons de la nuit s’engouffrer dans la chambre, ainsi qu’une brise légère mais fraîche. A sa droite, il pouvait entendre un souffle qui se faisait plus régulier, plus calme. Fixant le plafond, il repensa aux derniers évènements de sa vie, à ce qui venait de se dérouler. Qu’est-ce qu’il lui voulait, franchement, à le coller ainsi ?

Depuis leur dernière rencontre, deux semaines s’étaient passées. Deux semaines à être harcelé sans cesse. Messages vocaux à n’en plus finir, texto en tout genre, appels toutes les quinze minutes. Cela devenait insupportable. Quel sale connard tout de même. "Tu permets que je bipe mon téléphone ? Je ne sais plus où je l'ai laissé traîné ! ". Il en avait juste profité pour chopper son numéro et entrer le sien. "Mi cariño" s’affichait donc à chaque fois qu’il tentait de le contacter, et il n’y avait pas moyen d’en réchapper, sauf en changeant de numéro. Ce qui était impossible en somme. Beaucoup trop compliqué. Il aurait fallu prévenir tous ses contacts du changement de numéro, ce qui aurait été une tâche colossale, et n’aurait pas fait bonne impression pour certaines personnes, surtout quand il devait faire ses preuves en tant que chef.

Finalement, Matthew avait cédé. Il logeait à l’hôtel Shareru cette nuit-là, pour des raisons personnelles. De plus, il ne souhaitait pas avoir Maigo dans les pattes, ni que l’homme sache où il habitait. C’était entre lui et Jack. Ce dernier s’était d’ailleurs précipité pour venir le rejoindre, un sourire illuminant son visage quand il lui avait ouvert la porte. Et sans plus tarder, il lui avait sauté dessus. Mais cette fois-ci, ce fut différent. En effet, l’espagnol avait décidé que les rôles seraient inversés. Ils couchèrent donc ensemble, une nouvelle fois. Les cris et gémissements du chef cuistot avaient emplis la pièce, jusqu’à ce que tous deux viennent dans un long râle de plaisir, s’immobilisant. Lui s’était retiré de l’espagnol, et s’était allongé à côté, sur le lit, la respiration encore légèrement saccadée. Il ne trouvait rien à dire à présent. L’air était chargé, et il crut étouffer. Finissant par se redresser, il chercha à tâtons sur la table de nuit ses cigarettes, ainsi que son zippo. S’en allumant une, il laissa échapper un soupir.

- Je vais prendre un bain. Et t’as pas intérêt à venir, connard.

Que de mots doux et tendres. Sans un regard vers le brun, Matthew se leva, sortant du lit, nu comme un vers. Sa cigarette à peine entamée, il l écrasa dans le cendrier avant de se diriger vers la salle de bain, qui était adjacente à la chambre.

L’hôtel Shareru était l’un des plus luxueux de la ville, et il allait sans dire que le jeune chef avait pris la suite royale. Il y avait donc une immense chambre, un salon avec coin canapés, mini bar, télé plasma et encore d’autres choses inutiles. Dans la salle de bain, une gigantesque baignoire était présente, incrustée dans un bloc de marbre belge. Elle pouvait également faire jacuzzi, si le client souhaitait se relaxer davantage encore. Lui n’avait jamais essayé, et voulait simplement se laver, faire disparaître l’odeur de Jack de son corps. Se faisant couler un bain chaud, il regarda le niveau de l’eau monter. Le bruit l’apaisait. Il finit par se décider à mettre des bulles dans son bain, et entra dedans, calant son dos contre une des parois.

L’eau arrivait jusqu’à ses clavicules, et il pouvait allonger complètement ses jambes, sans même rencontrer l’autre bout de la baignoire. Soupirant d’aise, il ferma les yeux, écoutant le bruit de l’eau. La porte s’ouvrit, mais il ne bougea pas, écoutant seulement les bruits de pas de Jack qui s’approchait.

- Je t’ai dit de ne pas venir. Estime-toi heureux que je ne t’ai pas déjà foutu à la porte.

Jack l’énervait, à toujours venir fourrer son nez là où il ne fallait pas, à balancer des idioties et des déclarations d’amour à tout va. A rigoler, à être content de la vie. Ils étaient le contraire de l’autre. Et comme d’habitude, l’espagnol ne l’écouta pas, et entra dans le bain, en face de lui. Matthew pouvait deviner son sourire, mais se refusa à ouvrir les yeux. De toute manière, le brun allait tout simplement parler et parler et parler, dans un monologue sans fin. Il pouvait blablater pour deux, et ce, sans problème.

- Ferme-la un peu, tu veux.


Dernière édition par Matthew Coleman le Sam 3 Mai - 20:01 (2008); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 1 Mai - 20:40 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Ven 2 Mai - 00:32 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

Il ne lui avait pas laissé de répit au pauvre homme. Et voila qu'ils se retrouvaient dans le même lit d'un somptueux hôtel, nus sur des draps de soie. Leurs poitrines se soulevaient plus rapidement que la moyenne, et le voile de sueur qui couvrait leur peau, commençait déjà à s'effacer sous le courant d'air frais venant de la fenêtre. Ronronnements de moteurs et foule qui s'attarde. Les sons revenaient peu à peu à son esprit chavirant. Il avait réussi à s'en approcher, une nouvelle fois, non sans efforts de sa part. Mais le jeu en valait largement la chandelle pour lui qui, bras croisés derrière la nuque, reprenait son souffle, yeux fermés. Visiblement Matthew avait été ennuyé de ses appels incessants. La victoire sur cette bataille revenait à l'espagnol.

Dès qu'il avait su où l'américain se trouvait, il avait lâché ses casseroles pour venir à toute vitesse. Comme le brun l'avait précisé il y à deux semaines, cette fois-ci il n'y avait eu pas eu trucage, et pour faire plier l'autre il n'avait pas hésité une seconde. Le freelance esquissait déjà un mouvement sur sa gauche, Jack voulut le suivre mais le bas de son dos ne fut pas d'accord tout de suite et il avait étouffé un grognement accompagné d'une sourire. Ce genre de choses ne lui arrivait pas souvent, finalement, ou trop peu pour y être habitué. Il avait donc laissé son partenaire d'éloigner sans rien dire, en profitant tout de même pour mater le derrière qui se déhanchait, mais préférant se taire tant qu'il ne pourrait bouger. Rester silencieux ne signifie pas pour autant changer son comportement du tout au tout.

Porte de la salle de bain qui s'ouvre en grand. Grand rire.


-Mateo, te voir ainsi allongé dans l'eau me donne des envies peu recommandables, je te l'avoue !

Et ni une, ni deux, n'écoutant rien de ce que disait son hôte, il s'était glissé dans le bain chaud face à lui, commençant à se laver avec de grands gestes, parlant de tout et de n'importe quoi.

-Sabes que la luna esta llena esta noche ? C'est peut-être pour ça que t'as été un verdadero animal au pieu, elle à réveillé tes bas instincts ! Ou alors t'es comme ça tout le temps peut-être ?

Il chantonnait un air bien connu, attrapant un gant plein de gel douche, il s'était finalement immiscé aux côtés de l'homme aux cheveux de neige, lavant le corps marqué de cicatrices, doucement, entre deux paroles de Mecano.

Luna, quieres ser madre
Y no encuentras querer
Que te haga mujer.
Dime, luna de plata,
? Qué pretendes hacer
Con un hijo de piel ?
Hijo de la luna ...



Le reste de la mélodie nostalgique se perdait dans des murmures de sourires. Jack finit par déposer ses lèvres dans le cou de l'homme avant de l'arroser du pommeau de douche, lavant les traces de mousse. Cependant il ne put s'empêcher de mouiller également volontairement les cheveux blancs, aplatissant complètement la coiffure rejetée en derrière. S'apercevant du regard noir sous les mèches il partit bientôt d'un rire amusé, se justifiant.

-Je me demandais comment ça faisait quand ils étaient pas coiffés en arrière, mi amorr !

Sa raison ne fut pas du goût du jeune chef apparemment, ce dernier s'était lever pour se sécher, et le cuistot en avait fait de même, attrapant une serviette pour traîner ensuite dans les pattes de l'homme, continuant son baratin. Une idée avait traversé son esprit étrange et il la formula tout haut.

-Au fait Mateo, c'était pas une connerie que decía, la lune sera bientôt au plus haut dans le ciel. On pourrait aller se promener, t'en dis quoi ?

L'autre se semblait pas écouter, se rhabillant rapidement, alors il en fit de même, lui piquant un sous vêtement avant de renfiler jean, ceinture et chemise légère. Cependant il continuait, insistait toujours, vantant les coins super qu'il connaissait pour se balader. Et quand Matt' lui demanda s'il avait vraiment l'air de quelqu'un qui se baladait, Jack eut une réponse efficace. Avait-il l'air, lui, d'un type qui servait de la viande humaine en plat de résistance ? La réponse était non, bien sûr. On aurait pu lui accorder le bon dieu sans problème.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Sam 3 Mai - 19:58 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

Et voilà qu’il le collait de nouveau. Comme si ce qu’ils venaient de faire n’était pas suffisant. Lâchant un soupir, il laissa néanmoins Jack entrer dans la baignoire. Il y avait bien assez de place pour deux personnes. La parlote incessante de l’espagnol reprit. Il débitait connerie sur connerie, comme d’habitude. Matthew commençait à s’y habituer.
 
- Je suis comme ça tout le temps je pense… Tu me prends pour un loup-garou ou quoi ?
 
Ce qui aurait pu être vrai vu les cheveux blancs qu’il avait. Jack s’était à présent rapproché de lui, et il pouvait deviner ses faits et gestes, les yeux fermés, juste en écoutant les bruits que faisait l’homme. Matthew sentit un gant parcourir son corps fatigué, commençant par le torse, puis le cou, les épaules. Ce n’était pas désagréable, et il ne se dégagea pas, restant tranquillement là où il était. Pour une fois, le chef cuisinier avait arr^té de raconter sa vie, et chantonnait une chanson douce et nostalgique, en espagnol. Il avait toujours tendance à mélanger les langues, ce qui était probablement irritant à la longue pour quelqu’un qui ne comprenait pas l’espagnol. Mais le jeune chef ne se sentait pas dérangé par ceci, comprenant assez bien la langue latine. Déjà qu’il supportait tout le reste…
 
Il sentit des lèvres se poser dans son cou, et grogna, avant que le jet d’eau ne le trempe et le décoiffe complètement. Ouvrant finalement les yeux, ce ne fut que pour jeter un regard noir à Jack. Une excuse certes honnête, mais l’une des plus stupides qu’il n’avait jamais entendu. Matthew n’aimait pas particulièrement avoir sa frange qui retombe sur ses yeux, et écarta les mèches qui lui obstruaient la vue.
 
- … Imbécile.
 
Se levant, il sortit de la baignoire. S’il restait une minute de plus, il allait finir par s’énerver, et la colère était mauvaise pour la tension. Attrapant une serviette, il se sécha rapidement, et en prit une deuxième pour ses cheveux. Continuant à les frotter alors qu’il retournait dans sa chambre, il entreprit de s’habiller, enfilant ses vêtements habituels, et une veste. Peut être le printemps était-il arrivé, mais l’air était toujours frais quand la nuit tombait. Cependant, il délaissa la cravate dans l’armoire. Elle n’était pas nécessaire pour ce soir.
 
- Est-ce que j’ai la tête d’un gars qui se promène ?
 
Ce à quoi Jack répondit au tac au tac. D’un air défaitiste, Matthew finit par accepter, et hocha la tête. Se dégourdir les jambes ne lui ferait pas de mal après tout. Il était étrangement gentil et sympathique ce soir, si on pouvait ainsi qualifier son comportement envers Jack, qui le menait pourtant toujours à bout. Peut-être était-ce parce qu’il lui avait procuré du bon temps ce soir.
 
Prenant donc son kit de survie avec lui, composé d’un portable, d’un paquet de cigarettes, et de ses clés, il sortit de la suite royale, se dirigeant vers l’ascenseur le plus proche, après avoir recoiffé ses cheveux en arrière. Il ne pouvait pas montrer une image négligée de lui à l’extérieur. Quoi que après réflexion, s’afficher avec Jack donnait une mauvaise impression de lui.
 
- Une rapide promenade.
 
Il avait une réunion importante le lendemain matin, et voulait dormir un minimum d’heures, surtout que l’heure se faisait tardive. Jack, tant qu’à lui, semblait tout heureux de marcher à ses côtés, et affichait un visage si naïf que personne n’aurait deviné la noirceur de son âme. Cela était probablement la chose qui énervait e plus Matthew Coleman. Qu’il affiche un sourire si empreint de bonheur et de gaieté en étant à ses côtés. Lui qui n’avait rien ni personne.
 
Ils empruntèrent les grandes avenues, éclairées de milles feux. Matthew suivait l’espagnol, l’écoutant parler, chanter. Il releva la tête pour observer le ciel, mais se rendit compte qu’il était inutile de chercher les étoiles. Cachées par les nuages, les lumières de la ville empêchaient également toute contemplation. Finalement, Jack l’entraîna par la taille dans une ruelle sombre. Se dégageant rapidement de l’étreinte, Matthew fronça les sourcils. Il ne faisait toujours pas confiance à l’espagnol et à ses coups foireux. Des bruits de vague parvinrent à ses oreilles, alors qu’une légère brise ébouriffa ses cheveux encore légèrement trempés. Regardant du coin de l’œil Jack, il essaya une nouivelle fois de comprendre ses motivations. Etait-il sincère, ou bien jouait-il un double jeu ? C’était bien la première fois que quelqu’un insistait tellement à vouloir être près de lui. C’était également la première personne à lui faire des déclarations d’amour enflammées et complètement idiotes.
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Dim 4 Mai - 13:18 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

Encore il fois, il réussissait à lui faire changer d'avis. C'était certainement parce que l'homme devait être las et fatigué, autant physiquement que mentalement, que Jack pouvait faire presque tout ce qu'il voulait. L'espagnol avait remonté les manches de sa chemise bleu nuit, malgré l'air frais, il se sentait tout à fait en forme et à vrai dire, il avait pris l'habitude de ce geste depuis tout petit. D'abord parce que la côte méditerranéenne était un lieu au temps des plus doux, ensuite parce qu'en cuisine il fallait régulièrement se laver les mains.
Kit de survie ? Ce n'était pas ce dont Jack se préoccupait, à vrai dire il n'avait rien dans les poches. L'attachement matériel n'existait pas chez l'homme qui, si on regardait bien, ne portait aucun bijou, aucun objet sur lui hormis ses vêtements. Pas de boucles aux oreilles, pas de pendentifs autour du cou, pas de montre au poignet, seul un paquet de cigarettes importées à l'arrière de son jean et le téléphone portable, qui trouvait sa place dans sa poche droite. Il s'en passait très bien à vrai dire, comme le reste.

Le brun avait acquiescé, rayonnant, alors qu'il sortaient du bâtiment. Si le freelance était classe, on aurait pu par contre prendre le cuisinier pour un maçon, ou quelque chose du genre. Débraillé, ses mèches rebelles n'avaient pas été arrangées par les ébats et il n'avait pas pris la peine de les coiffer. C'est pourtant tout content que notre homme se montrait aux côtés de l'autre, saluant au passage les employés de l'hôtel, se faisant gentleman auprès des jeunes filles. Dans l'ascenseur il s'était penché pour glisser quelques mots doux à l'oreille de Mateo, avant de se faire jeter.
Une fois dehors, il avait pris les devant pour entraîner son compagnon de route à travers la ville, empruntant des allées de plus en plus étroites en pentues. Devant la méfiance du jeune chef, il s'était exclamé.


-Mais tu te balades jamais ou quoi ? C'est génial, tu va voir !

Lui connaissait chaque petite ruelle agréable, chaque détour menant à la côte calme de la cité, pour les avoir parcourues maintes fois depuis les cinq années qu'il vivait ici. Le lieu qu'il préférait, où les sons et les odeurs se confondaient en souvenirs pour lui. A mesure qu'ils avançaient, sous la mélodie qu'entonnait le chef cuistot on devinait le sifflement aigu de la brise, le roulis de l'eau entre les galets ronds, le cri lointain d'une volée de mouettes. L'air se faisait plus vif et salé et les deux hautes silhouettes finirent par déboucher sur un paysage de rochers, de sable fin, et de ciel noir troué par une lune pleine et blanche.
Jack se stoppa pour se tourner vers son interlocuteur, en sentant le regard se poser sur lui. Il y répondit par un grand sourire et sa voix rauque s'éleva, ses lèvres posées sur la tempe de l'homme.

- Ne me dis pas que c'est la première fois que tu viens ici, amor ? C'est comme ça que je conçois le plus bel endroit du monde.

Sans lui laisser le temps de protester, il avait retiré ses tennis usés et ses chaussettes pour les balancer sur le sable et s'était saisi de la main de l'homme, le tirant vers une chaîne rocailleuse qui perçait une avancée dans la mer.

-Je te conseille de retirer tes chaussures, querido, ou tu risques de te faire mal là-haut !

Il grimpait déjà avec une aisance déconcertante, comme s'il avait fait ça toute sa vie, en riant doucement, Ses pas le menèrent jusqu'au bout du rocher alors qu'il jetait de temps en temps un regard en arrière, veillant à ce que Matt' ne s'éclate pas plus bas. Il ne s'arrêta qu'une fois arrivés à la limite de la terre et de l'eau. Vingt cinq mètres plus bas, des vagues houleuses se fracassaient en grondant contre leur point d'attache. Il faisait sombre, mais l'astre nocturne leur procurait assez de lumière pour y voir à plusieurs mètres. Jack s'accroupit à terre, inspirant une longue bouffée d'air, avant de souffler.

- C'est exactement comme là d'où je viens. Y tú, donde naciste, Mateo ?

Cherchant ses clopes dans son jean, l'espagnol finit par extirper le paquet, laissant tomber un bâton de nicotine et un briquet à gaz jaune dans sa main, pour l'allumer, laissant la fumée s'échapper d'entre ses lèvres. Puisqu'il faisait la conversation tout seul, autant raconter sa vie. Il fixait l'horizon, difficilement identifiable tant la mer et le ciel se fondaient dans la noirceur.

-Je suis né dans une ville de la côte Sud de l'Espagne, en Andalousie. Es une region maravillosa, bordée de cactus et de palmiers. Le soleil y tape fort toute l'année, et les gens sont chaleureux, leurs voix graves se font toujours entendre dans les rues étroites où on cherche l'ombre. Il s'exclament et rient. L'air y est doux, et toujours on est entourés de ronronnements de scooters, de voitures, du crissement des cigales plus fort que le chant des oiseaux.

Il avait fermé les yeux, s'imaginant en rêve ces mémoires qu'il n'oublierait pas. Le cuisinier pourrait en parler des heures durant.

-Il faudra que tu y ailles un jour, c'est vraiment bien.

Un coup de vent froid soudain secoua les cheveux chocolat, le faisant taire, et l'espagnol frissonna bien malgré lui, remontant bine vite les manches de sa chemise avant de pester.

-C'est pas vrai, on est au printemps et on se les pèle, même en Hiver tu te les gelais pas comme ça en Espagne !
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Dim 4 Mai - 16:32 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

Matthew répondit à la question par un simple regard vide. Il ne se promenait en effet jamais. La dernière fois que cela lui était arrivé, il n’était encore qu’un gamin qui arpentait les rues de New York, à la recherche d’un bout de pizza ou d’hamburger à manger. Depuis, il ne traînait plus dans les endroits inutiles et qui ne lui apportait rien. Se promener n’était qu’une perte de temps, et nuisait à l’efficacité de son travail. Il ne pouvait se le permettre, surtout que cela était dangereux pour sa sécurité. Le danger le guettait à chaque coin de rue. Il ne serait pas surpris si un jour des hommes de Beowulf lui sautaient dessus à un détour de ruelle.
 
- C’est la première fois. Je ne me promène jamais, tu devrais le savoir…
 
Ils n’allaient quand même pas grimper sur les rochers, là-bas, si ? De là où il était, Matthew pouvait déjà voir à quel point cela était dangereux. Ils étaient probablement glissants, et l’eau se trouvait bien plus bas, vingt-cinq mètres plus loin.
 
Voyant que c’était malgré tout le souhait de l’espagnol, il s’exécuta et se débarrassa de ses chaussures et chaussettes, ses pieds touchant à présent le sable fin. La main de Jack était chaude dans la sienne, qui devait probablement être gelé, tout comme son cœur. Se laissant entraîner, il regarda alors l’espagnol grimper, et le suivit, prenant garde à ne pas tomber, les sourcils froncés. Qu’auraient donc pensé ses hommes en le voyant se promener au clair de la lune en compagnie de son amant ? Il ne préféra même pas y penser, et s’installa aux côtés du brun, s’asseyant, les jambes allongées devant lui.
 
- New York.
 
Ecoutant le bruit des vagues qui venaient se fracasser contre la roche, il sortit également une cigarette, l’allumant avec son seul zippo, celui qu’il gardait depuis tant d’années déjà, celui de Betty. Prenant une longue bouffée, il laissa de nouveau Jack parler seul, imaginant durant une seconde les ruelles étroites et baignant dans le soleil. L’Andalousie. On disait même qu’une vallée en Amérique en était morte de jalousie. Une région qui convenait parfaitement à l’espagnol. Les murs devaient probablement encore émettre de la chaleur, même après le coucher du soleil.
 
- Peut-être, un jour.
 
Lui n’avait jamais voyagé qu’aux Etats-Unis, et au Japon. Il n’avait jamais vu l’intérêt de voyager dans d’autres pays, et ne pouvait point s’émerveiller devant les beautés de la nature, ou bien les architectures d’Europe. Ce n’étaient que du ciment, des briques posées les unes sur les autres, de la verdure qui disparaîtrait tôt ou tard.
 
La cendre de sa cigarette se fit emportée par le vent, disparaissant rapidement dans un tourbillon, s’éloignant de leur petit coin tranquille. Il regarda au loin, la mer s’étendant à ses pieds, affolée par les vagues qui se dressaient. Jack se plaignit du froid, ce qui fit pousser un soupir au Freelance qui retira sa veste, la lui balançant pour qu’il l’attrape. Lui était habitué aux températures froides. Il s’y était fait, et même le jour le plus froid du monde ne l’indisposerait pas plus que ça.
 
- Tu n’avais qu’à migrer dans un pays plus chaud, au lieu de venir au Japon…
 
S’allongeant complètement sur le rocher, la cigarette coincée entre les lèvres et les bras croisés derrière la tête, il put distinguer quelques étoiles dans le manteau noir de la nuit. La lune était réellement haute dans le ciel, et procurait une douce lumière. Jetant sa cigarette au loin, il ferma les yeux, laissant les bruits qui l’entouraient le bercer. Peut-être se promènerait-il plus que cela dans l’avenir.
 
Jack s’était à présent glissé contre lui, l’embrassant de part et d’autres, lui déclarant une nouvelle fois son amour impérissable. Ennuyé, l’Otousan posa une main dans son cou, empêchant ainsi l’espagnol de déposer des baisers sur sa peau, bien que cela ne l’arrêta point. Il s’attaqua ainsi à ses doigts, alors que leurs voix se faisaient murmures. Matthew en sut alors un peu plus sur le chef cuisinier, et sur les raisons de son immigration. Une histoire de chantage à propos de sa sœur restée en Espagne vraisemblablement.
 
Un portable sonna, et il se redressa sur les coudes, fouillant les poches de sa veste que Jack portait. Il lut le message, s’éloignant légèrement de l’homme pour qu’il ne puisse pas lire, et répondit, avant de le ranger de nouveau dans son pantalon cette fois-ci. L’air se faisait plus frais. Il repensa à la cicatrice de Jack, sous sa clavicule, puis à ce qu’il venait d’apprendre, et finit par se lever. Il était temps de partir et de se quitter. Un soupir.
 
- Jack, je n’ai jamais aimé personne, et cela ne changera pas. Arrête donc de me coller et de me harceler, tu veux ?
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Dim 4 Mai - 17:36 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

New York. Ville grise de fumée, polluée jusque dans le coeur des hommes, perdue dans la multitude de la foule incessante qui s'ignore. Et malgré tout, elle convenait bien à l'image que Matthew donnait de lui. Ce même homme qui s'était installé près de lui. L'odeur âcre du tabac s'était ajoutée au reste, apportant une nuance étrangère, artificielle. L'atmosphère était calme, tranquille, et la voix des hommes se faisait ostensiblement plus basse sous le roulement de l'eau.

Oui, il fallait que l'homme aille voir de ses propres yeux les collines desséchées et brûlantes, sentir le coup du soleil au zénith, contempler les lagunes cachées par les réseaux de roches creuses. Il pourrait ressentir tellement de choses là-bas. C'était une bonne idée.


-Ça te plairait, j'en suis sûr.

En comparaison, les lieux que l'espagnol avait visité avaient paru bien fades. Californie. Japon. Aucun n'avait été à la hauteur de ce qu'il avait espéré. C'était bien dommage, il aurait tout donné pour retrouver un semblant de sa région. A la place, il dénichait les coins les plus insolites là où il allait. Il n'était sorti de ses réflexions qu'en se recevant un vêtement sur la tête. Un rire s'était échappé de sa gorge, et il avait enfilé la veste chaude, murmurant un remerciement. Et il s'était expliqué. Parler de lui à l'homme ne le dérangeait pas, au contraire.

Jack avait balancé sa cigarette, l'observant alors qu'elle disparaissait, happée par la nuit, puis il s'était allongé sur le freelance sans rien demander, l'enlaçant complètement pour lui raconter, doucement, pourquoi, entre deux surnoms affectueux. Il avait du partir de Los Angeles, poussé par les évènements. Sans cesser de sourire, il délia un peu son histoire. Ce n'était rien encore comparé à ce qu'il avait vécu. Et il souffla dans l'oreille, qu'un jour, il lui raconterait tout.
Se penchant en avant quand un message lui fut caché, il susurra en grognant dans le cou de son interlocuteur, que ce n'était décidément pas juste.


-Un échange doit être équivalent, Mateo mio !

Ce n'est qu'après avoir prononcé la phrase qu'il se rendit compte qu'il avait déjà eu quelque chose. Il sourit de plus belle, cependant, à la réplique lasse.

-Ça finira par arriver un jour, et alors tu ne sauras même pas reconnaître que tu aimes cette personne !

Le cuisinier s'était redressé, suivant les mouvements de l'américain, pour s'étirer de tout son long en soupirant d'aise. Il se pencha alors un peu et ses lèvres partirent déposer un baiser sur la joue de l'homme.

-Comment peut tu me demander de cesser de t'aimer, cari' ? C'est comme me demander la lune !

Amusé, il s'était défait à moitié de la veste, entourant les épaules de Matt' avec pour l'attirer contre lui, partageant ainsi le vêtement malgré le regard blasé de l'autre. C'était si puéril que ça ? Ça lui était bien égal après tout, et Jack avait d'ores et déjà entrepris d'avancer précautionneusement en tenant son précieux.

-On rentre, amor de mi vida ?

Smile. Encore quelques pas en sifflotant sur la roche glissante et son derrière douloureux se rappela à lui. Zioup ! En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le couple tombait à l'eau glaciale, beaucoup plus bas. Ce furent une chevelure blanche et une noire qui sortirent bientôt de la surface en reprenant leur souffle, l'une pestant, l'autre riant de bon cour.

-J'ai pas fait exprès, tio, je dirais même que c'est à moitié ta faute ! Diios mio, que friooo !

Sans tarder il se mit à nager, plus pour réchauffer ses muscles qu'autre chose, en direction d'un massif rocheux plus en avant, tout en criant à l'autre nageur de le suivre. C'est trempés jusqu'au os et tremblants qu'ils finirent par prendre pied, escaladant un peu pour parvenir sur un terrain plat. Une grotte, sombre vers l'intérieur, mais sèche. Jack passa ses doigts sur les parois en frissonnant.

-Tu sens ? La pierre à gardé la chaleur de la journée. Il faut aller un peu plus loin si on veut sortir, je crois !

Grand sourire. L'espagnol, gelé, retira bien vite la pauvre veste et sa chemise, et au lieu de marcher vers le fond de l'endroit, comme il l'avait indiqué, il se mit en quête de quelques galets blancs et d'un bout de bois. C'est en chantonnant qu'il s'était accroupi au centre de la caverne, s'essayant au feu de camp. Il savait le faire pourtant, mais n'avais pas eu l'occasion de s'entraîner depuis des lustres. Ce fut donc son occupation un bon moment, et quand Matthew, visiblement furax après avoir fait le tour des lieux, revint en maugréant, une petite flamme brillait au devant du chef cuistot.

-Mira Mateo, je suis trop fort ! Allez, cherche avec moi du bois sec pour l'alimenter, ou on crèvera de froid cette nuit ! L'eau descendra que demain matin !

Il n'avait pas besoin de signaler que, étant en plein milieu de la nuit, l'eau avait tôt fait de boucher l'entrée par laquelle il étaient arrivés. On pouvait portant entendre les échos répétés du rire de l'espagnol qui courrait de ci, de là, jetant dans les flammes grandissantes de quoi créer un peu de chaleur. Il en avait besoin, lui qui ne vivait que par ça. Son corps habitué au hautes températures supportait difficilement le froid.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Dim 4 Mai - 22:48 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

Comment Jack pouvait-il déclarer à l’avance ce que l’homme pouvait aimer ? Et ce avec tant d’assurance ? Matthew avait en tout cas pu profiter d’un court moment de silence, alors que l’espagnol enfilait sa veste. Le laissant se glisser contre lui, il l’écouta parler, posant parfois quelques questions, les sourcils se fronçant légèrement à l’évocation de certains noms, comme s’il se rappelait en avoir déjà entendu. Les surnoms que lui donnait Jack l’agaçaient, mais ce dernier ne répondit que par une nouvelle déclaration d’amour, lui assurant qu’il n’irait jamais voir ailleurs, qu’il était le seul qu’il désirait. Ceci fit soupirer l’Otousan, qui lâcha l’affaire. Jack n’écoutait jamais ce qu’il lui disait de toute manière.
 
- Tu as déjà eu ma veste, c’est suffisant, non ?
 
Faisant craquer volontairement quelques os de son corps, l’idée de retourner dans les draps en soie de l’hôtel lui parut une excellente idée. Se reposer un peu ne lui ferait pas de mal, au chaud surtout. Jack, lui, continuait de parler d’amour. N’était-ce pas les femmes qui ne cessaient de jacasser à propos de cela, à crier sur les toits que l’amour était éternel, qu’il ne s’éteindrait jamais ? Tout cela n’était que chimère. Comment une personne abandonnée à la naissance par sa mère, une personne comme Matthew, pouvait croire en l’amour ? Il avait déjà vécu si longtemps sans…
 
Il hocha simplement la tête à la question, et poussa un soupir las quand il fut attiré contre la poitrine de l’espagnol. Il pouvait sentir sa chaleur à travers le tissu qui séparait leurs corps, et se demanda s’il avait réellement froid. Alors qu’il allait se dégager de son étreinte, bien trop intime à son goût, Jack avait glissé et perdit pied, l’entraînant dans sa chute, vingt-cinq mètres plus bas.
 
- Bordel ! Mais t’es con ou quoi ma parole ?!
 
L’eau était gelée, ce qui n’était pas étonnant vu la saison. Jetant un regard noir à Jack qui semblait trouver toute cette situation très drôle, il nagea jusqu’à la rive, évitant de se faire emporter par les vagues qui lui feraient se fracasser le crâne contre les rochers. Et pourquoi est-ce que ce serait de sa faute d’abord ? C’était Jack qui avait fait le con et qui s’était rétamer la gueule en marchant, pas lui.
 
Se hissant sur le rivage, il pénétra par la suite dans la caverne creusée dans la pierre, sa main touchant les parois et ressentant la chaleur qu’elles émettaient. Plissant les yeux, il regarda devant lui, essayant de distinguer une quelconque sortie, mais jugea qu’il faisait trop sombre pour qu’il puisse voir grand-chose. Laissant Jack là où il était, il continua son chemin, avançant à tâtons dans la pénombre. Ce ne fut que quelques minutes plus tard qu’il revint, l’air courroucé.
 
- Tu l’as fais exprès, connard, j’en suis sûr…
 
Sa voix tremblait de rage. Il n’y avait plus de sortie possible, la seule et dernière étant à présent bouchée par l’eau montante. Se passant une main dans les cheveux, il ne prit pas la peine de les recoiffer, commençant simplement à se déshabiller. Chemise et pantalon furent posés dans un coin, près du feu naissant, et il commença également à chercher du bois, se sentant frigorifié. L’hispanique en ramena également, et bientôt il put sentir une douce chaleur provenir de leur camp.
 
Cherchant son portable dans sa veste, cela fut peine perdue. Ce dernier ne marchait plus, et il le jeta sur la pile de vêtements. Les cigarettes étaient probablement dans le même état. Pestant dans sa barbe, Matthew regarda le feu, écoutait ses crépitements.
 
- Demain matin… Ce sera déjà trop tard…
 
Il pouvait déjà dire au revoir à sa réunion. Sa disparition allait provoquer une panique, et il n’avait aucun moyen de joindre l’extérieur. Coincé dans une caverne avec Jack Cánovas, son pire cauchemar…
 
- Putain, je te déteste, connard…
 
Restant près du feu, il refusait de se coller contre l’espagnol. Certes, la chaleur humaine pouvaient les réchauffer tout deux, mais il était borné, et refusa de rejoindre Jack qui s’était déjà étendu par terre, blatérant idiotie sur idiotie. Il le repoussa quand il vint l’enlacer, et résista quand une main ferme attrapa son poignet pour l’attirer. Cédant, son corps finit par se coller contre celui du chef cuisinier. Un bras se glissa autour de la taille du brun quand le Freelance l’entendit éternuer, l’amenant plus contre lui. Matthew fit une mine exaspérée.
 
- Tu fais chier, Jack… Je vais finir par te buter un de ces quatre.
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Lun 5 Mai - 16:38 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

-Mais non, mais non, comment je pouvais savoir, hein ? Je me suis trompé, c'est tout cari', avec la oscuridad que hay dehors, c'est pas facile de se repérer !

Personne en réalité, n'aurait pu deviner s'il le faisait vraiment exprès. Sa bouche étirée en un fin sourire et ses yeux malicieux ne dérogeaient jamais à l'attitude positive honnête qui émanait toujours de lui. Il était douceur, tranquillité, jamais on n'aurait pu douter de ses bons sentiments ...et pourtant, à le voir si content malgré leur situation présente, somme toute rocambolesque et peu enviable, il aurait pu passer soit pour un fou, soit pour un amoureux presque psychopathe.

Crépitements chauds du bois qui brûle. Les flammes s'intensifiaient peu à peu, prenant une teinte plus vive. Jack avait correctement étendu leurs affaires tout autour, espérant qu'elles sèchent rapidement pour se prémunir des basses températures. L'espagnol, accroupi près du camp, le ravitaillait en poussant des braises au centre du foyer grâce à un bâton un peu plus long qu'il avait déniché. Ses genoux ramenés contre lui, entouré pas un bras, les gouttes d'eau perlaient sur sa peau, refusant de s'évaporer. Les yeux bruns étaient posés sur l'homme, le détaillant pensivement, et d'entre ses lèvres chantantes, on put déceler quelques paroles destinées à Matthew.


-Il n'est jamais trop tard, hombre. J'ai une petite idée pour mañana, t'en fais pas querido.

Laissant sa phrase en suspens, il s'était allongé, espérant tomber de sommeil bien vite, mais il s'aperçut qu'il frissonnait encore. Hum, ce n'était pas bon ça, il ne désirait pas mourir d'hypothermie.

-Yo tambien te quiero Mateo mio, anda, viens contre moi que je te réchauffe de mon corps !

Souriant, il avait saisi le poignet, insistant jusqu'à ce que le freelance, lassé, ne décide de se laisser faire, enfin. Glissant une main sur la hanche du jeune chef, une autre entre les mèches blanches, Jack n'avait pas prévu cependant de prendre froid si vite. Un éternuement avait percé le silence relatif de l'endroit et on pu entendre peu après un rire amusé, presque secret. Son sourire s'était agrandi en sentant un bras autour de lui, et sa bouche vint se promener sur le visage de l'homme, susurrant près de l'oreille.

-Si tu me tues, je voudrais que tu me mange en entier, mi amor, ainsi je ferais partie de toi.

Ses doigts jouaient avec les mèches mouillées, les découvrant, avant de frôler doucement la nuque. Les sons berçaient leur étreinte. Chemin d'une vague qui s'attarde, se retire. Un courant d'air sifflant, loin au-dessus de leurs tête. Craquement des branches qui s'affaissent. Leur souffle, long et sourd. Des murmures chantés tout bas.

- C'est pas romantique ? Il manque plus que des grillades et une scène pornographique, cari'.

Les bras de l'espagnol avaient finis par enserrer le corps contre lui, s'imprégnant de la chaleur qu'il dégageait. De son odeur, de sa texture sèche. Ses phalanges retraçaient les nombreuses cicatrices qui éraflaient le dos, semblant les mémoriser, s'arrêtant un instant avant de continuer, patiemment. Le visage de Jack était retombé sur le sol. Se faisant entendre qu'il pouvait toujours courir après sa fameuse scène, il formula alors, yeux fermés, tandis que son souffle indiquait clairement qu'il s'assoupissait sous les caresses qu'il prodiguait et la chaleur qui revenait.

-Et les grillades ... ? On pourrait faire griller du poisson... on fabriquera ...des cannes à pêche...

Il avait enserré une dernière fois le dos de l'homme en sentant des frissons parcourir la peau du freelance. Ses paroles s'éteignirent en un sourire. Il avait fini par tomber dans le sommeil, fatigué par les évènements.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Lun 5 Mai - 20:42 (2008)    Sujet du message: Plat de résistance Répondre en citant

Matthew était certain que l’espagnol l’avait fait exprès, sinon comment aurait-il pu affirmer que la sortie devait être un peu plus loin ? Il avait dû savoir qu’il n’y avait pas de sorties possibles, et avait donc déjà commencé à préparer le feu avant même que le Freelance n’aille voir à l’autre bout de la caverne. Encore un de ses pièges. L’Otousan espéra simplement pour Jack que c’était le dernier qu’il lui faisait…

- Garde tes idées pour toi… Tu m’as l’air d’en avoir toujours des mauvaises de toute manière. Ca ne sert à rien…

Il s’était à présent installé assez confortablement contre l’espagnol. Le problème était juste le sol dur sur lequel ils étaient allongés. Il n’y avait d’ailleurs rien pour rendre la chose plus agréable, étant donné que leurs vêtements étaient trempés et ne pouvaient donc pas servir de matelas. Mais Matthew ne s’en offusqua pas. Il était trop fatigué pour s’énerver davantage contre l’homme qu’il tenait dans ses bras, et en avait assez de toujours hausser le ton avec lui. S’il obtempérait aux souhaites de l’espagnol, ce dernier devenait bien plus facile à vivre. Peut-être que s’il lui coupait la langue un de ces jours…

- … Ce n’est pas vraiment dans mes habitudes de manger de la viande humaine.

Les paroles de l’espagnol l’avaient rendu confus pendant un court instant. Instant durant lequel son sourcil s’était arqué alors qu’il réfléchissait à la signification profonde de ce qu’il venait de dire. A croire que Jack était vraiment fol amoureux de lui, tellement qu’il désirait même faire partie de lui après la mort. Il l’observa simplement, ne détournant pas son regard. Les mots résonnèrent dans sa tête alors qu’il les revoyait en boucle. A y penser, ce que demandait l’espagnol était réellement malsain, tordu. Mais peut-être Matthew était tout de même capable de le faire. Il ne savait pas.

- Très… Trop même. Et tu peux toujours courir pour ta scène pornographique. Tu en as déjà eu assez aujourd’hui.

Lui-même n’était pas vraiment une bête assoiffée de sexe, et une fois par jour lui suffisait amplement. Il sentit des droits frôler ses cicatrices dans son dos, mais ne dit rien. Elles éraflaient tout son dos, ces blessures du passé, qui s’entremêlaient les unes aux autres. Matthew ne savait pas d’où provenait telle cicatrice, et telle autre. Il y avait eu les coups de couteau, le fouet, les divers passages à tabac… Innombrables blessures physiques et psychologiques.

Regardant le chef cuisinier s’endormir doucement, il put constater que son idiotie le suivait même dans les prémices du sommeil. S’ils avaient assez de bois pour faire des cannes à pêche, lui les aurait plutôt utiliser pour alimenter le feu qui ne resterait probablement pas toute la nuit. Cette pensée le fit frissonner. Son autre bras alla se glisser autour de la nuque de l’espagnol, et il le rapprocha davantage de lui, l’entourant complètement, leurs corps encore mouillés s’emboîtant.

- Imbécile va…

Et il tomba également dans un sommeil sans rêves.

[Fin du topic]
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:38 (2018)    Sujet du message: Plat de résistance

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