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Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas
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La faune de mes souvenirs retrouvés.

 
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Reishin Lan
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MessagePosté le: Jeu 17 Jan - 12:00 (2008)    Sujet du message: La faune de mes souvenirs retrouvés. Répondre en citant

Les lettres sont adressées à un cousin, Natsuo. Quand la résidence n’est pas occupée par Reishin/Le Sheng , il passe tous les jours pour surveiller que tout est en ordre, même avec la présence du majordome. Qui plus est, Natsuo est du genre à laisser les lettres qui lui sont adressées en libre lecture. Aki, le majordome ou d'autre peuvent tomber facilement dessus.

Le début de ses lettres succédent au topic avec Inu dans la chronologie.

[1ere lettre, postée à l'aéroport de Hong-Kong]

De Kyouri à Hong-Kong,

Ha Natsuo, je me demande si tu fulmines encore après mon départ…

Je sais que tu as surement autre chose à faire que de passer de temps en temps à la maison, histoire de voir si tu es en ordre et si tout va bien. Mais tu sais aussi, que j’ai très rarement fait ce genre de choses, non ? Donc finalement, je me dis que tu n’as pas à m’en tenir rigueur (Combien de fois me suis-je barré sans prévenir au moins un mois à l'avance ?). D’ailleurs, quand je suis parti ce matin, le majordome m’a lancé un petit air teinté de lassitude et de tristesse… Je vais revenir ! Sauf si mon avion se crashe, si je me fais tuer en Chine ou si ma grand-mère me saute dessus en me sortant de je-ne-sais-où une promise (tu sais qu’elle en est capable !).

L’excuse d’un voyage d’affaire n’en est pas vraiment une, néanmoins elle ira parfaitement à mes hommes. Certes, je ne vais pas m’occuper des affaires des Freelances, mais des miennes et tu sais que j’en ai un certain nombre à régler. Qui plus est depuis combien de temps ne suis-je pas retourné au pays ? Bientôt 14 ans… J’ai besoin de ce retour aux sources pour me débarrasser de Kyouri… En fait, je fuis cette ville pour le lieu où je pourrais réellement me retrouver. Et pour être honnête, l’arrivée d’Akiyoshi m’a refait beaucoup penser à elle (je dois aussi dire que je ne comprends toujours pas pourquoi personne ne me rien dit ! Lorsque que je verrais Da Ya à Hong-Kong, je la presserais de questions, après tout, elles étaient d’excellentes amies. En plus avec le temps, les sentiments de Da Ya auront diminué et nous pourrons nous parler sans nous crier dessus au bout de 5 minutes). Même si je n’en ai jamais rien dit, au fond de moi, je n’avais jamais fait le deuil de notre séparation (Je n’ai pas eu le choix de partir, mais je dois avouer que l’idée de m’opposer à la décision de ma mère ne m’était pas venu à l’esprit. Son assassinat m’a ouvert les yeux… L’eau était bien plus trouble que ce que je pensais et elle devait songer davantage à me protéger en m’envoyant chez l’un de mes oncles). J’en connais un qui te dira que ça y est, je recommence, je repars dans mes petites faiblesses, que ça ne le fait pas du tout pour un chef, mais je m’en fous.

Elle a été mon premier trésor… Oui, c’était une possession que je protégeais avec toute la fougue et l’ardeur qu’un adolescent peut avoir quand il est profondément amoureux. Pourquoi ? Peut-être parce que je n’ai jamais rien eu à moi… et que je n’ai encore rien à moi. Ma vie ? Dès ma naissance, tout était tracé… Là, où je ferrais mes études, les personnes que je fréquenterais ou non, ce que je devrais savoir ou non, la place qui me serait attribuée au sein du clan… Quelqu’un d’extérieur aurait trouvé ça stupide, mais ancré dans le système, je trouvais ça normal et puis si c’était ce que ma mère souhaitait, je le faisais. Fils unique, j’étais sa petite fierté… Avec du recul, je me dis que j’essayais sans doute de prendre la place de mon père en lui apportant l’attention qu’il ne lui portait plus. Pour revenir à la possession, je me contrefiche de mourir, tu sais. Ce jour arrivera et j’accepterai de retourner à la Terre sans opposer de résistance. Il y a des gens qui passent du temps à reculer pour mieux sauter et bien, je sauterais immédiatement pour ma part.

C’est deux-la, oui mes parents, comment dire, s’il n’avait pas juré que par le travail et la violence. Leur couple n’aurait peut-être pas sombré. Enfin, je ne sais pas et je suis sans doute mal placé pour donner un avis, vu l’amour que je porte à mon père. Toutefois, nos relations sont moins agressives qu’avant. Oui, il est loin le temps où il avait essayé de me noyer à Kyushu après avoir fait taper dans des sacs de sable toute la journée. Je vais être honnête avec toi, je déteste toujours autant la mer. Le bruit de vagues me rappelle l’engourdissement que mon corps avait connu, la sensation de l’inertie, le cœur qui ralentit et l’eau qui essaie de s’infiltrer en toi. Charmants souvenirs mais malheureusement pour lui ce jour-là, quelqu’un l’en a empêché… Oui, tu vois de qui je parle ! Hm tout aussi charmant, mon voisin est entré de ronfler… Heureusement que le vol n’est pas trop long, sinon je l’aurais probablement étranglé… Je suis étonné de voir que l’avion est complet à vrai dire. Mais il y a essentiellement des hommes d’affaires. A l’aéroport, j’ai croisé Hiro et un de ses amis, qui partaient en Europe. Ce requin fait fortune avec sa boite de prêts ! C’est tout à fait lui et en même temps, si les gens sont assez stupides pour faire confiance à un mec comme lui, on ne peut pas les sauver. Ça doit faire 7 ans, que je le connais et il a toujours été comme ça. Embobiner les gens, c’est son rayon et je l’adore. On se voit peu, mais quand on se retrouve, le plaisir de se parler, d’échanger des nouvelles, d’aller boire ensemble, est toujours là.

Je vais m’arrêter là, la descente est amorcée, je t’enverrais une lettre plus tard. Comme d’habitude, je ne sais pas ce que tu vas en faire, sans doute l’égarer te connaissant (Raison pour laquelle, je ne t'ai JAMAIS mis une adresse pour m'écrire, je ne tiens pas à avoir de mauvaises surprises) !

Porte-toi bien,
Le Sheng

P.S : tu pourras m’appeler chez Da Ya, si t'as pas peur de payer un appel international !
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MessagePosté le: Jeu 17 Jan - 12:00 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Reishin Lan
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MessagePosté le: Ven 25 Jan - 14:47 (2008)    Sujet du message: La faune de mes souvenirs retrouvés. Répondre en citant

[2eme lettre, HK]

Cher toi !

Alors comment vont les affaires ? Je dois avouer que j’ai été très étonné de ton coup de fil. Je veux dire, tu as été vraiment été rapide… Tu avais du temps ? Bon en tout cas, ça m’a fait plaisir de t’entendre !

Hier, la soirée a été particulièrement mouvementée chez Da Ya (oui, nous, William et moi, logeons chez elle cette semaine avant de partir pour Shanghai ce week-end). Comment dire, tout avait commencé pour le mieux, une petite balade dans le centre ville à faire du shopping. A vrai dire, nous n’étions pas vraiment tous les deux puisque William nous avait rejoints à mi-parcours. Ce n’était pas plus mal comme ça, à vrai dire. Depuis que le jeu de Da Ya m’était apparu clairement, je n’étais plus vraiment à l’aise à ses côtés. Qui plus est dix ans ont passé. Lorsqu’elle m’a sauté dessus à l’aéroport, j’ai eu l’impression de revivre la première fois que je venais ici. De ses cheveux noirs, un parfum chic et cher émanait… Une odeur légère et sucrée… Quelque chose de jeune qui lui allait particulièrement bien ! Bon, je m’égare là… Bref après la balade, nous avons fait une halte dans un petit restaurant dans le quartier. Je m’étais arrangé pour laisser William à côté d’elle, mais ce n’était pas vraiment une excellente idée, car je me suis retrouvé en face ! De temps en temps, je sentais son pied glisser contre mon mollet et quand je lui lançais un air interrogateur, elle me souriait doucement, innocente. Nous avons évité tous les sujets délicats durant le repas… A vrai dire, nous avons beaucoup harcelé Will’ sur sa vie privée et sa carrière. Puis la soirée s’est finie à l’appartement de Da Ya. Elle n’a pas un pauvre petit studio dans les bas-quartiers. Non, elle habite dans le quartier de Kowloon. Nous avons attrapé un taxi et nous sommes rentrés.

Malheureusement pour moi, cet enfoiré m’a faussé compagnie et j’ai fini par être seul avec elle. Nous étions assis tous les deux sur son canapé en cuir… Nos genoux se touchaient mais je n’ai pas bougé, je ne voulais pas déclencher une crise. Une de ses mains parfaitement manucurées saisit une canette de bière. Elle releva les yeux vers moi et souffla

« - Tu n’as pas changé… Quelqu’un dans ta vie ?

- Personne et toi ?

-Non plus, mais tu devrais savoir pourquoi…. »

Nous y étions… Le passé ressurgissait mais à vrai dire, ce n’était même pas le passé… A cet instant, rien n’avait changé entre nous. Un soupir s’est échappé de mes lèvres, pendant que je me calais dans le canapé. Je ne disais rien, je n’avais rien à dire, mais ce n’était pas un problème, parce que Da Ya a toujours été très douée pour tout sortir des archives… Alors elle a continué.

« Tu l’aimes toujours même si elle est morte… Mei Mei était ton rayon de soleil. Elle faisait fondre la glace qui semblait t’entourer. Je me rappelle qu’à chaque fois, qu’elle allait te voir, elle se préparait avec fébrilité… Elle arrangeait ses cheveux cherchant la coiffure qui la mettrait le plus en valeur. Dès que quelqu’un prononçait ton nom, ses yeux brillaient… Elle disait qu’un jour, elle serait ta femme, une femme avec du caractère comme tu les aimes… Je crois que j’étais un peu jalouse de l’attraction qu’elle exerçait sur toi... Quand tu la voyais, le monde entier disparaissait autour de toi. Tu te souviens, la fois où tu étais venu me chercher pour aller à une fête ? Dès que nous avons croisé Mei Mei, tu n’as eu d’yeux que pour elle. Je dois avouer que ta fidélité m’a aussi beaucoup étonné… Tu avais d’autres propositions, mais non… »

Ses yeux se perdirent dans le lointain. Que devais-je dire ? Tu le sais toi ?! Je voulais qu’elle se taise, qu’elle laisse ça derrière nous, pourtant je ne trouvais pas les mots. Je savais que je risquais d’être blessant, alors je me suis tu et elle a repris…

« Je t’aimais sincèrement… Enfin je t’aime toujours… Je n’ai jamais oublié les instants où tu t’occupais de moi, ta voix… Mei Mei doit me voir différemment de là, où elle est, mais c’était comme ça tout au fond de moi… J’ai croisé des hommes, mais je les ai toujours comparés avec toi… Tout comme tu comparais toutes les femmes avec elles."

Je me suis levé sans vouloir en entendre plus. Elle sait que cela me fait mal même si je le ne montre pas. J’aimerais me dire qu’elle n’est pas morte… Qu’elle m’attend encore dans sa chambre, que je me glisserai contre elle dans son lit, qu’elle passera une main des mes cheveux tout en me souriant. J’ai l’impression d’entendre sa voix, la façon si particulière qu’elle avait de murmurer mon prénom… Je me suis retrouvé perdu dans la chambre. Du fond du cœur, j’espérais que Da Ya se soit trouvé un époux. Quelqu’un de bien qui l’aurait rendu heureuse et qui aurait permis de laisser tout ça derrière nous. Tous ses sentiments inutiles… J’aimerais te parler plus longuement de Mei Mei, mais pas ici, je n’ose pas m’étaler sur notre histoire dans l’appartement de Da Ya. Pour moi, elles avaient toujours été les meilleures amies du monde et jamais, l’étincelle d’envie qui régnait chez Da Ya ne m’était apparue… J’étais vraiment aveugle, l’effet de l’amour… Dire que je n’ai jamais eu de relations a été faux, mais pour moi, ce ne sont pas des vraies relations… Un coup d’un soir, d’une nuit, de quelques jours, des flirts, des petits jeux, beaucoup de lassitude, de désintérêt… Je me retrouve emprisonné dans nos souvenirs… Cela fait mal… Je m’en doutais et c’est pour cela que je suis venu ici. Je suis venu me libérer de cette douleur silencieuse.

J’ai du mal à écrire Natsuo… Trop de choses se pressent dans mon esprit… Je t’appellerais quand William et moi serons à Shanghai, prends soin de toi !

Le Sheng
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Reishin Lan
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MessagePosté le: Mer 30 Jan - 23:34 (2008)    Sujet du message: La faune de mes souvenirs retrouvés. Répondre en citant

[3eme lettre/email, Shanghai]

From : Lu-hyan303@163.com

To : natsuo.tatcorporation@mail.goo.ne.jp

Subject : Shanghai, mon amour ?

Salut Natsuo !

Bon, normalement nous devions nous rendre à Xi’an, mais finalement notre départ a été repoussé. William et moi avons quitté Hong-Kong dimanche dans la soirée. Je ne te cacherais pas, que j’étais relativement soulagé de gagner le continent. Je peux enfin dire que je suis de retour dans mon pays ! Après avoir passé un bon moment à l’aéroport, dont je t’épargnerais le récit, nous avons enfin mis la main sur un des membres de ma famille maternelle et nous sommes partis en direction du district de Luwan. Quand j’étais enfant, nous habitions à Chángníng, mais à la mort de ma mère, mon père a vendu la résidence… Je ne sais pas ce qu’il fait avec l’argent, de toute façon à l’heure qu’il est ce genre d’informations n’est plus au goût du jour. William a disparu pour se poster devant la télévision et moi, je reste seul dans le bureau avec pour compagnie un vieux recueil de poèmes… Dire que chaque samedi matin, je devais réciter consciencieusement de la littérature classique… L’intérêt ? Va savoir, être un lettré devait être une qualité importante pour devenir l’un des 4 fils du dragon. Et oui, j’ai appris que j’avais été choisi pour être l’un des 4 élus. Je sais déjà, ce que ce titre ou ironiquement, devrais-je dire cette promotion signifie. Des lettres de jeunes femmes m’attendaient soigneusement à mon arrivée. On me les a remises sans un mot. Il y a eu juste un échange de regards entendus. En arrivant, je me suis contenté d’en jeter la bonne moitié à la poubelle. Quant au reste, elles sont posées sur une tablette à l’entrée. Les lirais-je ou non ? Je ne sais pas encore. Je n’ai pas envie de penser à des fiançailles, ni à un mariage.

Peut-être que je pourrais parler un plus d’elle… La première fois que j’ai rencontré Mei Mei, j’allais fêter mes 17 ans. De nombreuses familles s’étaient réunies dans la résidence principale à Xi’an à l’occasion d’une soirée organisée par ma grand-mère. Elle trouvait que c’était une bonne occasion de me faire rencontrer des jeunes filles, bien évidemment, je m’intéressais essentiellement aux grandes sœurs de mes amis. Etant donné que la politique de l’enfant unique avait permis aux couples ayant une fille d’avoir un second enfant, ceux-ci espéraient fortement qu’il s’agisse d’un garçon. Parfois, ils étaient exaucés, d’autres non. Bref, je trainais dans les salles avec un ami quand un son nous attira. C’était une mélodie douce et triste… Les cordes de l’erhu tremblaient d’émotion sous les doigts experts le manipulant. Intrigués, je fi s signe à mon ami de me suivre et nous nous sommes approchés du cercle des curieux. Elle était là. Je ne mentirais pas en disant qu’un frisson m’a parcouru le corps en la voyant. Son teint de porcelaine était rehaussé par des légères touches rosées sur les joues. Ses cheveux de jais étaient attachés en un chignon, dont quelques mèches s’échappaient pour tomber sur ses épaules. Elle portait une jolie robe en soie rouge, pendant qu’un châle noir et or reposait sur ses épaules. Mon regard ne pouvait pas se détacher de sa silhouette… De ses lèvres d’un beau rose pâle légèrement entrouvertes… La musique s’arrêta. Timidement, elle releva la tête, étonnée de voir autant de monde autour d’elle… Puis nos regards se croisèrent. Dans ses yeux, une lueur vive dansait, je me sentais hypnotisé par sa grâce, sa délicatesse, sa fragilité et en même temps sa force.

Ce n’est qu’un an après cette rencontre, que j’ai commencé à aller la voir fréquemment. Mon emploi du temps s’était allégé et je pouvais rentrer plus souvent à la maison. Nous parlions de tout et de rien, nous refaisions le monde en fonction de nos idéaux, de nos croyances. Des rires parsemaient parfois nos calmes discussions. Je me souviens que nous avions pour habitude de nous mettre dans le salon. Elle s’accroupissait, je m’allongeais sur le dos laissant ma tête reposée sur ses genoux, ses mains glissaient dans mes cheveux. Et c’est dans cette position que nous nous mettions à parler pendant des heures. Souvent, j’arrivais chez elle après mes entraînements. Je laissais mon sac de sport près de la porte d’entrée, je retirais mes chaussures avec hâte. Calmant l’envie de la voir, je me pliais aux usages et allait saluer ses parents avant de disparaitre dans un couloir pour me glisser dans sa chambre. Souvent, elle m’attendait un livre en main… Quand j’ouvrais la porte, elle me lançait un regard surpris puis un sourire venait illuminer son visage. Autant dire que le fait d’être ensemble s’est fait très naturellement. C’est la raison pour laquelle je me refuse à tout mariage. Rien ne sera aussi naturel que cette rencontre, que cet amour né. Je dis cela sans savoir ce que la vie me réserve, mais j’ai peur que cette partie de ma vie reste toujours aussi sombre.

J’aimerais te parler plus de la ville, mais nous ne sommes pas trop promenés encore. William voudrait aller faire le tour des endroits branchés de la ville. Je crains de ne pas reconnaître les lieux. Je suis sur que les vieilles ruelles, où je m’arrêtais après le sport pour manger, ont disparu. Les rues sombres où les prostitués officiaient sous l’œil inquisiteur de leur maquereau sont-elles toujours là ? Les bars clandestins où les gens pouvaient jouer aux jeux d’argent et fumer leur opium tiennent-ils toujours debout ? Les artères où nous courions la nuit comme des fous pour éviter que des ennemis nous fassent la peau ont-elles été rénovées ? Je sens que cela va être un choc de voir la transformation de cette ville.
Bon la technologie m’aide à te transmettre une information bien plus vite qu’une simple lettre, même si le plaisir d’écrire n’est pas le même. Si tu n’as pas le téléphone de l’appartement, envoie-moi un email. Je vais te laisser et aider William à vider les canettes de Tsingtao -je suis certain que tu adorerais cette bière- rangées dans le réfrigérateur.

Prends-soin de toi !

Le Sheng

P.S : peux-tu demander à mon père de m’appeler avant la fin de la semaine ?
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Reishin Lan
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MessagePosté le: Mar 5 Fév - 10:38 (2008)    Sujet du message: La faune de mes souvenirs retrouvés. Répondre en citant

[4eme lettre/email, Shanghai]

From : Lu-hyan303@163.com

To : natsuo.tatcorporation@mail.goo.ne.jp

Subject : Ma première fois…

A cause du temps, tous nos projets se voient interrompus. Je dois avouer qu’étant habitué à passer plus de temps en dehors de chez moi, que chez moi, je me sens enfermé. Finalement, une autre partie du clan viendra à Shanghai. Nous nous retrouverons dans la résidence de Shu Xian. Il habite dans un de ces nouveaux quartiers où la richesse se concentre avec pour gardiens, les caméras de surveillance. Avant d’y aller, j’aurai voulu flâner sur le Bund, fermer les yeux, entendre nos rires d’adolescents emplir l’atmosphère. Malheureusement, je devrais attendre le redoux. En attendant, c’est la première fois que je me retrouve aussi longtemps seul avec William. Je crois que tout serait parfait, s’il ne cherchait pas à me faire parler sur mon parcours professionnel, devrais-je dire.

Toutefois, certains thèmes l’intéressent plus que d’autres et c’est ainsi que je me suis rappelé la première fois, que j’ai tué un homme. J’avais 19 ans, ce qui était à mes yeux relativement tard, tu t’en doutes. Je vivais à ce moment-là à Hong-Kong et j’avais pour employeur un de mes oncles. A l’aube de l’automne, il n’était pas rare que certains de ses hommes et moi, nous nous retrouvions dans des petits restaurants dans Tai Po. La cuisine se voulait simple mais bonne sans oublier les bières dont les carcasses finissaient par encombrer la table. J’avais été rattaché à un groupe de 5 hommes, les 5 hommes de confiance de mon oncle. Un m’a toujours semblé suffisant, au-delà les risques de trahisons sont multipliés, l’idéal étant aucun. Après 7 canettes de bière chacun, nous avions quitté le restaurant pour la patrouille habituelle au port. Ce soir-là, nous devions juste vérifier qu’aucun petit fouineur ne soit entrain de trainer. Mais du côté du hangar, ce ne fut pas une petite souris que nous avions coincée mais bien 3 gros rats. De quoi nous amuser pendant une bonne partie de la nuit. Par groupes de deux, nous mirent la main sur l’un des rats. Chaque paire pouvait disposer du captif comme bon lui semblait. J’étais avec un homme de 13 ans mon aîné… Je dois avouer que les cicatrices sur ses bras et sur son torse m’impressionnaient particulièrement. Cette nuit, il avait décidé que nous ferions travailler mon imagination.

L’intérieur du hangar était composé d’un grand espace rempli de façon plus ou moins ordonné de conteneurs. Vers le fond, se trouvait un escalier menant à un bureau et une remise, où des outils étaient entreposés. C’est dans cette dernière que nous nous étions installés. La lumière jaunâtre vacillait au grès de ses envies. L’homme fut jeté contre un mur. Son corps percuta violemment le béton avant de retomber sur le sol. Je le trouvais pitoyable, tout comme je me serais trouvé pitoyable à sa place. Son visage se tordit de douleur avant que la rage n’apparaisse. En se remettant péniblement debout, il nous invectivait. Pauvre petit papillon empêtré dans une toile d’araignée. Autour de moi, je me suis mis à chercher un objet précis. Lentement, je me suis emparé d’une barre de métal. Mon aîné s’était jeté sur l’homme, le maintenant avec force. L’expression de l’inconnu s’était faite étonnée avant de céder la place à la panique. Il pensait sans doute que nous voulions en finir rapidement mais tout ne faisait que commencer. J’ai frappé dans ses genoux, dans ses côtes. Aucun son à part ses cris ne perçait l’air de la pièce. Aucune émotion ne lisait sur nos visages, je ne ressentais rien de précis. Pas de jouissance, pas de plaisir pourtant mon esprit était entièrement focalisé sur la destruction lente de cet homme. C’était comme une obsession dévorante qui s’était emparée de moi.

Une fois, qu’il lui fut impossible de tenir debout, je lançais la barre dans un coin et je réfléchissais à la suite. L’homme de mon oncle me fixait impassiblement. Mes yeux croisèrent son regard de nuit et j’eus l’impression d’avoir mis le pied dans un autre monde. Machinalement, mon corps bougea et mes pieds me guidèrent vers le bureau. Du regard, je détaillais les objets présents sur le bureau. Mes mais se saisirent d’une agrafeuse et d’une paire de ciseaux. Satisfait de mes trouvailles, je revins à la remise. L’homme était allongé nu sur le sol. Malgré la douleur, sa verve n’avait pas diminué. Je devinais que mon aîné devait avoir une idée derrière la tête mais laquelle…Je n’étais pas habitué à ce genre de situation et les seuls moments, auxquels j’avais du participer, étaient les violents combats à mon école. L’homme de main était adossé à un mur, une cigarette coincée entre les lèvres. Bien que son visage reflétât une inexpressivité totale, je sentais qu’il souhaitait la disparition de l’inconnu. Profitant de l’inattention que l’on me portait, je me dirigeais vers la poupée étendue à terre. Ses paroles commençaient sérieusement à m’énerver et d’un geste vif, j’attrapais son visage. Sans m’attarder sur son regard, j’agrafais minutieusement ses lèvres. Un ‘clac’ sonore résonnait dans la pièce et je me sentais petit à petit apaisé… Lorsque j’eus fini, le sang perlait lentement sur son menton. L’image d’une tête de poupée vaudou m’apparut soudain… Mon aîné fit claquer sa langue contre son palais, ma tête se redressa vers lui et il me fit signe de couper le sexe.

J’avais entendu dire que leur des corridas en Europe, on coupait la queue et les oreilles du taureau et je me fis violence pour ne pas esquisser un sourire étrange. Voyant que j’étais trop perdu dans mes pensées, où des images farfelues se succédaient, l’homme quitta la pièce. Cinq minutes plus tard, il réapparaissait avec deux couteaux. Je l’interrogeais du regard, mais ce dernier ne me répondit pas. Il me tendit un couteau dont je me saisis, alors qu’il gardait le second. Pendant que je me plaçais au niveau de son entrejambe, il s’était placé au-dessus de sa tête. Dans des gestes parfaitement synchronisés, nos bras se levèrent s’abattant d’un coup sec sur les zones visées. Un cri aigu s’échappa du corps sur lequel nous travaillions. Des spasmes de douleur l’agitèrent, alors que je jetais écoeuré le membre flasque. Mais je me rappelais bien vite, que je ne savais pas quelle partie, mon comparse avait coupé et quand mes yeux remontèrent le corps pour arriver jusqu’à la tête, je vis du sang courir le long des tempes… Les oreilles avaient été coupées… Mes lèvres s’entrouvrirent et un rire enfantin s’échappa de mes lèvres, toutefois, je finis par le contenir rapidement en sentant la main de l’homme de mon oncle sur ma tête. Le temps filait sans se préoccuper de nuit et il était temps d’en finir. Silencieusement, il me colla son revolver entre les mains. Je fuis presque déçu de comprendre, que tout devait s’arrêter. Mais de toute façon, la souris ne servait plus à rien… Je m’approchais de lui, pointait le pistolet sur son front et tirait. Sous le choc, la tête mutilée partit en arrière, ses yeux me fixèrent avec effroi et même dans le sommeil éternel, l’expression restait inchangée. Je ne pris pas la peine de fermer les yeux… Cela ne m’empêcherait pas de dormir.

En quittant le hangar, je baissais les yeux, un peu déçu. Mon aîné passa son bras autour de mes épaules et me souffla de sa voix rauque un brin éraillée « T’es jeune, t’as le temps d’apprendre. ». Sa main glissa dans ma nuque, ma tête vint s’appuyer contre son épaule. J’avais soudain envie de dormir.
Le lendemain, vers midi, alors que j’étais entrain de nourrir les chiens, j’appris que l’homme avait servi à faire la pâtée du jour et que l’on avait récupéré ses organes, fait qui ne m’étonnait pas du tout. Les chiens mangeaient avec un tel appétit, que j’en conclu qu’il ne devait pas être mauvais… M’asseyant en tailleur, je repensais au coup de feu, je me demandais si on pouvait faire imploser un homme avec un pistolet… J’imaginais ce que cela donnait avec une grenade glissée entre les cuisses… Une vision amas de chair et d’organes dispersés explosa dans mon esprit. Une langue rugueuse vint me lécher la joue… Un soupir s’échappa de mes lèvres et je vidais le restant de l’homme dans la gamelle d’un des chiens.

C’est à moment-là, que je suis vraiment entré dans la mafia. Mais j’ai découvert d’autres choses durant cette période aussi… Cependant ce sont encore d’autres histoires…

Bon, je vais m’occuper de William avant qu’il ne devienne trop insupportable.
Merci d’avoir fait passer le message à mon père,
A bientôt,

Le Sheng
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Reishin Lan
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MessagePosté le: Mar 19 Fév - 10:28 (2008)    Sujet du message: La faune de mes souvenirs retrouvés. Répondre en citant

[5eme lettre/email, Shanghai]

From : Lu-hyan303@163.com

To : natsuo.tatcorporation@mail.goo.ne.jp

Subject : ....

Bonne année Natsuo !

Bon je te l'ai déjà dit au téléphone -le jour même et je te réponds avec un peu de retard- mais cela ne coûte rien de le répéter.
J'avais oublié l'effet de retrouver. La voix grave de mon grand-père s'était évaporée de mon esprit. Les traits de son visage semblent le figer dans une sorte de masque à l'expression tranquille et sournoise. Ses petits yeux noirs ont gardé la même étincelle, que j'observais avec curiosité enfant. Le temps a beau avoir fait son oeuvre, à mes yeux, il reste toujours ce même homme. Cet être sévère qui ne laissait jamais rien lui échapper et qui réprimait le moindre écart envers le clan – rien a changé à ce niveau-là non plus. Il gère avec cette poigne de fer les deux branches et je crois être sincère quand je murmure mon admiration. Personne à l'heure actuelle n'est capable d'unifier à ce point notre clan. Bien sur les mécontents ou les traîtres n'ont pas eu et n'auront plus jamais l'occasion de s'exprimer mais peu importe. Je passerais les détailes de la soirée et de celle de la cérémonie des ancêtres. Elle était en tout point identique à celle à laquelle tu as assisté, il y a 16 ans. L'être humain semble se satisfaire de certains cadres immuables qui le fixent dans le temps. A cet instant précis, tu oublies si tu as 8 ans, 14 ans ou 30 ans. Les souvenirs du passé se conjuguent au présent et le goût indescriptible d'une intemporalité s'immisce dans l'esprit. Ainsi adulte ou enfant, le même sentiment m'a habité, celui de revoir avec plaisir ma famille ou plutôt certains de mes cousins.

Une fois, les salutations de rigueur faites, nous avons laissé le reste du clan pour nous retrouver entre nous. Sur la table en bois laqué, deux bouteilles d'alcool trônaient, une bouteille d'alcool de riz et une bouteille de champagne. La lumière caressait doucement les flûtes et les coupes disposées en rang discipliné au centre de la table. Des fauteuiles en cuir cernaient la table. Chacun s'installa surveillant la place que les autres allaient occuper, malgré la silencieuse hiérarchie régnante entre nous, nous nous comportions encore comme des adolescents insouciants. Personne ne voulait songer aux affaires dont nous devions nous occuper à un moment ou un autre. Je me contentais d'observer discrètement Shu Xian. Nous avions grandi ensemble jusqu'à ce que le clan mette en place sa politique de gestion de son avenir. Bien que ce sujet ne fut jamais clairement abordé avec moi, je me suis toujours douté que chaque événement dans notre famille n'était jamais innocent. Nous savions tous que notre place avait été décidée et aucun ne songeait à contester quoique ce soit... Quand j'y pense, je me demande si cela ne va pas de paire avec la mort de ma mère... Alors que j'étais pardu dans mes pensées, la voix de Shu Xian me ramena à la réalité. Il me fixait les yeux teintés d'amusement et d'inquiétude. Je restais dubitatif un instant ne sachant les propos qui s'étaient échangés puis je crois avoir esquissé un sourire désolé. Doucement, il pencha sa tête sur le côté et je revis les après-midis pluvieuses, où profitant d'un moment de solitude, je m'allongeais sur le carrelage froid des vestiaires. Le silence régnait.... Le bruit de l'eau contre les vitres me berçait. Oubliant tout, mes paupières se fermaient. Au bout d'un moment, une voix venait toujours briser la quiétude dans laquelle je m'enveloppais. Mes yeux se rouvraient pour rencontrer inévitablement les siens. Son sourire serein ne quittait jamais son visage. Comme un adolescent las, je me redressais un peu, lui se baissait et tous deux, nous nous asseyions contre les casiers métalliques usés pour certains. En revoyant son expression, j'eus envie de me confier à lui. Sans doute est-ce la seule perosnne à qui j'ai pu parler sans détour...

Après une brève hésitation, je l'entrainais vers un petit salon à l'écart. Me calant dans le canapé, je détaillais la pièce puis mon regard se reporta sur lui. Sa silhouette était identique à sa carrure sportive, qu'il possédait lorsque nous avions 15 ans. Pas d'alliance et je m'en étonnais. Bel homme, adorable même si derrière son sourire doux se cachait une poigne de fer, je pensais honnêtement qu'il serait marié. Une image traversa mon esprit, un vieux rêve que j'avais caressé du bout des doigts. Les mots finirent par s'échapper de mes lèvres, je voulais comprendre que ce rêver était bel et bien mort. Alors je parlais d'Aki, de ma peur d'être père, de mes doutes, de mes désirs. Nous n'avons pas été élevés dans un environnement que le commun des mortels qualifierait de normal, même si pour nous, il s'agissait bien d'une norme. Mais Mei Mei a sans aucun doute élevé Aki dans un milieu plus sain, avec plus d'amour ou d'attention. Souvent, je me suis interrogé au sujet de leur rythme de vie, de ce qu'il faisait au collège... Je me doute, que ce qu'il a vécu est diamétralement opposé à la concurrence rude et à la solitude relative que j'ai pu connaître. Oui, ma mère et moi, nous nous entendions très bien, mais ces moments ne représentaient qu'un pourcent de ma vie. Le reste n'était que compétition scolaire et sportive. Je ne saurais dire, si c'est la vie mais en tout cas, ce fut un bout de la mienne.

Néanmoins discuter avec lui m'a permis de faire le point sur certains détails, comme de me rendre compte que malgré mes racines, je ne suis plus chez moi, ici. Le Sheng aurait-il commencé à disparaître ? Qui sait... Un nom ne peut résumer une identité et l'être humain est en perpétuelle évolution. Peu m'importe ce que je suis et ce qu'autrui pense de moi. L'important à mes yeux reste la cohérence de mes actions par rapport à mes principes. Vieillir me libère de mes craintes, que je nourrissais quand j'avais 20 ans. Je sais ce à quoi je dois tendre et le chemin auquel je ne peux échapper.

Un nouveau chapitre sera bientôt entamé. Je ne sais de quoi il sera fait, bien que les protagonistes ne me soient pas inconnus. Ils danseront sur la scène de la vie, jusqu'à ce que l'un d'eux disparaisse puis reprendront leur indicible mascarade.

Le retour approche...
Je te tiendrais au courant des préparatifs...

Le Sheng
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Reishin Lan
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MessagePosté le: Ven 22 Fév - 12:36 (2008)    Sujet du message: La faune de mes souvenirs retrouvés. Répondre en citant

[6eme lettre/email, Shanghai]

From : Lu-hyan303@163.com

To : natsuo.tatcorporation@mail.goo.ne.jp

Subject : Retour

Salut !

Le redoux a fini par s’installer. Un soleil encore un brin timide essaie de prendre possession de la ville.

La famille est à nouveau dispersée… William et moi avons repris notre vie. Dans deux jours, nous repartirons chacun de notre côté. Pour partir l’esprit serein, je me suis senti obliger de me plier à quelques visites de circonstances. La première fut dédiée aux parents de Mei Mei. Je voulais à la fois présenter mes excuses pour ne pas avoir été là et aussi leur parler d’Aki. Etant donné qu’il s’agissait de ses grands-parents, j’estimais qu’ils avaient le droit de savoir où il habitait précisément en ce moment. Contrairement à ce que je pensais, aucune mélancolie ou tristesse ne s’immisça dans mon esprit pendant que je faisais le trajet. Je m’interrogeais plus sur leur réaction en me voyant. Calmement, je sonnais à la porte, que je connaissais si bien –par bonheur, ils n’avaient pas déménagé- et j’attendis que l’on vienne m’ouvrir. Dans mes mains, je tenais le cadeau de rigueur en cette période. Un vieil homme ouvrit la porte. Malgré l’œuvre du temps, je reconnus immédiatement son père. Certes, il avait l’allure d’un homme un peu tassé mais c’était tout. Nous restâmes à nous détailler un moment qui me parut fort long, puis il signe d’entrer l’air rassuré.

Les meubles avaient beau être un poil plus moderne, je gardais la même sensation en entrant qu’avant. Alors qu’il me dit de mettre à l’aise dans le salon, il finit par s’éclipser. Seul, je regardais autour de moi avant de m’approcher de photos disperséss soigneusement sur un buffet. Mei Mei rayonnante tenait contre elle un poupon. Sur d’autres, elle bordait l’enfant ou lui apprenait à marcher. Machinalement, je saisis un cadre avant de le reposer à sa place. Autant de moment que je n’avais pas partagé avec eux et que rien ne pourrait rattraper. Mes mains placèrent le paquet sur la table basse puis mes doigts s’entrecroisèrent, pendant que je m’asseyais. J’attendais. Sa mère et son père arrivèrent et je leur présentais mes excuses avec sincérité. Je ne l’aurais fait pour personne d’autre. Sa mère prit place à mes côtés m’expliquant que Mei Mei n’avait jamais voulu me ternir au courant, qu’elle s’en serait voulu que je revienne pour élever l’enfant avec elle, que nos souvenirs suffisaient à la rendre heureuse. Je l’écoutais sans savoir ce que je devais dire. Puis lorsqu’elle eut fini, je lui parlais d’Aki, je la pressais de questions mais au lieu de me répondre, elle me dit avec simplicité.

« Ce que tu découvriras par toi-même aura plus de valeur que tout ce que nous pourrons te dire… »

Après avoir passé une bonne heure à leur côté, je les quittais pour me rendre au cimetière familial. Je me recueillis un moment sur la tombe de ma mère. Le soleil commençait à briller avec plus d’insistance. Mes mains se glissèrent dans les poches de mon manteau gris, tandis que je me dirigeais tranquillement vers la sortie. Je me sentais enfin prêt à retrouver ma place dans le clan, prêt à emprunter une nouvelle voie. Avec ce retour, j’ai déjà fait un pas vers ma nouvelle vie.

Mon avion décollera en début d'après-midi… J’espère que tu as bien reçu le paquet que j’ai envoyé !

A bientôt

Le Sheng

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:51 (2018)    Sujet du message: La faune de mes souvenirs retrouvés.

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