Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas Index du Forum
Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas
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Une petite entrée.

 
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Dim 20 Avr - 17:01 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

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-Soy un nuevo parao, Camino del inem...

L'air que la radio diffusait dans les vastes cuisines blanches du restaurant rythmait les grésillements de fins morceaux de viande dans les grandes poêles huilées, le bruit sec du hachoir tranchant dans le lard gras, les mouvements pressés des serveurs qui entraient rapidement pour porter les plats en salle, les allées et venues des cuistots affairés entre les casseroles frémissantes.

-José, fait gaffe, t'es en train de cramer tes steaks là !

Dans cet envers du décor, les teints étaient bronzés, les chevelures, brunes, et les voix étaient chaudes, résolument ibériques, mais les accents se mêlaient sans problème. Entre tous ces bruits réunis, véritable vacarme pour les non habitués, on distinguait pourtant sans problème la voix grave et enjouée qui faisait écho aux paroles du cd.

-...Soy un nuevo pringao, Si, oh, si !

La suite, il la connaissait, mais se contenta de siffler la mélodie en retournant des entrecôtes cuites à point. Le grand homme au teint mat qui se tenait là aurait pu passer pour un des employés, rien de le différenciait d'eux. Pas de toque sur la tête, ses cheveux chocolat noir étaient simplement ramenés en une petite queue de cheval. Un tablier blanc par-dessus une chemise bleu nuit, dont les manches étaient remontées jusqu'aux coudes. Une paire de lunettes noires, inutiles dans un endroit tel que celui-ci, montaient son long nez. Sa barbe datait de quelques jours déjà, et n'invitait pas non plus à le considérer comme le Chef de l'établissement. C'était bien lui pourtant.

-Sauté de beauf accompagné de ses légumes pour la trois !

Jack attrapa fermement le manche de la poêle et fit glisser la viande dans des assiettes distinctes. Il était à fond dans son truc, et allait reprendre le refrain une nouvelle fois, quand une main tapota son épaule. Le brun se figea, avant de se retourner lentement, les sourcils froncés. Il avait été coupé dans son élan musical, sa moue se fit ennuyée.

-Juan, combien de fois je t'ai dit que je déteste qu'on me dérange quand je suis en train de chanter ?

Le cuisinier ne se démonta pas pour autant et déclara d'une voix assurée, venant murmurer à l'oreille de l'espagnol.

-Chef, on vous demande pour une commande. J'ai fait entrer les hommes.

Mh. Il croyait peut-être que ça changeait tout? Et bien non. D'abord. S'essuyant les mains sur son tablier, le cuistot fit un léger signe de tête vers les plats. Juan se chargerait de l'accompagnement et du reste et il se mettait déjà à l'oeuvre d'ailleurs, prompt à répondre aux ordres de Cánovas qu'on savait sympa, mais strict. Il avait donné du boulot à tous ces gens ici, et on lui était reconnaissant. Ceux qui ne l'étaient pas avaient, bizarrement, disparu de la circulation. Mais ce n'était pas si étrange que cela dans une ville telle que Kyouri. Jack haussa un sourcil en faisant craquer sa nuque. Il n'avait même pas remarqué, mais ses verres étaient couverts du buée et il n'y voyait pas à trois mètres. Sortant ses lunettes, il entreprit de les essuyer sur un torchon propre qui traînait sur un plan de travail, avant de les reposer sur son nez. Ce n'est qu'en relevant le menton qu'il put voir trois étrangers juste devant lui. Deux bruns, et un ...aux cheveux blancs. Avec un air glacial.

-Hola amigos !

Un grand sourire éclaira son visage, et il continua sur sa lancée, détaillant ses clients, une main posée sur sa hanche.

-Lequel de vous à besoin de nos services ? Je me ferais un plaisir de répondre à vos attentes. Jack Cánovas, Chef cuistot del Kinoto, à votre service !


Dernière édition par Jack Cánovas le Mer 30 Avr - 13:55 (2008); édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 20 Avr - 17:01 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Dim 20 Avr - 17:56 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Et voilà. C’était le début d’un nouveau chapitre dans sa vie, un nouvel acte. Matthew Coleman, chef des Freelances. Une chose à laquelle il n’avait jamais vraiment pensé. Le pouvoir ne l’attirait pas plus que cela, et travailler sous les ordres de Reishin n’avait eu rien de désagréable, au contraire. C’était simple, obéir aux ordres. Et maintenant, c’était lui qui prenait les directives. Le clan avait besoin d’un chef, et vite. Lui était disponible et qualifié. Alors on le mit sur le trône, sans vraiment demander son avis, et de toute manière il acceptait ce nouveau titre.

Les jambes croisées, il était assis dans la BMW qui le menait au restaurant Le Kinoto. Entre ses mains se trouvait le journal de la semaine, qu’il parcourut rapidement. ‘Nouvelle Disparition’, comme quoi, les informations allaient vite. Glissant son regard froid rapidement le long des pages, il tomba sur l’horoscope, mais ne s’y attarda pas, voyant simplement des mots tels que « amis », « joies » et « amoureux ». Ce n’était que des idioties, et seules les femmes stupides croyaient en ce genre de choses superficielles. Le destin n’était jamais décidé à l’avance, et il doutait qu’un horoscope puisse aider une quelconque personne à y voir plus clair. Pliant le journal, il descendit de la voiture quand ils arrivèrent, et le glissa sous son bras. En face se trouvait le fameux restaurant, déjà bondé alors que l’heure du dîner venait à peine de commencer. Les cheveux bien coiffés en arrière, habillé d’un costume deux pièces noir et d’une cravate de la même couleur, il s’engouffra à l’intérieur, avec deux de ses hommes.

Le maître d’hôtel les regarda de haut en bas, et muni d’une intuition fortement accrue, il les emmena directement vers les cuisines, traversant la salle où quelques personnes de la haute société dînaient tranquillement, sans même lever un regard. Matthew se retrouva alors devant un cuisinier, du nom de Juan s’il pouvait en croire la plaquette accrochée au haut de son tablier.

- Jack Cánovas est-il là?

Hochant la tête, le cuisinier s’absenta pendant quelques instants. Attendant patiemment que le chef cuisinier du Kinoto arrive, Matthew observa les lieux. Une atmosphère assez chaude, accueillante. Des cuisines blanches, propres. Personne ne se doutait de l’origine de la viande, et ce fut avec un sourire intérieur que le chef des Freelances regarda les clients déguster la viande rouge, la coupant, la mâchant, avant de l’avaler. Que cela était glauque, vraiment… Si seulement ils savaient, quelle tête feraient-ils ?Posant le journal sur une table, où trônait un vase et un bouquet de roses rouges, il vit du coin de l’œil un grand homme brun, aux allures robustes, se diriger vers eux, avant de s’arrêter pour essuyer ses lunettes. Ce n’était quand même pas lui, le gérant ? Si ? Lâchant un soupir devant l’apparence négligé du dénommé Jack Cánovas, sa première impression fut vérifiée aux paroles que lâcha sur un ton jovial le brun. Matthew s’avança.

- Matthew Coleman. Je pense qu’un endroit plus clos conviendrait mieux à la conversation que nous allons avoir.


Tournant la tête vers ses deux hommes, il leur fit signe de retourner à la voiture, n’ayant aucunement besoin d’eux. Il savait qu’il n’avait pas vraiment fait preuve de beaucoup de politesse envers Jack, mais n’avait pas le temps de s’attarder sur les formalités. A vrai dire, il aurait voulu venir plus tôt, avant l’ouverture du restaurant, mais n’avait tout simplement pas eu le temps, avec toutes les obligations qu’il endossait à présent… Serrant rapidement la main du cuisinier, il le détailla d’un peu plus près, fronçant légèrement les sourcils. Une bribe de souvenir l’effleura, s’évaporant aussi vite qu’elle était venu. Peut-être l’avait-il déjà croisé un jour, pendant une visite sur le territoire des Freelances pour voir Reishin. Quoi qu’il en soit, lui aussi était là pour affaires. Ce manque d’effectifs dans leur rang était dramatique, et il avait donc besoin de faire de la sous-traitance s’il voulait arriver à quelque chose.

- C’est à présent moi qui demanderais vos services, à la place de Reishin Lan.

Au cas où le cuistot n’avait pas lu le journal, ou pas compris la situation, on ne savait jamais après tout, avec des gars loufoques comme lui…
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Dim 20 Avr - 18:52 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Notre cuisinier remarqua bien que son apparition avait blasé encore plus le mec du milieu là, le plus spécial des trois, et il faillit éclater de rire à la tête que le pauvre homme avait tiré. Il était mal tombé s'il s'agissait de faire affaire dans le calme et le sérieux. Vu que c'était ce mec qui prenait la parole d'ailleurs, il n'y avait plus aucun doute quand à son rang par rapport aux deux autres. Jack plissa les yeux, détaillant la carrure, cette silhouette impeccablement vêtue, et l'aura décidément froide qui se dégageait de...

-Señor Coleman ?

Jack roulait exagérément les "r" sans complexe, et plaçait de temps à autres des mots ou expressions natales dans ses phrases, oubliant ses interlocuteurs perdus par ce langage métissé. Son sourire se fit plus grand. Il avait bien deviné alors, dès le premier coup d'oeil, sans rien laisser transparaître qu'un air jovial. Son pouce et son index vinrent jouer un instant avec la branche droite de sa paire de lunettes, les remettant correctement en place, alors qu'il l'écoutait parler, sans rien dire de prime. Ce n'est que lorsque les gorilles entourant son futur client s'éloignèrent qu'il leva ses deux paumes, serrant chaudement la poignée sèche, écoutant ce qui se disait sans en avoir l'air.

-Okay, Mateo, je sens que faire affaire avec toi sera un plaisir, j'ai un sixième sens pour ça, c'est comme la cuisine ! Mais je t'en parlerais plus tard, dans mon bureau !

Et voila qu'il partait dans ses monologues persos. Il savait déjà, bien sûr, grâce à un article d'un jeune journaliste prometteur, que les freelances avaient quelques soucis avec leur représentant. Il avait donc face à lui un client de taille, l'Otoosan fraîchement mis à la tête de l'organisation qui, pour l'instant, surpassait les autres en ville. Au fait, Jack ne s'était pas trompé en parlant, il avait bien tutoyé l'iceberg tout en prenant la liberté de traduire son nom en latino, ce qui revenait presque à un surnom. Une main rugueuse partit se poser derrière l'épaule de Matthew, et le Chef-cuistot l''entraîna ainsi à-travers les cuisines tout en déblatérant.

-Alors, c'est chouette le poste de chef, hein ? Pas trop débordé ?

Sourire éclatant. Il était très bien au courant du manque d'effectif évident chez le groupe mafieux. Après les cuisines il le mena le long d'un couloir troué de portes blanches. Des salles frigorifiques en grand nombre. Tout au bout, l'espagnol consentit enfin a ouvrir une porte, flanquée des lettres à son nom.

-Entres et assieds-toi, fais comme chez toi, hombre !

Il referma la porte derrière eux. L'endroit n'étais ni petit, ni grand assez spacieux pour contenir un bureau en bois clair, jonché de piles de feuilles et d'un porte-crayons remplis a ras bord de stylos en tout genre. De part et d'autre, des fauteuils de cuir ocre invitaient à s'y laisser aller. Un rangée d'étagères de la même boiserie que le bureau occupait tout un mur de la pièce, certain des tiroirs entrouverts laissaient d'ailleurs entrevoir des dossiers épais. Quelques plantes en pots parsemaient les coins et les meubles, égayant les lieux, tout comme son propriétaire qui partit s'installer fesses contre le rebord du bureau, pour détailler Coleman.

-Quelque-chose à boire peut-être ?

Et il partit directement fouiller dans le mini bar présent près de lui pour en sortir un verre, préparant un whiskey pour son invité. Jetant des glaçons dedans, il continua.

- Parles-moi de notre affaire, mister ! Pour les détails j'ai besoin de connaître le nombre, la nationalité et l'état des corps, les plaies, blessures, poisons ou maladies qu'ils portent s'il y a, la manière dont ils ont été tués quoi.

Il tendit son verre empli de la boisson ambrée à l'Otoosan, se servant par la suite une coupe de vin rouge. C'est que monsieur avait du goût, et préférait les alcools sains, comme il disait. Quand au fait qu'il avait servi l'homme sans même attendre de réponse, c'est que souvent il avait les bonnes intuitions concernant les habitudes de consommation des personnes. C'était assez pratique, vu son métier.

-Ah ! Et il va s'en dire qu'on se tutoie, Mateo !

Smile.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Dim 20 Avr - 20:58 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Un espagnol en plus. Ce gars-là était-il sérieux ou bien était-ce une plaisanterie, et Jack Cánovas n’était pas ce gai luron qu’il avait en face de lui ? Matthew avait du mal à le voir dans un trafic aussi sinistre à vrai dire mais comme on dit, ne jamais se fier aux apparences. Après tout, il y avait beaucoup de… personnes spéciales chez les Freelances, et si Reishin avait d’ores et déjà demandé des services à ce Jack, plusieurs fois d’ailleurs, cela voulait dire qu’il était compétent, contre toute attente.

Deux mains chaudes serrèrent la sienne, et jetant un coup d’œil à leurs doigts entrelacés, Matthew retira rapidement sa main. Il ne pouvait donc pas serrer la main correctement ? Vraisemblablement, discuter avec cet homme n’allait pas être une partie de plaisir, surtout que le tout jeune chef avait du mal à digérer cette attitude qu’il jugerait inqualifiable. M’enfin, il était venu aujourd’hui, mais la prochaine fois, il enverrait probablement quelqu’un d’autre se charger de la commission. Il voulait juste vérifier les dires, et peut-être goûter la cuisine de l’espagnol. Manger ses pairs ne le dérangeait pas, et qui sait, peut-être la viande était-elle meilleure. Une main sur son épaule le sortit de ses pausées morbides et il suivit le grand brun, restant silencieux une bonne partie du trajet, n’ayant rien à dire à un inconnu après tout.


- Un peu, mais on s’y habitue…


Passant devant les salles frigorifiées, Matthew ne put s’empêcher de se demander quelle gueule devait avoir la viande. Est-ce que le personnel était autorisé dedans ? Une curiosité assez malsaine le prenait, mais il ne demanda point de questions, se contentant d’entrer dans le bureau quand demandé. Regardant autour de lui alors qu’il s’avançait dans la pièce, il se laissa tomber dans un des fauteuils couleur ocre, juste en face du bureau. Ce n’était pas du tout comme chez lui. Le cuir était confortable sous son poids, et il croisa les jambes, ses yeux s’arrêtant sur les piles de dossiers et les plantes vertes. Au moins, Jack Cánovas avait l’air un minimum organisé dans ses affaires.

- Un whisky sera parfait.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le verre se trouvait déjà devant lui. Quelque peu surpris par la vitesse de Jack, il se demanda un instant comment avait-il pu savoir ce qu’il voulait. Prenant le verre, il le posa sur un bras du fauteuil pour sortir un petit calepin de sa veste et l’ouvrant, parcourant les quelques feuilles, le visage fermé. Il cherchait les informations que venait de lui demander le brun, et tomba sur les quelques clichés que ses hommes avaient prit. Après tout, Matthew avait prévu le coup, et se doutait bien que Jack lui demanderait des informations précises concernant les cadavres à faire disparaître.

- J’ai besoin de me débarrasser de six cadavres. Ils sont frais. Hier encore ils gambadaient joyeusement dans la rue. Tous de nationalité japonaise sauf un qui était français. Un stupide touriste qui s’est fait embarqué dedans.

Matthew fit une petite pause et lui donna les quelques photos qu’il avait. Prenant le verre de whisky dans la main, il en sirota quelques gorgées, ses yeux parcourant les notes qu’il avait prises dans le rapport de ses hommes de main. Pauvre petit Jean Dupont. Sa famille ne saura donc jamais ce qui lui est arrivé.


- Ils étaient tous en parfaite santé. Deux d’entre eux avaient probablement un fort taux d’alcool dans le sang étant donné qu’ils rentraient d’une soirée. Pour ce qui est des blessures, vois toi-même. Deux têtes explosées, trois autres trouées par les balles, au niveau du thorax, et le petit dernier a été planté dans le dos.

Voilà, tout avait été dit, et résumé dans un petit récit concis. Buvant de nouveau quelques gorgées de l’alcool, il sentit sa gorge se réchauffer, ainsi que son corps. Il ne restait plus qu’à se mettre d’accord sur le prix, et il pourrait partir. L’idée de rentrer chez lui et de se reposer lui paraissait alléchante, et il n’avait plus rien à faire mis à part cet entretien avec Jack. Se levant, il contourna le brun pour attraper un stylo, avant de se réinstaller dans son fauteuil, griffonnant sur une feuille vierge de son calepin une adresse, qu’il donna au cuisinier.


- Ne voulant pas qu’ils périment, je les ai mis dans une salle réfrigérée. Tu pourras les récupérer à cette adresse. Le plus vite sera le mieux, bien entendu.
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Dim 20 Avr - 21:40 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Pas très bavard l'interlocuteur, tout son contraire à vrai dire ! Mais le brun ne désespérait jamais et avec personne, gardant toujours un air jovial, riant de n'importe quoi. Il était la chaleur incarnée, celle d'un soleil en plein été, qui tape sur une plage, sur une montagne aux coteaux desséchés. Autant dire que si on gardait cette comparaison, ils étaient beaucoup ceux à se prendre des coups de soleil à force de le côtoyer.

L'espagnol cachait bien son jeu en ce qui concernait la chair fraîche. Et pas seulement du genre qui était entreposé dans ses salles frigorifiques... de toute évidence, dès qu'il avait posé l'œil sur Matthew, quelque chose avait fait tilt. Et il se devait de mettre ses petits projets perso à exécution. Ainsi donc, il écouta attentivement les informations données, assis sur son bureau, il se pencha en arrière pour ouvrir un tiroir et attraper une feuille blanche qu'il plia, afin de prendre note de ce qui se disait.


-C'est pas mal du tout, six d'un coup ! Ça me déçoit pas, au moins tu prends bien la relève del señor Lan !

Un crayon dans la bouche, il commentait pensivement, plus pour lui-même qu'autre chose.

-Un français... ça va faire changement ça. Y'aura de la viande exotique, ça nous arrive pas tous les jours ça...mh... on en à fait une fois, il parait qu'elle était très tendre, mais un peu filandreuse, enfin on verra bien.

Balançant ses jambes dans le vide, il reporta son regard sur l'homme qui buvait enfin, insouciant. Grand sourire. Jack tendit le bras pour attraper les photos et son regard expérimenté les détailla, relevant dans sa tête tout ce qu'il pourrait en faire.

-Dommage pour la cervelle, on en manquait. Par-contre faudra voir si vos balles ont pas touché des organes goûteux, ça serait pas fameux sinon ! Pour le dos c'est pas grave, ça peut d'arranger !

Que de délicieuses recettes en perspective ! En ce moment les stocks étaient d'excellente qualité, et les affaires marchaient bien, autant d'un côté que de l'autre. Le cuisinier reposa son verre a moitié vide et attrapa un trombone pour réunir les documents en un tas, tout en se levant, pour parcourir l'étagère des doigts. Ses phalanges frôlaient des noms de code interminables pour chaque dossier, s'arrêtant parfois, avant de reprendre leur recherche. Enfin, sa main se stoppa et il glissa les photos dans un portefeuille en plastique jaune. Le temps qu'il fasse tout ceci, son petit manège aurait certainement commencé à montrer ses effets. Se retournant vers Coleman, il dénoua son tablier blanc, le laissant sur le dossier de sa chaise du bureau et dévoilant le fait que sa chemise était à moitié boutonnée.

-Bien ! Es perfecto, hombre, perfecto !

Le papier alla rejoindre une pile de documents importants sur son bureau, et le brun reporta son attention sur le client.

-Donc, il ne reste qu'à régler la question del precio. Et j'ai déjà ma petite idée dessus, Mateo ... il ne sera fixé ni en yen, ni en dollars.

Sa main sèche partit caresser la joue piquante de l'Otoosan. Il souriait, tout content de lui. D'ailleurs il ne tarda pas à se pencher pour voler un baiser à l'homme. Presque timidement au début, sa bouche se fit plus demandeuse et il finit par lui rouler une pelle, comme qui dirait. Sa main glissée dans les cheveux blancs empêchait tout retrait, et le seconde, sournoise, s'était glissée dans l'échancrure du costume, tirant sur le col. Coupant le contact de leurs bouches, il vint sans complexe mordiller une oreille, avide, tout en soufflant, quelque peu essoufflé par le manque d'air.

-Je pense bien que tu vois de quoi je veux parler.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Lun 21 Avr - 21:02 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Matthew l’écouta parler tout seul. Ce n’était pas comme si c’était lui personnellement qui avait abattu les six personnes, et au départ, il n’y avait que deux cibles. Le reste avait été des gardes du corps, et un petit touriste français. Il était assez mignon d’ailleurs dans son genre. Blond, yeux bleus, certes exorbités sur la photo, et puis peu abîmé vu qu’il ne s’était pris qu'un coup de couteau dans le dos. Ce que Jack disait était assez intéressant, surtout si il décidait de venir manger un de ces quatre dans son restaurant. Au moins, il saurait ce que voudrait dire ‘viande exotique’. Peut-être qu’il ramènerait un cadavre espagnol avec lui la prochaine fois, histoire de voir la tronche que pourrait tirer le chef cuistot en voyant un homme de son pays natal. Serait-il indifférent quant à la provenance, ne penserait-il qu’au goût qu’aurait la viande, ou bien serait-il indigné ? Aucune idée. Ce gars-là semblait imprévisible, et Matthew n’arrivait pas à savoir ce qu’il pensait derrière ses lunettes de soleil, d’ailleurs inutiles dans un restaurant où le soleil n’était point présent.
 
Suivant du regard le brun qui s’était levé pour ranger avec précision les informations données, le jeune chef avala les dernières gorgées de whisky, laissant les quelques glaçons à l’intérieur fondre. Il tenait toujours d’une poigne ferme le verre, et desserra sa cravate, retirant également sa veste. La température semblait avoir augmenté dans la pièce. Certes, le printemps n’était pas doux cette année, un peu frileux même, mais ce n’était pas la peine d’allumer autant le chauffage. Fronçant les sourcils, Matthew resta néanmoins silencieux, ne faisant aucun commentaire.
 
- C’est-à-dire… ?
 
Il n’était pas dupe, loin de là. Ce regard plein de convoitise, et cette main qui toucha sa joue, la caressant sans pudeur. Sa prise se resserra sur le verre et il grinça des dents, comprenant soudainement ce qui lui arrivait. Deux lèvres gourmandes s’étaient posées sur les siennes, et une langue s’insinuait dans sa bouche, l’explorant allégrement. Il voulut se retirer, mais deux mains fermes le retenaient, le tirant, le plaquant contre Jack. Ses doigts se refermèrent sur l’avant-bras de l’homme, et il grogna, mordant avec violence cette langue. Le verre tomba par terre dans un fracas, les glaçons s’échappant, alors qu’il s’était levé, repoussant le cuisinier. Un air dégoûté s’affichait sur son visage.
 
- Comment as-tu osé, salopard ?
 
Dès le début, il ne l’avait pas trouvé très net. Mais la chaleur s’accumulait dans son corps, au niveau de son bas ventre, et il sentait l’excitation, l’adrénaline monter en lui. Agrippant l’espagnol par le col de sa chemise ouverte, il le balança sur le bureau, le plaquant dessus. Le chef des Freelances était furieux. Contre lui, pour s’être laissé avoir comme un bleu, et contre Jack Cánovas qui avait osé lui faire un coup pareil. Pourtant, un sourire sournois apparut sur ses lèvres et il se baissa, se retrouvant à quelques centimètres du visage de l’homme.
 
- Si c’est une partie de jambes en l’air que tu veux, soit. Mais je ne me laisserais pas dominer par un type de ton genre. Tu me débectes, Jack. Ta sale gueule ne me revient pas.
 
Il ne pouvait retenir ses pulsions davantage, les aphrodisiaques parcourant ses veines, chauffant son sang, ses sens. Défaisant rapidement la chemise du chef cuistot, il ne tarda pas une seconde de plus, commençant à dévorer son cou, laissant des marques rouges vifs sur le teint halé. Ses doigts glissèrent le long du torse sculpté de Jack, pinçant au passage ses billes de chair, jouant cruellement avec. Ses mains partirent défaire la ceinture qui retenait le pantalon de l’espagnol, alors que sa bouche dansait sur son corps, descendant jusqu’à son ventre. Il n’avait aucune envie d’être doux avec lui, au contraire. Son attitude l’insupportait, malgré le fait que cela ne faisait que quelques instants à peine qu’ils se connaissaient.
 
- T’es qu’un sale petit con, Jack. Je vais m’occuper de ton cas.
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Mar 22 Avr - 18:24 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Fracas du verre se brisant sur le sol. Se passant la langue sur les lèvres, sa bouche était emplie d'un liquide chaud au goût métallique. Il n'y était pas allé de main morte, le récent Otoosan. Pourtant un sourire insatiable ornait toujours le visage de Jack, qui s'essuyait du revers de la main le sang sur le coin de sa bouche. Les insultes n'avaient aucun effet sur lui, et l'amusaient même, il rit doucement.

-Comment j'ai osé ? Mais c'était trop tentant, mi pequeño Mateo !

Son dos cogna contre le rebord de son propre bureau l'instant d'après, mais il riait toujours en voyant l'état dans-lequel se trouvait l'homme, et surtout en s'imaginant les effets qu'il devait bien ressentir à présent. A vrai dire, c'était la première fois que l'espagnol employait ce genre de moyen. D'habitude il préférait charmer, mais il savait que quand ce qu'il attendait depuis longtemps ferait enfin son apparition, il serait contraint d'user de la manière forte pour l'obtenir. En réponse à sa réplique, le bronzé ne trouve donc rien d'autre à répondre qu'une mine toute réjouie de tant de réactions.

-Non Mateo, ça peut pas se passer comme ça tu comprends, sinon ça ne marchera jamais ! Je ne peut pas te laisser faire, désolé !

Et il lui vola un gentil baiser, vu que la bouche de son interlocuteur de trouvait tout près. Les remarques sur sa personne, il ne les relevait jamais, s'offensant pour une seule et unique chose: tout ce qui avait trait à la cuisine. Mais en ce moment il n'y songeait pas, concentré sur la scène qui se déroulait dans son bureau. Le laissant extérioriser un moment les pulsions qu'il devait ressentir, le brun riait sous ses attentions peu charmantes, lui même avait tranquillement déboutonné la chemise de l'américain, caressant cette peau ferme marquée par les blessures, et il avait plongé le visage dans le creux du cou, mordant la chair, la suçant.

Jack avait également des souvenirs physiques: sous la clavicule droite, la marque de balle était bien visible, et des cicatrices plus ou moins importantes barraient son dos large. Mh, en tout cas, Coleman aurait de jolies traces rouges pendant un bon moment après ça. Essoufflé a force de rire et de marquer sa peau, il redressa le menton quand la voix du freelance se fit entendre.


-Hey, je parie que je suis más grande que tú d'abord !

Tout se passa en un éclair. Profitant du fait que l'homme était occupé au niveau de son ventre, il retourna la situation, plaquant l'Otoosan dos contre le meuble. Il tenait fermement ses poignets, l'empêchant de se débattre, tout du moins, le temps qu'il défasse la ceinture de Matt', faisant glisser pantalon et boxer plus main pour caresser activement le membre déjà chaud. Voila qui ne lui donnerait plus envie de dominer qui que ce soit ! L'élastique qui retenait les cheveux épais du Chef cuistot s'était envolé plus loin, et les mèches sombres balayaient à présent son visage amusé, chatouillant la peau de Matthew lorsqu'il se pencha sur lui.

-Je t'ai dit non, Mateo, t'es incorrigible !

Il se lécha deux doigts en souriant, cachant son excitation qui grimpait en flèche à la vision de l'homme allongé sous lui. Ses phalanges humides ne mirent pas longtemps à s'insérer entre les cuisses de son client, alors que, pour occuper sa bouche, Jack dévorait avec une avidité non dissimulée les lèvres, appréciant leur goût d'alcool, de sang et de tabac. Il étirait les chairs étroites, accélérant en les sentant plus détendues, à cause de l'aphro sans doute, son autre main était occupée à enserrer l'érection, l'empêchant de venir trop vite, alors qu'il soufflait sur l'oreille qu'il venait de maltraiter de ses dents.

-Alors pequeño Mateo, tu te sens bien ? Regarde-moi, c'est moi et moi seul qui te fait tant d'effet.

Bon ok, la dose de poudre qu'il avait distillée dans l'alcool y était pour quelque chose, mais il s'en fichait. Après tout, c'était ça ou rien, et il n'était pas question d'en rester au rien. Ignorant tout compte fait la réponse, si réponse il y avait eu ( lui n'écoutait que ce que lui dictait son coeur ! ), il retourna embrasser avec ferveur l'homme, retirant ses doigts.

-Je parie que tu as une petite entrée !

Entre-temps, l'espagnol avait fini de baisser son propre pantalon. Une cuisse musclée fut soulevée tandis qu'un bras entourait les épaules du freelance, le tenant contre le plan de travail, et , sans prévenir, le cuistot se glissa lentement en lui, appréciant les sensations des chairs en effet très étroites, en gémissant longuement et bruyamment, satisfait.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Mar 22 Avr - 22:59 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Matthew gronda doucement au surnom que lui avait donné le chef cuistot. Ses doigts glissèrent sur la peau lisse, trouvant une imperfection sous sa clavicule droite. Relevant la tête, il détailla de plus près la blessure. Une balle avait probablement dû traverser sa peau et s’enfoncer plus loin. Ne s’y attardant pas plus, il retourna au ventre de Jack, n’écoutant pas les paroles qu’il prononçait. Qu’est-ce qu’il s’en foutait d’ailleurs ! Il pouvait pas se la fermer de temps à autre ce putain d’espagnol, hein ?

Son corps s’échauffait de plus en plus. Il avait déjà eu droit à des aphrodisiaques dans le passé. C’était d’ailleurs l’un des seuls moyens de pouvoir coucher avec Matthew si ce dernier ne voulait pas de vous. Ce que le cuisinier avait d’ailleurs compris. Même la chemise ouverte, le jeune chef avait toujours aussi chaud. Il étouffait presque, se sentait comprimé. Ses reins le brûlaient. Il fallait qu’il le fasse, ou allait finir par devenir fou. C’était quoi comme marque d’aphrodisiaque d’ailleurs ?


- Ouais, c’est ça. On va voir ça, Jack, si t’es plus grand ou pas.

Alors qu’il soufflait sur son nombril, les situations s’inversèrent. Plaqué durement contre le bois du bureau, les mains immobilisés par la poigne ferme de l’espagnol, il grinça des dents en lui jetant un regard noir alors que ses vêtements lui étaient retirés. Son membre était déjà dressé et il frissonna en sentant les doigts de Jack l’enserrer, le caressant lascivement, le contrôlant partiellement ainsi. La poudre glissée dans son whisky l’empêchait d’agir comme il le ferait d’habitude, et il poussa un gémissement, ses doigts se crispant, tentant de s’échapper de cette prise ferme.

- Va te faire foutre Jack !


Matthew se crispa et son dos s’arqua en sentant deux doigts entrer en lui. Combien de temps cela faisait-il donc depuis la dernière fois qu’il avait été pris ? Il refusait, ne pouvait accepter une telle humiliation. Sur un bureau en plus, de nouveau. Mais le plaisir exercé sur son entrejambe était insupportable, et tout ce qu’il souhaitait était de pouvoir venir. Il pouvait également sentir les longues phalanges du chef cuistot s’activer au niveau de son intimité, écartant ses chairs, et étrangement, il avait moins mal que ce qu’il ne pensait. Douleur et plaisir revenaient au même à ce point dans l’histoire pour Matthew. Des étincelles de plaisir parcouraient sa colonne vertébrale, et un grognement de frustration lui vint.

- Ta… gueule, merde ! Sale connard, va !

Une fine pellicule de sueur s’était déposée sur son corps. Son pouls s’affolait, son sang pulsait dans ses veines et il grogna de nouveau quand les doigts furent retirés, habitués à leur présence, et en désirant plus. Son regard brûlait de désir, comme si une flamme s’était allumée dans ses yeux d’ordinaire froids.


- Moins que la tienne peut-être.


Le chef des Freelances gardait toujours sa pointe de moquerie, même s’il n’était pas en position de force dans cet échange brutal. Laissant Jack manipuler son corps, le bouger comme il le souhaitait, il se redressa légèrement sur les coudes, sa chemise tombant sur ses avant-bras. Il gémit longuement quand Jack le pénétra, et ressentit tout de même de la douleur malgré la douceur avec laquelle l’espagnol le prenait. Voulant la chasser le plus rapidement possible, son autre jambe entoura la taille du cuisinier pour l’enfoncer d’un coup sec en lui, sa tête se rejetant en arrière. Il enfouit son visage dans son cou, fermant les yeux, le souffle court. Des souvenirs désagréables lui revenaient en mémoire. Une pièce pareille à celle-ci bien que décorée avec plus de goût, un homme en costard cravate, installé à son bureau. Lui, au milieu de la pièce…

- Fuck… Bouge-toi quoi !

Il s’impatientait, et la frustration sexuelle augmentait. Ses mains allèrent encercler le cou de Jack, comme s’il allait l’étrangler, mais ne firent rien de tel, l’utilisant simplement comme support pour happer les lèvres de l’espagnol. Il les dévora. Littéralement. Une main glissa le long d’un bras musclé, pour finir au niveau de la hanche, griffant la peau, la faisant rougir.
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Mer 23 Avr - 17:05 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

-Tu as un langage des plus raffinés mi querido !

En effet, depuis qu'il s'était rendu compte de la supercherie, l'ancien Jikkei avait balancé sa pseudo politesse aux ordures et sortait injures sur injures, amusant de plus belle notre cuisinier. Jack se doutait que ce qu'il faisait en ce moment même, peu avait eu l'occasion de le mettre en oeuvre, ce qui était une très bonne raison de plus pour le pousser à continuer d'ailleurs. Ses doigts en lui, sur lui, il ne pourrait les oublier de sitôt, et en soi c'était tellement réjouissant que le brun avait du mal à se retenir de le violer sur le champ. Il se fit cependant patient et doux, du moins en tenant en compte la situation, il faisait son maximum pour que ça le soit. L'espagnol avait rit doucement à la réplique sur la peau moite, en retirant ses doigts mouillés.

-Ah, ça, tu ne le sauras pas sauf si tu t'y aventures un jour !

On ne sait jamais, comme on dit, demain est un autre jour, et même le glaçon vivant n'avait de maîtrise sur le cours des évènements. Tout dépendait de tant de facteurs, inconscients ou non, qu'il était impossible de songer à renverser quoique ce soit sans en subir des conséquences directes. C'est ce que s'appliquait pourtant à faire le latino. Des cheveux de neige glacée, un air nonchalant, une voix dénuée de passion, un mental mécanique. Lui s'en était souvenu bien sûr.
Car il avait trouvé l'incarnation de son parfait contraire.

Jack était plus excité que jamais. Bien que son esprit légèrement déviant se perde en des contrées lointaines, il était tout à fait conscient de geste qu'il venait de commettre. Il venait de la prendre, et cette chaleur ainsi que la pression exercée autour de lui, lui faisait tout simplement perdre la tête. Ce fut seulement quand il se sentit brusquement entièrement attiré entre les chairs brûlantes qu'il poussa un grognement, situé entre la douleur et le plaisir. Le chef cuistot se mit bientôt en rire doucement dans le creux du cou.


-C'est moi qui te fuck today... et tu sembles bien pressé pour quelqu'un qui "ne se laisserait jamais dominer", no estás deacuerdo ? En fait tu..adores ça.

Ses lèvres répondirent avec envie à celles qui les sollcitaient, enchanté par l'initiative, l'espagnol se décida enfin à "bouger", comme dirait Matt'. Mais rien que pour le faire enrager, il avait entamé de langoureux et profonds mouvements de hanches en lui, se délectant des sensations procurées, sa bouche coupa court au baiser brutal et partit mordiller ce cou déjà marqué à plusieurs reprises. Ses doigts dans le do, passaient et repassaient le long des blessures. Ses propres gémissements faisaient écho à ses allées et venues dans la pièce, alors que, subtilement, il accélérait.

Les prunelles caramel s'étaient perdues quelque part sur le torse de Matthew, légèrement ailleurs. Il les plongea dans celles du freelance, aussi noires qu'un gouffre sans fond, en soufflant, entre deux geignements.


-Tu as le regard qui brille hoy, Mateo ! J'aime ça...

Et il changea leurs positions sans prévenir. Écartant les genoux des deux mains, il allongea carrément l'homme contre le bureau. Des crayons tombèrent dans un cliquetis, des feuilles s'éparpillèrent, mais il n'avait d'yeux et d'oreilles que pour le corps qu'il pénétrait à présent avec plus d'aisance, touchant sans doute son point sensible à chaque coup. Le visage à quelques centimètres de celui de l'américain, le brun ne se gênait pas pour exprimer oralement ce qu'il ressentait, ses lèvres avides de chaque muscle, exploraient la mâchoire, le front couvert de sueur.

Elles se posèrent sur la cicatrice qui barrait le nez, avant de pousser un râle plus fort que les autres. Il n'avait pas su se retenir en sentant les chairs, déjà étroites, se resserrer davantage. Haletant, Jack resta un moment ainsi, reprenant son souffle et ses esprits. Il se remit à rire doucement, réembrassant l'Otoosan au bout de seulement quelques minutes.


-Vraiment...une..très petite...entrée...

Le sentant presque prêt à repartir à l'attaque, le cuisinier se retira doucement en grognant, et attrapa un paquet de mouchoirs dans son bureau. Avec un grand sourire aux lèvres il essuya rapidement son confrère de leur semence, avant de faire la même chose sur lui-même. Il jeta le tout à la poubelle, et remonta boxer et pantalon rapidement avant de s'étirer longuement, encore sous l'effet euphorique de l'acte.

-Dios mio, je pensais pas arriver à le faire un jour ! Mais comme on dit, quand une occasion se présente il faut savoir s'en saisir, no ?

Il avait alors une mine rayonnante en s'adressant à Mateo.
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Jeu 24 Avr - 21:49 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Matthew était le champion pour oublier beaucoup de choses de son passé, mais s’être fait dominé de cette façon… il prenait cela comme une humiliation, une atteinte contre sa personne. Et il avait raison. Tout cela n’était-il pas un viol en somme ? Il ne se souvenait pas avoir été d’accord pour payer Jack avec son corps, et ce salopard avait utilisé des aphrodisiaques. Comme quoi, le chef devrait être plus sur ses gardes, quitte à être paranoïaque.
 
- Je me vengerais, connard, tu verras !
 
Phrase soufflée entre deux halètements. La douleur était plus que supportable, mais les paroles de l’homme étaient insupportables pour leur part. Pour qui se prenait-il, avec ses grands airs ? Mais il avait finalement commencé à bouger. Matthew émit un grognement. Etait-il obliger d’y aller si lentement ? Ou bien voulait-il qu’il le supplie d’aller plus vite ? Le regard noir, il resta silencieux, mis à part pour les quelques gémissements qu’il poussait de temps à autre. Tout son corps répondait à cette étreinte délicieuse, même si son esprit, lui, était dégoûté d’un tel acte. La passion l’emportait sur la raison, et bientôt, Matthew laissa son attitude froide et désinvolte au placard, commençant à s’enflammer, son désir augmentant graduellement.
 
Il pouvait sentir le membre dressé de Jack aller et venir en lui, se glisser dans son intimité étroite. Et leur position changea brusquement. Le dos plaqué contre le bureau, les cuisses plus ouvertes, le jeune chef lâcha un cri de plaisir en le sentant frapper contre sa prostate. Ses doigts s’agrippèrent au rebord du bureau, son autre main s’enfouissant dans la chevelure épaisse de l’espagnol, tirant dessus. Les yeux fermés, ses sensations étaient décuplées. Des lèvres se promenaient partout sur son corps, l’embrassant. Une voix rauque lui parlait sans cesse, mais il ne l’écouta pas. Sa voix commençait à porter, preuve qu’il ne pouvait nier le plaisir que Jack lui donnait. Il savait qu’il ne pourrait se retenir encore bien longtemps, et après quelques coups de reins puissants, il finit par se répandre sur leurs deux estomacs, son cœur manquant un battement. Peu de temps après, il sentit le chef cuisinier venir en lui et le remplir de sa semence.
 
Matthew reprit rapidement son souffle, et rouvrit les yeux, les cheveux à présent décoiffés et tombant autour de son visage. Répondant avec ferveur au baiser, il lui mordit les lèvres violemment, reprenant conscience de la situation, de ce qui s’était passé dans cette pièce. Jack se retira de lui avant qu’il ne lui dise de le faire, et il grogna, le plaisir se dissipant. Il se redressa, assis sur le bureau alors que Jack l’essuyait rapidement. Lui voyait rouge. Il avait une envie pressante d’éclater le visage de l’homme contre son bureau, et la colère montait rapidement en lui.
 
- A le faire un jour ? Tu planifiais ça depuis combien de temps hein, sale con ?
 
Rhabillé grâce au soin de Jack, le jeune chef descendit du bureau. Une légère douleur le lançait au niveau de son arrière-train, et il agrippa l’espagnol, le plaquant au sol. Le souffle court alors qu’il était au dessus de lui, il le secoua avec brutalité, ne le supportant pas, ne voulant pas le voir, ni accepter ce qui venait de se passer.
 
- Qu’est-ce que tu crois que tu viens de faire ?! Connard !!
 
La rage augmentait en lui. Pourtant, il n’allait pas le tuer. Il avait encore besoin de lui, de son travail. Doucement, Matthew se sentait craquer. Le lâchant d’un air dégoûté, il se releva et tituba légèrement jusqu’au bureau, prenant appui dessus pour ne pas chanceler. Rapidement, il reboutonna sa chemise, se recoiffa, et enfila sa veste. Il avait oublié la cravate, et ne tarda pas à l’enfiler autour du cou, refaisant le nœud. Putain, pourquoi ce genre de choses lui arrivait-il ?
 
Ignorant complètement Jack, il vérifia l’heure. Il était temps de dîner, et d’ailleurs son ventre criait famine après tant d’activité. Les poings serrés, il inspira profondément, une main passant sur son visage. Combien de temps cela faisait-il donc qu’il n’avait pas été dans une telle fureur ? Qu’il n’avait pas ressentit tant de choses à la fois ? Quelque chose le dérangeait, dans ce qu’avait dit Jack, et il se tourna vers lui, le regardant longuement. L’impression qu’il avait eut de lui, la première fois qu’il l’avait vu… Cette impression de le connaître, de l’avoir déjà vu quelque part.
 
Il finit par se rendre compte que le passé le rattraperait toujours, quoi qu’il fasse.
 
- Toi… Toi ! Qu’est-ce que tu fiches ici, au Japon ?!
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Dim 27 Avr - 21:06 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant



La vengeance ? Jack avait rit doucement au creux du cou moite à cette sentence verbale. A quelle sorte de vengeance aurait-il affaire, si vengeance il y avait un jour ? Car le cuisinier était prêt a parier que l'homme finirait par oublier cette scène, automatiquement, comme le reste. Lui ne chercher qu'à détraquer le mécanisme de cet être comparable à la machine, ou à l'animal. Provoquer, pousser à bout le mental figé, le faire craquer, le briser complètement. Et il y arriverait, à force de patience et de persévérance, il le savait. C'était une affaire de mois, d'années peut-être. On verra bien, se disait-il. Le brun n'était pas pressé. Goûter la personne était tellement plaisant, qu'il recommencerai volontiers à la première occasion.

Le moment passé avec le freelance avait été jouissif. C'était le mot. Voir le visage changer d'expressions que personne n'aurait imaginées même en rêve, sentir les chairs que très certainement peu avaient touchées, se resserrer autour de lui, tout cela était un réel délice. Son plus grand plaisir étant sans conteste les cris de plaisir qui faisant écho à ses propres gémissements. Dire que ce n'était que l'entrée. Ensuite il faut bien sur le plat principal, et le dessert. C'étaient les trois phases que l'espagnol allait mettre en application, étant un habitué de toutes sortes de cuisine.

Ses lèvres avaient été mordues une seconde fois. Mh, il s'y habituerait, de toute évidence le goût du sang ne le dérangeait pas. Amusé, il aborait un large sourire, et alors qu'il venait de le nettoyer, Jack avait juste eu le temps de remonter son vieux jean et de répondre:


-Mh, laisse-moi réfléchir... hace ya siete años que j'aie eu cette brillante idée, amigo ! Desde que nos vimos por primera vez !

Avant de se faire littéralement sauter dessus. Secoué dans tous les sens, allongé à terre, il n'eut d'autre réactions que celles de lever les mains en signe de paix, en riant tout seul. Voir le jeune chef sortir de ses gonds était une bonne chose, en plus d'être drôlissime.

-Doucement, calmes-toi hombre, c'est pas bon pour la tension tout ça ! Je viens de te faire subir un ascenseur émotionnel ! Y'a quelques secondes tu criais de plaisir sous mes coups, et là t'es furieux ! C'est génial de te voir dans tout tes états en si peu de temps !

Ce n'était sûrement pas grâce a ces paroles, mais quoiqu'il en fut, Matthew avait décidé d'abdiquer cette fois, et le cuistot s'était redressé, lissant vaguement son col de chemise avant de reboutonner son haut, lentement, en fixant son client. Une main glissée dans ses cheveux chocolat, et les mèches rebelles se firent un poil plus soumises. Cependant un bruit particulier avait attiré l'attention du latino, comme qui dirait, un gargouillis. Trop marrant quoi. Il répondit au regard lointain de l'américain par une attitude posée, le laissant réfléchir. Enfin, il avait trouvé.

-Je pourrais te retourner la question amigo ! Mais comme c'est tellement rare d'en entendre de ta part, je vais te répondre ! Par contre laisses-moi t'inviter à manger, tu meurs de faim, cariño !

En sifflotant, il le pris doucement par le bras, l'entraînant hors du bureau. Dans le hall, il prit les premières marches qui leurs faisaient face, elle menaient à l'étage supérieur, là où il logeait. La porte n'était pas fermée à clé, de toute évidence, personne n'oserait entrer sans permission chez lui ici. Jack poussa l'homme à l'intérieur, refermant derrière lui, avant de s'étirer longuement.

L'entrée donnait directement sur une grande pièce agréable. Un coin canapé d'abord, avec des fauteuils de cuir pourpres, puis plus loin, une grande table de bois blanc délimitait la salle à manger. Sur la gauche, une première porte donnait sur la salle de bain, ensuite il y avait le bar qui coupait la pièce principale et abritait la cuisine. Sur la droite, deux portes trouaient la paroi, il s'agissait de deux chambres. Le tout était dans des tons colorés chauds, ocre, bordeaux, jaune, prune. De nombreuses plantes parsemaient les pièces, faisant penser à une mini jungle: Un olivier se trouvait là, aux côtés d'un petit citronnier, parmi de plus petits pots où poussaient la plupart du temps, des plantes aromatiques. Le tout donnait des nuances de parfums douces, mais bien présentes. Le brun appuya sur l'interrupteur et de nombreuses appliques murales blanches s'allumèrent en même temps, illuminant l'appartement.


-Que quieres comer, hombre, je te fais ce que tu préfères !

Et pfiout, il disparut derrière le bar où on pouvait déjà le voir s'affairer aux fourneaux, fouillant les placards. Il adorait cuisiner pour les autres, et avoir des invités était relativement rare, surtout depuis qu'il s'était lancé dans les affaires peu nettes. La voix grave s'éleva alors qu'il tenait plusieurs paquets entre les bras, pâtes, condiments, et autres.

-Ah, et pour la question, ça fait déjà cinco años que he venido aquí, tu sais ! Les affaires marchaient bien à Los Angeles, mais j'ai eu ... des petits soucis, et j'ai du transférer l'entreprise ici !

Il avait eu un moment de pause, ce qui était rare venant de lui. Un incident avait eu lieu en Amérique, assez important pour le faire migrer une seconde fois. Mais l'espagnol ne s'arrêta pas pour autant, reprenant bien vite sans se troubler.

-Y tú, qu'est-ce que tu fiches ici ? T'en a fait du chemin depuis toutes ces années ! J'avais entendu parler de toi comme Jikkei, et voila que tu me revien en grand chef !
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Dim 27 Avr - 22:03 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Sept ans. Sept longues années étaient passées depuis leur dernière rencontre, leur première à vrai dire. Matthew avait complètement oublié. Ce personnage ne l’avait pas plus marqué que les autres. Personne ne le marquait réellement, tous finissaient par être oubliés dans les tréfonds de sa mémoire, enfouis sous des couches d’informations, de bouts de vie, de souvenirs. Un ascenseur émotionnel. C’était parfaitement ça. Lui qui ne ressentait rien d’habitude, il était à présent submergé par les sentiments. Et il lui était impossible de démêler ce pêle-mêle, de donner un nom à tout ce qu’il ressentait à la fois.

Ayant lâché Jack à présent, et s’étant rhabillé correctement, il réfléchissait, ses doigts s’activant sur le nœud de sa cravate. Ses mains tremblaient légèrement et il dut défaire à plusieurs reprises ce qu’il avait entreprit, pour recommencer, et parvenir à réaliser un double nœud classique. Jack Cánovas. Ce nom avait une résonance lointaine, profonde. Alors qu’il était stupéfié, les yeux légèrement écarquillés en posant cette question, il se remémorait les circonstances de leur rencontre.

- Tu… Ce n’est pas possible. C’est tout simplement impossible !

N’ayant même pas tilté au surnom affectif que lui avait donné le grand brun, il se laissa entraîner, étant toujours légèrement sous le choc. Sept était un beau chiffre en somme, et se plaçait sous le signe de la chance, mais il n’en avait que faire pour le moment. Il était entré dans son restaurant il y avait des années de cela, à Los Angeles, alors qu’il avait été envoyé en mission par son ancien patron. Lui qui arpentait surtout les ruelles de New York, cette ville fut un bain de soleil. Et Jack était là, dans un restaurant semblable au Kinoto. Il avait d’ores et déjà entreprit de monter cette entreprise macabre, et ses prestations de services étaient plus que satisfaisantes, ce qui faisait qu’il était assez prisé dans le Milieu.

Un chaud jour d’été, une odeur de viande grillée qui émanait dans l’air, une climatisation plus qu’accueillante. Il était entré, seul, et s’était dirigé vers les fourneaux, cherchant le propriétaire des lieux. Une tenue moins stricte que celle qu’il avait à présent. Chemise blanche, certes, mais avec les manches retroussées, les premiers boutons ouverts, et puis des lunettes de soleil. Le soleil était aveuglant sur la côte ouest. Ce fut la première fois qu’il vit Jack, un grand gaillard espagnol, qui était chaleureux et irradiait autant de chaleur que le soleil. Déjà à ce moment, il lui avait tapé sur le système, mais l’entretien fut court, et il ne le revit plus jamais, l’oubliant.

Poussé à l’intérieur de l’appartement du chef cuisinier, Matthew reprit ses esprits, et regarda aux alentours. L’atmosphère était à l’image du maître des lieux. En total opposition avec son appartement à lui, aux couleurs froides et à la décoration très impersonnelle. C’était la première fois que le jeune chef entrait dans un appartement de la sorte.

- Des… pâtes. Cela conviendra parfaitement.

A vrai dire, il se sentait perdu, incertain de lui-même. Jamais n’aurait-il imaginé un jour se retrouver dans une telle situation. Il eut alors l’impression d’être redevenu un adolescent qui ne savait plus quoi faire de sa vie, et se passa une main sur le visage, inspirant profondément. Que faisait-il là ? Il ferait mieux de partir, ses hommes l’attendaient, et il détestait Jack. Le même Jack qui était en train de lui cuisiner un repas, comme s’ils étaient amis, ou quelque chose de ce genre-là, depuis toujours.

- … Tu aurais mieux fait de rester à Los Angeles.

Ne sachant pas où se mettre, il se dirigea automatiquement vers le petit coin canapé, s’installant dans un des fauteuils en cuir alors qu’il sortait une cigarette de sa poche. Malgré le fait qu’il avait été l’initiateur de la conversation en demandant au brun pourquoi il était venu au Japon, il se désintéressait de ce que lui disait Jack, et ne demanda pas quels problèmes il avait pu rencontrer. Peut-être s’était-il mouillé dans une affaire qui était tombée dans les mains des flics ?

Prenant une longue bouffée de nicotine, il regarda le plafond, restant silencieux quelques instants, écoutant simplement les bruits que faisait Jack dans la cuisine. Qu’est-ce qu’il foutait là ? Question qui ne cessait de lui revenir.

- J’ai tué l’ancien Jikkei des Freelances, alors qu’il était venu foulé le sol américain. Résultat, ils m’ont embarqué, et Reishin Lan a eu l’idée tordue de me faire son nouveau conseiller. La suite, t’as qu’à lire le journal.

Son regard n’exprimait rien alors qu’il fixait un point invisible. Il se rappela de sa rencontre avec Reishin, de leur discussion. Cela faisait déjà beaucoup de souvenirs d’un coup, et il se pinça l’arête du nez pour arrêter la migraine qu’il sentait venir. Se levant, il écrasa sa cigarette dans un cendrier qui traînait par là, alors qu’elle venait à peine d’être entamée. Il se dirigea ensuite vers le bar, et se servit un verre de vodka. Il ne reboirait pas du whisky de sitôt…

- Il n’y a pas d’aphros dans toutes les bouteilles de ton bar au moins ?

Il pouvait déjà sentir la bonne odeur des pâtes cuire lui venir, et jeta un coup d’œil à la cuisine, regardant le chef cuistot préparer le plat principal.


Dernière édition par Matthew Coleman le Mar 29 Avr - 20:39 (2008); édité 1 fois
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Jack Cánovas
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MessagePosté le: Lun 28 Avr - 21:51 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant


Bien sûr que c'était possible. Improbable, certes, mais pourtant Jack avait bien atterri ici, au pays du soleil levant. Un départ plutôt précipité. Jamais il n'avait eu l'intention de quitter les States. Jusqu'à ce que son passé le rattrape, et l'enfouisse sous une vague gigantesque. Il avait échoué ici par hasard, ç'aurait pu être un autre endroit, peu importait. Ce qui comptait était de partir.

Là-bas, les affaires avaient bien marché, longtemps. Lui n'avait jamais vraiment oublié cet été particulièrement torride. On aurait pu faire cuire des oeufs sur le goudron brûlant des grandes avenues de la cité de Los Angeles. Ici son accent ibérique passait inaperçu. Les latinos étaient parfaitement intégrés. Son entreprise tournait, derrière les fourneaux, il faisait griller des entrecôtes. La clochette accrochée à l'entrée émit un doux son et, comme à son habitude, il avait relevé les yeux pour saluer un drôle de client aux cheveux blancs, le nez barré d'une cicatrice. Un grand américain à l'aura glaciale, aussi froid et figé qu'un iceberg. C'était d'ailleurs le surnom qu'il lui donna ce jour-là. Il tourna bien vite les talons cependant, et plus jamais leurs chemins ne se croisèrent. Jusqu'à aujourd'hui. Étonnant tout de même que Matthew se rappelle de lui après ces années, vu le peu de temps qu'ils avaient passé ensemble à l'époque.

Mais l'heure n'était plus aux souvenirs, Jack avait déjà entraîné son invité dans l'appartement situé au-dessus de l'entreprise, tout joyeux, il répondit avec enthousiasme.


-Des pâtes, comme c'est mignon ! C'est un plat simple mais il peut être décliné de tellement de façons qu'il reste un classique ! Tu va voir Mateo, te voy a hacer las mejores pastas que jamás habras probado !

Il s'était lavé les mains et sortait déjà le gros paquet de spaghettis tout droit venu d'Italie, après quoi il passa par le frigo pour sortir des ingrédients qu'il déposa sur le comptoir, s'en servant comme support pour faire la cuisine. Des tomates, des champignons de Paris, un oignon, plusieurs autres condiments furent étalés, en ordre, et l'espagnol entreprit de remplir une grande casserole d'eau pour la mettre sur le feu, relevant par la suite ses manches pour peler les tomates et préparer la garniture, chantonnant avec entrain la mélodie qu'il écoutait aux cuisines un peu plus tôt. On n'aurait pas dit, mais il était toute ouïe, et répondait directement aux répliques posées.

-Je t'ai dit que je pouvais pas, j'aurais bien voulu quedarme allí, tio, pero dans la vie il y à toujours des imprévus ! Va pas me dire que tout ce que tu as entrepris à toujours fonctionné comme tu le voulais, hein ?

Entretemps, les pâtes étaient déjà dans l'eau frémissante, et la sauce tomate, mêlée au reste des ingrédients, fut glissée dans une grande poêle, émettant un grésillement chaud. La hotte fut allumée pour que l'odeur de friture ne stagne pas dans l'appartement, et le doux ronronnement du ventilateur s'ajouta aux crépitements des contenants .

-Oh, mais je l'ai lu le journal, tu crois pas que j'aurais été plus surpris de te reconnaître si je savais pas que tu étais chez les freelances depuis un bout de temps ? On n'a pas eu l'occasion de se croiser avant, c'est tout !

Jack parlait avec le sourire, mais sa voix fut étouffée parce qu'il avait plongé la tête dans le réfrigérateur, sortant plusieurs fruits de saison. Pommes, bananes, fraises et mandarines, qu'il pela avant de les jeter dans un grand saladier de verre, les coupant en cubes. Un mouvement de l'autre côté du bar sur lequel il faisait son affaire, lui fit lever le regard, et il sourit au jeune chef.

-Mais non Mateo, je fais pas le même coup deux fois et en si peu de temps ! De toute façon la prochaine fois, y'aura pas de trucage ! En tout cas sers-toi, fais comme chez toi !

De toute façon Matt' n'était visiblement pas du genre à trop se gêner, et tant mieux. Du sucre fut rajouté sur son dessert qu'il laissa de côté, retournant aux placards pour en sortir assiettes et couverts, qu'il laissa sur le comptoir.

-Tu met la table, hombre ? Ah, j'oubliais le dessous de plat !

Ce dernier, rond et en plastique, avait la forme d'une énorme tranche de citron, et le maître des lieux la rajouta sur la pile d'assiettes, laissant l'autre se débrouiller avec ça pendant qu'il terminait le repas chaud, le disposant dans un grand plat creux.

-C'est prêeet ! Tu aimes le bon vin rouge ou tu préfères ta vodka, Mateo ?

Il se moquait un peu de lui, car le cuistot ne buvait que de grands crus, ou des bières accompagnées de tapas. Le latino déposa le dîner au centre de la table claire, avec deux coupes et une bouteille de tinto espagnol. Installé au fond de la grande pièce, le coin salle à manger donnait sur une baie vitrée et un balcon. On pouvait déjà distinguer les lumières clignotantes de la rue plus bas. L'espagnol était allé entrouvrir la porte extérieure, laissant entrer un courant d'air frais agréable, avant de servir son hôte, prenant ensuite place face à lui, bras croisés sur la nappe blanche. Il fixa un moment la vieille photographie noire et blanche, tirée sur du papier de basse qualité, et accrochée au mur près de l'entrée.

Un couple se tenait là. La femme aux longs cheveux noirs était ravissante. L'homme reprenait les traits de Jack, plus usé par le travail toutefois. Près d'eux, trois jeunes filles brunes, très ressemblantes. Tous avaient un point commun: leur sourire radieux qui donnerait presque vie à la photo jaunie. Le cuisinier sembla reprendre ses esprits après un instant d'absence, et il leva silencieusement son verre en direction du cadre, avant de revenir a Matthew, goûtant lentement le saveur sucrée de l'alcool andalou. Il n'avait pas touché sa fourchette, et semblait patienter tranquillement, observant l'homme, comme s'il attendait quelque chose. Au bout d'un moment il ne put s'empêcher de placer quelque-chose.


-Tu trouves comment ?
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Matthew Coleman
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MessagePosté le: Mar 29 Avr - 21:06 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Matthew ne doutait pas des capacités de l’espagnol niveau cuisine. Ce qu’il préparait allait sûrement être bon, peut-être même délicieux, sinon comment son restaurant pourrait-il si bien marcher ? Il n’y avait pas que la qualité de la viande qui comptait dans un plat, mais la façon dont on le préparait, l’expérience et plein de petites choses subtiles que lui-même ne comprenait pas. De toute manière, il ne cuisinait pas. Ce n’était pas son truc, créer quelque chose de ses propres mains. Tout comme il serait incapable de jouer d’un instrument, d’y mettre la passion nécessaire pour émouvoir les gens.
 
- Tout fonctionnait très bien avant que tu ne viennes.
 
Il n’aimait pas les éléments perturbateurs, qui le déroutaient de sa routine habituelle, si on pouvait appeler ça ‘routine’. Certes, des imprévus pouvaient arriver. Une mission qui se passait mal par exemple, ou même une soirée, comme celle au Desuko avec Beowulf. Mais cela faisait partie intégrante de son travail. Tandis que Jack… Rien ne l’obligeait à rester. Il pouvait partir, le laisser tranquillement dans sa cuisine, et ne plus jamais le revoir de sa vie. Surtout après ce qu’il avait osé lui faire. Jack était un blaireau, son opposé. Ils ne s’entendraient probablement jamais, ou alors comme chiens et chats, sauf que le chef cuistot, lui, semblait vouloir qu’ils s’apprécient et se connaissent encore plus intimement si cela était possible.
 
- On aurait mieux fait de ne jamais se croiser. Si Reishin était encore là, je ne serais jamais venu dans ton restaurant, mais il fallait bien que je voie la gueule des gens avec qui je bosse.
 
Non pas qu’il ne faisait pas confiance aux choix de l’ancien chef des Freelances. Matthew voulait simplement vérifier, et puis peut-être avait-il été un peu curieux également. Une curiosité assez morbide. Après tout, la viande du Kinoto était plus que spéciale, et c’était bien pour ça que tous les clients en raffolaient.
 
- La prochaine fois ? Il n’y aura pas de prochaine fois !
 
Ses doigts se crispèrent en attrapant son verre de vodka et il l’avala cul sec, s’essuyant la bouche d’un revers de main. Il se sentit dégoûté en repensant à ce qu’il s’était passé, et se resservit un autre verre d’alcool pour calmer ses nerfs à présent à vif. Il se sentait dans une colère constante avec l’homme. A croire que Jack faisait exprès de le mettre en colère justement, pour le faire craquer. La théorie était plausible. Sirotant plus doucement son second verre, Matthew se balada un peu dans la pièce, retirant sa veste pour la jeter sur le canapé en cuir. Il finit par se tourner vers Jack quand ce dernier lui demanda de mettre la table.
 
- …
 
Exaspéré par son attitude, il finit tout de même par obéir et prit toutes les assiettes, sans oublier le dessous de plat, et les posa sur la table, disposant les couverts l’un en face de l’autre. Ceci fait, il s’approcha de la baie vitrée en attendant que l’espagnol ait fini de cuisiner ses pâtes. Il ne pensait pas que la vue de son ancien appartement lui manquerait. Le manque était un sentiment des plus étranges, et assez désagréable d'ailleurs. Il ne ressentait cela que quand il n'avait pas fumé depuis un moment normalement. Finalement, après avoir jeté un dernier regard à la ville, il alla s’asseoir à la table, finissant son verre de vodka.
 
- Du vin rouge sera parfait.
 
Jack le rejoignit assez rapidement, avec des pâtes bien cuites, qui atterrirent dans son assiette, mélangés avec une sauce bolognaise à l’odeur plus que succulente. Attrapant ses couverts, le jeune chef commença donc son dîner, en prenant une bonne bouchée avec sa fourchette. Mâchant lentement, il continua à manger tranquillement, avant de s’essuyer la bouche pour prendre le verre de vin rouge, l’amenant à ses lèvres, s’imprégnant de son odeur sucrée avant d’en boire une gorgée. Il était excellent. Comme quoi, Jack avait du goût. Matthew s’essuya la bouche de nouveau et releva la tête en l’entendant parler. Vraisemblablement, il n’avait pas touché son plat, et attendait qu’il lui donne son opinion avant de pouvoir manger. Tous les cuisiniers avaient-ils donc un comportement si étrange ?
 
- … C’est… bon.
 
Il pouvait le lui accorder, c’était même délicieux, mais l’homme ne voulait tout simplement pas lui faire trop de compliments. Reprenant fourchette et cuillère, il continua donc son repas, restant silencieux pour sa part, et appréciant simplement le dîner. Il n’y avait pas une bonne atmosphère à proprement parler, mais l’ambiance était calme, presque intime, ce qui ennuya Matthew. Surtout quand il sentit un pied se frotter contre sa jambe. Haussant un sourcil, il regarda d’un air froid le propriétaire du dit pied.
 
- Tu as les jambes trop longues ? On peut y remédier si tu veux…
 
Le frottement se faisait plus insistant, et le pied de Jack remontait le long de son mollet. Agacé par ses gestes, Matthew croisa ses jambes et se recula légèrement, histoire qu’il ne le touche plus. Il l’avait suffisamment touché pour le restant de ses jours.
 
- Arrête ça ou je vais finir par te couper les pieds.
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Jack Cánovas
Invité

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MessagePosté le: Mer 30 Avr - 19:28 (2008)    Sujet du message: Une petite entrée. Répondre en citant

Bien sûr qu'il y aurait une prochaine fois ! C'était pas pour rien que le cuisinier comptait piquer le numéro de portable de Matthew tout à l'heure, et pas d'une façon les plus discrètes. Mais nous n'en étions pas encore là, à ce moment Jack se contentait de répondre d'un rire chaud à la réplique agacée. Il ne fit cependant aucun commentaire quand le spectacle qui aurait pu paraître insolite, du chef de la freelance en train de mettre la table, se déroula sous ses yeux. C'était tellement adorable qu'il ne se permit pas un mot à ce sujet, sous peine peut-être de voir ses assiettes voler à travers la pièce.

Enfin, le plat du soir était servi, l'hôte avait débouché le grand cru pour le verser dans leurs coupes respectives, avec délicatesse et respect. Qu'on gâche une seul goutte de ce précieux vin inestimable et il crierait au scandale sur tous les toits. Attendant le verdict, son sourire rayonna de cent fois plus de lumière qu'auparavant et il chantonna un mélodieux:


-Gracias ! ~

Avant d'attraper ses couverts pour enfin, goûter sa propre cuisine. Marmonnant un truc du genre, "un chef cuistot ne touche pas à la cuisine jugée mauvaise par le client", il mangeait tranquillement et avec raffinement le contenu de son assiette, jetant de temps à autre un regard à son invité. Sans qu'il puisse se retenir très longtemps, sa jambe était déjà partie taquiner celle de l'homme face à lui dans un long moment de silence, ou seules les fourchettes grinçant contre les plats animaient l'appartement. Répondant au regard froid par des yeux doux, il avait répondu en faisant remonter le pantalon sur le tibia du bout de son pied.

-Non merci, être grand est un avantage, surtout durant les dîners ou les jambes de ton interlocuteur se trouvent plutôt loin des tiennes.

Le reste du repas se passa plutôt tranquillement, Jack adoptant le discours à sens unique qu'il savait si bien maîtriser. Après avoir débarrassé une première fois la table, il était revenu avec le dessert, servant les fruits frais saupoudrés de sucre fondu dans des coupelles. Sans s'arrêter de parler, l'espagnol faisait allusion à la pluie et au beau temps de ce début de printemps, des affaires qui marchaient plutôt bien. Il déroulait le parchemin de sa vie, doucement, sans aborder de points très importants, mentionnant des détails comme le genre de repas qu'il préparait le jour où Matt' s'était présenté à lui à Los Angeles.

Le cuistot ne s'était mis a manger que lorsque l'américain lui eut donné son avis bien entendu. Et une fois qu'ils eurent fini, il s'était levé, ramassant rapidement les couverts pour les porter au lave vaisselle qu'il mit en marche. Son invité s'était levé de table et, concluant qu'il allait bientôt partir, Jack s'était dirigé vers la veste du freelance, posée sur le canapé, pour fouiller dans une poche et en sortir le téléphone portable.

-Tu permets que je bipe mon téléphone ? Je ne sais plus où je l'ai laissé traîné !

Il appuya sur quelques touches et laissa sonner. Depuis la chambre parvint une tonalité flamenco et le brun paru satisfait, mais rapidement, avant de rendre son vêtement à Matthew, il avait eu le temps de rentrer son nom dans le répertoire du jeune chef: "Mi cariño", autrement dit, "mon chéri", surnom qui s'afficherait automatiquement quand il l'appellerait, ayant désormais son numéro d'affiché sur son propre cellulaire. L'homme se rhabillait et lui rappela leur petite affaire. Sûr qu'il oublierait pas. Il y serait, evidemment. Il se permettrait pas de rater une affaire avec lui comme client. C'est ce qu'il lui avait répondu avec un petit rire en lui tendant l'objet de communication.

-Alors, on se dit hasta la proxima, amor !

Un petit signe de la main, la porte se referma sur cette personne. Au loin, vrombissaient les moteurs des engins de circulation. La sonnerie floue d'une ambulance. D'une voiture de police. Un soupir. Presque le silence.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:52 (2018)    Sujet du message: Une petite entrée.

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