Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas Index du Forum
Kyouri Zen'kei : Ville natale des Yakuzas
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Attrape-moi si tu peux!

 
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Akiyoshi HuaXiang
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MessagePosté le: Sam 1 Déc - 13:26 (2007)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

[PV!]

Rien ne changeait. Etre ici, ou ailleurs, c’était toujours le même ciel, la même vie, avec des paysages différents, des personnes différentes, mais à la base, il h’y avait pas beaucoup de différence. Se lever, prendre un petit-déjeuner, aller à l’école… Il avait refusé d’avoir quelqu’un qui l’amène en voiture et qui vienne le chercher tous les jours. En dehors des cours, cela lui convenait, mais imaginez la tête que feraient ses camarades de classe en arrivant dans une voiture de luxe alors qu’il faisait tout pou paraître être un gamin de classe moyenne. Reishin lui avait donné un nouveau portable, comme il avait demandé, avec bien entendu la carte qui allait avec. Il pouvait appeler tant qu’il voulait, mais qui pouvait-il appeler à vrai dire ? Il avait également reçu une carte de crédit, et elle s’avérait être utile quand il avait besoin d’argent, surtout que son père biologique ne semblait pas être du type à vouloir être dérangé chaque fin de semaine pour une réclamation d’argent de poche. Et finalement, il avait eu une nouvelle carte d’identité. Son prénom était resté le même, mais le nom de famille était japonais. Mesure de précaution, très certainement. D’ailleurs, il n’y aurait rien d’étonnant si un garde le suivait jour et nuit, sans montrer sa présence.

Après les cours, il avait donc décidé d’aller faire un tour au Game Player, une salle d’arcade dont il avait entendu parler. Cela faisait un moment qu’il n’avait plus touché à des jeux vidéo, et changer de la routine monotone qu’il avait adopté ces derniers temps lui ferait le plus grand bien. A l’école, les profs l’avaient déjà remarqué, le cataloguant comme ‘élève perturbateur’ de la classe. Il n’avait rien fait de mal pourtant. Un peu d’arrogance, ça ne faisait pas de mal, hein ? Bref, pas tout le monde ne partageait son avis, et il avait déjà eu un rendez-vous chez le proviseur, qui ne fit pas venir ses parents imaginaires soi disant partis à l’étranger pour affaires. Officiellement, il vivait seul grâce à de l’argent qu’on déposait tous les mois sur un compte. Ca lui convenait.

Dans la demeure de Reishin, tout était toujours silencieux. D’ailleurs, ça le rendait nerveux, ce silence. C’était presque malsain, et il mettait toujours son casque sur ses oreilles pour échapper à ce calme envahissant. Il essayait parfois de parler avec le personnel, mais ce dernier fuyait toujours, ne semblant pas vouloir entamer une conversation avec lui. Par peur peut-être… mais de quoi ? Il inséra un jeton dans une machine en remuant ces pensées. Empoignant le joystick de sa main droite et laissa ses doigts frôler les boutons de contrôle, il avait décidé de faire une partie de tennis virtuel, sport qu’il appréciait, comme la plupart des autres sports en fait. C’était la seule chose qu’il aimait à l’école. Les études, ça ne l’intéressait pas plus que ça, mais les paroles de sa mère restaient encore dans son esprit, comme pour le hanter, lui disant qu’il fallait qu’il réussisse dans les études. Il pensait à elle sans cesse, se demandant ce qu’elle dirait, ce qu’elle ferait et pourquoi elle n’avait pas décidé d’aller retrouver l’homme qu’elle aimait.

Se déconcentrant de sa partie, il perdu lamentablement, et alla vers une autre machine. De tir cette fois-ci. Attrapant le faux pistolet de couleur bleu fluo, il se mit à tirer sur les ennemis virtuels, en manquant parfois un ou deux, mais tirant avec une certaine précision. Akiyoshi se doutait bien que tirer dans la vie réelle, ce n’était pas la même chose que dans un jeu, et s’il était bon en jeu, cela ne voulait pas dire qu’il savait se servir d’une arme. Il en avait rarement vu une sinon accrochée à la hanche d’un flic qui passait. La partie finit, il visita d’autres jeux encore, voyant s’il y avait des nouveautés, si ils étaient différents de son pays d’origine. Puis, quelque peu lassé et fatigué, il se surprit à avoir un petit creux, et se dirigea vers le coin snack du Game Player. L’adolescent commanda alors une grande portion de frite, avec un double cheeseburger et une portion de chicken wings, ainsi qu’un grand soda. Et oui, c’était ce qu’il appelait ‘avoir un petit creux’. S’asseyant seul à une table, il commença à déguster son goûter, observant les gens autour de lui.

Sur une table voisine de la sienne, il y avait quelques filles qui parlaient d’une voix forte, et qui riaient à chaque fois qu’il se tournait vers elle. Ne voulant pas faire plus ample connaissance avec ces dindons, il regarda autre part. Des parents avec leurs enfants, des camarades de classe discutant d’une voix enjouée, encore des parents avec leurs enfants… Attrapant son soda, il en but de grandes gorgées, regardant tout ce qui se passait autour de lui comme une scène de cinéma, imaginant un psychopathe débarquer et tuer toutes les personnes présentes, dont lui compris. S’il mourrait, quelle serait la réaction de Reishin ? Indifférente probablement, ils ne se connaissaient toujours pas, et avaient rarement eu l’occasion de bavarder. Et de quoi parleraient-ils ? Des différents moyens de torture chez les freelances, ou bien des prochains assassinats ou trafics qui rapporteraient énormément au clan ? Sans façon.

Il pensa alors à rentrer, n’ayant plus grand-chose à faire par ici, sauf si une merveilleuse rencontre lui tombait dessus. Akiyoshi ne se doutait absolument pas du drame qui allait lui tomber dessus, et aurait fui le plus rapidement possible s’il était au courant. Passant sa langue sur ses lèvres salées, il finit les dernières frites qui lui restaient avant de s’essuyer les doigts, prêt à partir alors qu’au loin, quelqu’un approchait…
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MessagePosté le: Sam 1 Déc - 13:26 (2007)    Sujet du message: Publicité

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Suô Saruahô
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MessagePosté le: Jeu 6 Déc - 21:35 (2007)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Le Singe avait repris ses activités 'normales', si on peut qualifier d'anodin le fait de participer à des transactions douteuses la nuit tombée, à l'écart de la ville, ou celui de passer son temps à user les nerfs de ses collègues. Cependant depuis qu'il avait été privé de son animal, il y à quelques jours déjà, il était beaucoup moins présent. Pas qu'il ne se soit éloigné du repère et de ses fonctions, non, mais cela faisait un moment qu'on n'entendait plus parler de lui et de ses pitreries, qu'on ne l'avait vu courir dans les couloirs du Q-G et renverser des piles de papiers sur son passage, qu'on n'entendait plus ses exclamations pleines de malice depuis l'autre bout du bâtiment, le tempérament du jeune homme avait littéralement été refroidi à partir du moment ou son dernier caprice n'avait pu aboutir. Il n'en voulait pas vraiment au Chef, après tout le rouquin avait commis une erreur et la responsabilité de cette affaire lui revenait totalement, par-contre il ne supportait plus les ragots qui lui retombaient dessus, et pas une heure ne passait sans qu'on lui rappelle à quel point il avait été stupide de ramener un inconnu au Repère.

Depuis, il évitait comme il le pouvait les Freelances, usant de techniques enfantines comme par exemple celle de prendre les escaliers de secours pour grimper dans son antre et ne croiser personne sur son chemin, et quand, malgré lui, il se retrouvait en face d'un garde trop moqueur à son goût, il n'écoutait que son instinct et répondait ouvertement à la provocation, créant de sérieuses tensions dans les couloirs avant de s'éclipser. Suite à une de ces querelles, Suô fut appelé au bureau de l'Otoosan. Il avait cru qu'il se prendrait des sermons pleins la figure, mais il semblait que Reïshin avait trouvé bien mieux pour le calmer, ou tout du moins pour l'éloigner un temps du Quartier général. Mais jamais il n'aurait imaginé ce qui allait suivre.

Le jeune homme était 'promus' au rang de Garde du corps personnel, si on pouvait appeler cela une montée en grade, et la 'chose' dont il devrait assurer la sécurité n'était autre qu'un ... qu'un gamin. Certes, le Chef avait bien précisé qu'il s'agissait de son propre fils caché, mais cette information là importait peu aux yeux de Suô qui ne parvenait toujours pas à réaliser le travail qui lui incombait: à cette annonce, il avait aussitôt tiré la gueule sans se soucier de ce que pourrait en dire l'Otoosan tout en chantant qu'il n'était pas rentré chez les freelances pour jouer les nounous, enfin ça c'est ce qu'il aurait voulu exprimer, néanmoins les ordres étaient les ordres et il s'était contenté de fourrer ses mains dans ses poches et de tourner le dos à son Chef pour seul signe de mécontentement, s'efforçant de ne pas broder sur le fait que malgré son jeune âge il ne fallait pas en profiter pour lui refiler les boulots les plus dégradants.
S'il avait un peu plus réfléchi sur le coup, il aurait pu se demander si c'était un honneur que de garder le môme de Reï, mais cette idée ne lui avait même pas effleuré l'esprit.

Sans demander plus de détails, il était sorti du bureau une photo d'identité en poche, question de reconnaître le p'tit Aki à la sortie des cours, mais mis à part le nom, l'image d'une tête blonde au regard provocateur et l'adresse du collège qu'il fréquentait, le Singe ne savait rien du marmot. Il l'avait attendu devant le portail du collège, adossé au grillage, une clope entamée entre les dents. En remarquant le petit minois lui passer sous le nez il avait balancé la cigarette encore fumante dans le caniveau et avait commencé sa filature tranquillement. Il n'allait pas l'aborder tout de suite, pas devant cette foule bruyante de collégiens. Le jeune homme vêtu comme a son habitude de vieux jeans délavés et d'une chemise rouge, à croire qu'il n'avait que de ça dans sa garde-robe (où qu'il ne se changeait jamais...), slalomait habilement parmi la masse affluente de personnes en cette fin d'après-midi hivernale. Le ciel prenait déjà les teintes d'une nuit sombre alors qu'il gardait un oeil sur la chevelure dorée quelques mètres devant lui, coincée entre un homme coiffé d'un chapeau et un jeune étudiant. Mais où allait-il comme ça ? Ce n'est que plus tard qu'il comprit, en apercevant l'enseigne lumineuse du Game player qui clignotait dans l'avenue bondée. Le singe n'hésita pas une seconde à s'y engouffrer à la suite d'Akiyoshi.

Ce qu'il n'avait pas prévu c'était la présence de ce qu'il aurait pu appeler une ancienne connaissance. Une poigne puissante le retint par l'épaule et le força à se retourner, ce n'est qu'alors qu'il croisa le regard bleu nuit qui le fixait d'une lueur sournoise. La silhouette était toujours aussi puissante, le charme émanant de cette personne toujours présent. La bouche glissa jusqu'à son oreille pour qu'il puisse entendre ces quelques mots à-travers le vacarme incessant des flippers et des discussions animées.


-Suô-kun, ça fait un bail ...

Le rouquin fronça les sourcils et chercha à se dégager mais cet 'ami' qui semblait décidé à le coller.

-Ren, c'est pas le moment tu vois je ...

Il détourna la tête du visage au sourire narquois, mais trop tard. Son protégé avait échappé à son regard. Ce n'est qu'une bonne demi-heure plus tard qu'il parvint à échapper aux filets du grand brun, profitant du flot incessant de jeunes joueurs qui les bousculaient, il avait plongé entre deux machines et disparu de la vue du délinquant. Il devait à tout prix retrouver rapidement le gosse, le Singe ne pouvait se permettre d'échouer une mission aussi simple, et à présent il fonçait dans tous les sens, parcourrant la salle de jeux d'un bout à l'autre, mais rien à faire: en ce début de soirée elle était pleine à craquer et impossible de dénicher l'enfant. Il allait renoncer et se ruer dehors au cas-où il soit sorti, quand il se retrouva face au snack et il lui apparu avec une telle évidence que Suô parti d'un rire nerveux en l'examinant grignoter une dernière frite. Quel sale gamin, lui faire des frayeurs pareilles... qu'est-ce qu'il se serait pris comme raclée s'il rentrait sans avoir fait son job' ! Ni une, ni deux, le Singe décida d'aller se présenter, après tout ce serait mieux de boucler cette partie-là du travail au plus tôt. Il se dirigea vers la table ou était installé le garçon et s'assit devant lui avec nonchalance, sans prononcer un mot, seul un sourire malicieux annonçait ce qui allait suivre. Il commença pas le détailler silencieusement, yeux dans les yeux. Alors c'était ça le fils de Reïshin ? Pas très impressionnant ... pas très ressemblant non plus. Aurait-il pris les traits de sa mère alors ? Sa première phrase fut lancée d'un ton enjoué.

- Ca fait longtemps que tu t'es décoloré les cheveux ? Une vraie graine de voyou !

Sa main s'insinua sur la table et attrapa la paille désormais inutile dans le gobelet en plastique pour jouer avec, pensivement, tandis qu'il continuait du même ton.

-Je m'appelle Suô. Mais on me donne plus souvent le titre de Singe.

Et il se sentait d'humeur joueuse, pourquoi ne pas céder à cette envie de taquiner son interlocuteur ? Il leva un sourcil charmeur et souffla.

-Tu es tout seul ... ? On pourrait peut-être ... s'amuser ensemble tous les deux ...

Ses doigts avaient relâchés l'objet en plastique et se faufilaient sur la surface du comptoir à la recherche de la main d'Akiyoshi. Ce caractère était le sien, et qui sait ce qui était passé par le tête de l'Oyabun quand il avait décidé de faire de lui un garde du corps personnel de son propre rejeton.
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Akiyoshi HuaXiang
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MessagePosté le: Dim 9 Déc - 00:54 (2007)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Akiyoshi avait déjà mis la main sur son sac et s’apprêtait à se lever quand un homme, assez jeune, aux cheveux rouges et habillé d’une chemise de la même couleur s’installa en face de lui. Intrigué, il ne dit rien et resta silencieux, attendant la suite des évènements et le détaillant d’un œil critique. Cette attitude complètement désinvolte, cette frivolité qui émanait de lui… Mais qu’est-ce qu’il était, ou plutôt qui était-il au juste et surtout, qu’est-ce qu’il lui voulait ? Méfiant quant à l’arrivé de cet inconnu, on n’était jamais trop sur ses gardes après tout, surtout si on n’était le fils d’un gros mafieux, il ne répondit pas à sa question. Lui-même ne se rappelait plus de l’époque à laquelle il les avait décoloré. C’était sa période rebelle, mais il avait tout de même décidé de les garder comme ça. Et dire qu’il s’était même fait un piercing à la lèvre inférieure. A se demander ce qui était passé par la tête de ce gamin au moment où il l’avait fait… Enfin, le passé était le passé, et il ne regrettait rien.

Etudiant de plus en plus attentivement ce dénommé Suô, il était clair qu’il avait une attitude de singe. Peut-être qu’il avait besoin d’être piqué. Une consultation chez le vétérinaire pouvait s’avérer nécessaire… En tout cas, l’adolescent en émit trois hypothèses. La première était que ce singe était un membre d’un clan ennemi et donc qu’il lui voulait forcément du mal, la deuxième était qu’il était un pédophile qui passait par-là et qui n’avait rien d’autre à faire que de faire chier un mineur, et la troisième, tellement improbable mais pourtant possible, que cet homme était un homme de main de son père. Après tout, c’était normal, et Akiyoshi avait même été assez étonné qu’il le laisse se balader dans la rue sans un garde du corps personnel, bien qu’il se doutait que avant Suô, quelqu’un avait dû le surveiller de loin. En tout cas, cette personne était des plus suspectes, et s’il était vraiment employé chez les Freelances, Akiyoshi avait peur de voir le reste du clan…

A présent, il penchait d’ailleurs de plus en plus vers la seconde théorie : ce gars était un pédophile. Ou alors il pouvait associer cette théorie avec l’une des deux autres. Et s’il voulait jouer à ce jeu, pourquoi pas. Ils étaient en effet seuls, et ils pouvaient s’amuser un peu ensemble. Lui lançant un sourire d’ange, il laissa le singe lui prendre la main, sans la retirer, mais sans non plus répondre à ce contact qui était déjà bien trop intime à son goût, vu qu’ils ne se connaissaient pas, et ce n’était pas comme si Suô s’était correctement présenté à lui.


- Ok si tu veux t’amuser, à une simple condition. Essaye de m’attraper avant que je n’arrive à la sortie de cette arcade. Si tu gagnes, on fera ce que tu veux. Si tu perds… lâche-moi les baskets et retourne d’où tu viens.

Même s’il perdait, Akiyoshi n’avait, bien entendu, aucune intention de tenir parole. Comme s’il allait donner son corps au premier venu, il ne manquait plus que ça. Il retira alors sa main, et jeta un bref coup d’œil autour de lui. Il y avait extrêmement de monde, et il pouvait gagner facilement, même avec une coupe de cheveux qui ne passait pas inaperçu, mais s’il s’accroupissait. Reportant son regard sur Suô, il lui sourit, n’attendant aucunement sa réponse alors qu’il se leva de table, enfilant sa besace sur son épaule. Si ce gars était vraiment un homme de main de son père, il n’avait aucune envie d’avoir quelqu’un qui le collait tout le temps, et surtout pas un énergumène comme lui…

- Bien entendu, tu me laisses une petite avance, hein ? Vu que je suis plus petit que toi, mes jambes sont plus courtes !


Et puis, il était bon en sport mais ça ne voulait pas dire qu’il était plus rapide d’un adulte de la taille du singe. Sans même attendre une quelconque réponse, il bondit comme les athlètes qui s’élancent après avoir entendu le signal de départ, et se faufila entre les masses de personnes, s’accroupissant un peu et courant aussi vite qu’il ne le pouvait. Il ne regarda pas en arrière, car cela le retarderait. L’entrée de la salle de jeux vidéo était à complètement à l’opposé, et il décida de bifurquer pour aller dans des coins où les machines étaient de taille plus conséquentes, et décida de faire une pause et de se cacher dans un de ses simulateurs où les personnes extérieures ne pouvaient pas voir l’intérieur. Reprenant doucement son souffle, il espéra simplement que ce Suô ne l’avait pas vu entrer par là.

Réfléchissant rapidement, il calcula le reste de la distance à parcourir. Un peu plus de la moitié, ce qui faisait… oh, il ne savait pas. Peut-être trois cent mètres, peut-être moins, mesurer la distance, il n’avait jamais été très doué pour ça. S’approchant d’un des rideaux, il essaya de repérer discrètement une masse de cheveux rousse. Comment ce gars pouvait-il espérer qu’Akiyoshi reste sagement avec lui alors qu’il était possible que ce soir un homme avec des intentions malhonnêtes pour les enfants plus jeunes. Et il était super douteux en plus ! Le lycéen se demanda un instant s’il devait peut-être appeler Reishin, mais il pensa alors que ce dernier ne voudrait probablement pas être dérangé pour des conneries pareilles. Soupirant, il décida de rester encore quelques instants dans le simulateur, histoire de voir s’il arrivait à repérer le rouquin dans cette masse de gens. Mais s’il tardait trop, ce dernier pouvait très bien le bloquer avant qu’il n’arrive à l’entrée, en se postant à un coin stratégique.


- Et merde…


Dernière édition par Akiyoshi HuaXiang le Dim 20 Avr - 17:09 (2008); édité 1 fois
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Suô Saruahô
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MessagePosté le: Sam 15 Déc - 12:34 (2007)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Suô ne se posa même pas la question de savoir ce que je jeune garçon pourrait penser d'un individu comme lui, à vrai dire il avait tellement l'habitude de se comporter comme ça et de fréquenter des personnes qui soit l'ignorait, soit le prenait pour un taré, ou même les deux à la fois, que le regard inquisiteur du gamin ne le fit pas réagir. Il aurait pu se présenter dès le départ mais non, il avait fallu qu'il joue comme toujours. Et qui dit que le fils du patron ne se serait pas enfui en apprenant l'identité du rouquin ? Autant s'amuser alors.

Il fit un grand sourire en obtenant sa réponse, satisfait. C'était bien la première fois qu'on jouait le jeu et que quelqu'un allait faire mumuse avec lui. Il ne se formalisa pas du fait qu'Aki n'était encore qu'un ado, peu importait le partenaire de jeu tant qu'il y prenait son compte. Il glissa d'une voix sournoise en se penchant vers l'intéressé.


-Tout ce que je veut, hein ? Ca à le mérite d'être intéressant ... j'accepte tes règles, petit.

Bien sûr, le môme pouvait toujours rêver pour que le Singe lui lâche la grappe, même s'il perdait. Suô était de toute évidence un fin tricheur, et contourner les lois était un passe-temps fort divertissant. Il se passa une langue avide sur les lèvres. Que ferait-il s'il gagnait par-contre ? Il n'allait tout de même pas toucher au garçon de Reishin, et s'imaginait déjà le canon du revolver de L'Otousan pointé sur sa tempe s'il faisait quoique ce soit à l'enfant. Mais le rouquin avait tout de même une petite idée quand à ce qu'il pourrait exiger en fin de partie. Car il comptait gagner, après tout, il n'était pas surnommé le Singe pour rien. Il ricana alors que le blondinet se levait, et en détaillant la chevelure plus que voyante, il se dit que toutes les chances étaient de son côté.

-Bien, allez va mon garçon. Je tiens juste à te prévenir que je suis connu comme très doué pour la course.

Il n'ajouta pas que s'il était si rapide c'était qu'il avait eu largement de quoi s'entraîner durant les courses- poursuites dans le repère où il parvenait toujours à échapper à des gardes enragés. Comme quoi, il prenait la fuite après avoir fait l'imbécile mais avait acquis une compétence non négligeable pour son boulot. Suô jeta un oeil à la salle. Il mémorisa rapidement l'emplacement des machines de jeux, depuis l'entrée jusqu'ici, tout était déjà imprimé au fond de lui. N'oublions pas que pour fuir, il faut connaître par coeur le terrain, et il avait appris à dessiner automatiquement un plan des lieux qu'il traversait dans son esprit, de manière à ne rien omettre et à mettre toutes les chances de son côté.

Son sourire s'élargit quand le garçon s'élança pour disparaître dans la foule. Il allait en baver, mais sentait doucement l'adrénaline monter, et qu'est-ce qu'il aimait ça. Le simple fait d'imaginer des représailles d'ordre supérieur s'il échouait à sa mission l'emplissait d'excitation. Il se leva rapidement et balaya les alentours du regard, brèvement, avant de se ruer dans la direction où était parti Akiyoshi. Il évitait agilement les personnes qui barraient son chemin, tels des obstacles mouvants, et crut apercevoir une masse de cheveux dorée s'engouffrer du côté de machines de jeu énormes. Il serait plus ardu de le repérer là-bas. Scrutant les environs, à l'affût, il fit le vide dans sa tête pour se concentrer sur son objectif. Que ferait-il à la place du blond ? Se rapprocher rapidement de l'entrée pour être déclaré vainqueur, le plus discrètement possible. Se cacher. Mais où ? Les simulateurs étaient nombreux, les recoins aussi. Alors, l'attendre à la sortie serait sans doute le plus simple. Mais s'il trouvait le moyen de prendre une des issues de secours ? Il ne fallait pas lui laisser cette chance.

Une grande main se posa sur l'épaule du rouquin qui reconnut bien là une connaissance. Il s'excita tout seul en se retournant vivement vers le géant bruns aux yeux de nuit.


-Ren, tu va me lâcher oui ou merde ! Je bosse là, alors fout moi la p-
Mais il s'arrêta en pleine phrase. Un sourire se forma sur son visage alors qu'il murmurait.
-Tu va enfin me servir à quelque-chose ...
L'autre tira une bouffée sur sa cigarette, toisant le plus petit, il lui souffla sa fumée à la figure, un air moqueur sur le visage.
-Tu ne compte tout de même pas te servir de moi sans rien me donner en échange ?

Un sourire vil laissait tout entendre. Le Singe se renfrogna. Il n'avait pas le choix s'il voulait coincer Akiyoshi, vite fait bien fait. Après quelques minutes passées en explications et en accords, le grand Ren s'était posté avec nonchalance à l'entrée, prêt à attraper par le col un jeune garçon blond avec un piercing à la lèvre inférieure, chose assez peu commune pour qu'il ne terrorise pas un autre que la cible de Suô. Pendant ce temps, ce dernier ratissait toujours la salle à partir de fond, espérant obliger la souris à sortir de son trou et à courir vers la sortie. Ce schéma était semblable à celui d'une battue, le chasseur acculant sa proie à un endroit précis pour mieux la capturer.
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Akiyoshi HuaXiang
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MessagePosté le: Dim 16 Déc - 02:40 (2007)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Akiyoshi n’avait évidemment pas la moindre idée que même s’il arrivait à la sortie avant que l’énergumène ne l’attrape, quelqu’un serait là pour l’attendre. C’était un peu de la tricherie, mais en même temps, il n’avait pas dit clairement dans les règles qu’il ne pouvait pas y avoir de collaborateurs. Et puis, il était pas non plus un fin stratège qui pouvait évaluer toutes les possibilités d’échappatoire dans toutes les situations, alors comment aurait-il fait pour deviner que Suô connaissait quelqu’un qui était par hasard dans les environs et qui accepterait de l’aider, hein ? Toujours coincé dans le simulateur, il scruta avec attention l’extérieur, avant de réfléchir un moment. Fourrant la main dans sa poche, il inséra un jeton dans la machine, qui se mit en marche et bougea. Le rouquin ne penserait pas qu’Aki serait en train de jouer dans un moment pareil, non ? Alors il chercherait plutôt les endroits où personne n’est. D’ailleurs qu’est-ce qu’il lui voulait ce gars ? Son père n’enverrait quand même pas un satyre comme lui, qui avait l’air incapable d’obéir à un ordre correctement, si ?Mais il ne pouvait pas dire que ce n’était pas drôle non plus. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas joué à trappe-trappe, et un sourire apparu sur ses lèvres.

Bon, il était temps de sortir de sa cachette là quand même, il n’allait pas rester ici indéfiniment sinon l’autre gars allait finir par le trouver et ce serait game over pour lui. Qui sait ce que l’autre lui ferait en plus s’il gagnait ? Le jeune adolescent ne préféra même pas y penser. Il était vrai qu’il avait une coiffure extrêmement voyante, et qu’il sortait un peu de l’ordinaire, un peu beaucoup, avec son piercing à la lèvre inférieure, mais tant pis, il ferait avec. Tirant le rideau d’un coup vif, il bondit hors du simulateur et se mit à courir avec frénésie, comme s’il avait le diable aux trousses. C’était presque ça d’ailleurs. Ne s’arrêtant pas et évitant parfois avec justesse les personnes sur qui il fonçait, il se rapprochait de plus en plus de la sortie, ne voyant pas de tête rouquine aux alentours, ou peut-être derrière lui mais il serait imprudent de se retourner. De plus, s’il était réellement derrière, c’était comme s’il avait déjà perdu, car il n’avait pas le moindre doute quant à la rapidité du singe.

Là, la sortie, l’échappatoire, la liberté ! Légèrement essoufflé, Akiyoshi allait franchir la ligne d’arrivée, mais deux bras fermes coupèrent son élan, le soulevant du sol. Surpris, ne comprenant pas ce qui se passait et qui était ce gars, il le regarda avec de grands yeux, avant de se débattre. Voyant que cela ne servait à rien au bout de quelques instants, il croisa les bras sur sa poitrine, les pieds à quelques centimètres du sol, l’air frustré et en colère. Cet homme… Ce n’était pas le gars de tout à l’heure, il était brun lui ! C’était quoi ce bordel alors ? Un complice ?


- Lâche-moi sale balourd ! Pose-moi par terre !!

- Pas moyen, gamin. Dis-toi que c’est pour la bonne cause.


L’homme affichait un sourire narquois, ce qui ne donnait que plus envie de foutre son pied dans la gueule du type mais bon, il fallait bien être réaliste. Là, Akiyoshi était une crevette, et le balourd, c’était… un requin ? Non, un truc moins majestueux, plus moche… Genre, une pieuvre, c’était bien laid ça. Il tira la langue à l’homme, et se remit à gesticuler dans tous les sens pour qu’il se fatigue et le pose par terre, ce qu’il finit par faire, mais en gardant une prise ferme sur lui. Boudant, l’adolescent vit la chevelure rousse arriver en courant peu après. Traîtrise ! Il n’avait pas été fairplay, mais qu’attendre de mieux qu’un gars pervers franchement ? Il aurait dû s’en douter. Il était encore trop naïf… En ayant assez que l’autre balourd lui tienne l’épaule à lui en broyer les os, il mordit sa main avec force, lui faisant lâcher prise et s’éloigna de lui rapidement, lui faisait un doigt de la main.

- Me touche pas, débile ! C’est bon, je vais pas m’enfuir.

- Y a pas intérêt, sale gosse.


De toute manière, Suô était déjà arrivé et avait un grand sourire sur les lèvres. Encore un peu et Akiyoshi était sûr qu’il s’applaudirait lui-même pour l’éclair de génie qu’il avait eu en embauchant son ami la pieuvre pour gagner. Lui fulminait presque de rage, mais il réussit à contenir sa colère. Fallait pas être mauvais perdant après tout, mais il n’allait certainement pas honorer sa part du contrat et laisser faire au singe comme bon lui plaisait. Remettant ses cheveux en ordre, il garda les bras croisés contre sa poitrine, l’air presque boudeur à l’idée de s’être fait avoir comme un bleu.


Dernière édition par Akiyoshi HuaXiang le Dim 20 Avr - 17:09 (2008); édité 1 fois
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Suô Saruahô
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MessagePosté le: Dim 16 Déc - 13:28 (2007)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Hé hé hé, trop facile ! C'est ce qui passait par la tête du Singe alors qu'il venait d'avoir l'illumination du siècle : se servir d'un...d'un pote ? Pour coincer le gamin, c'était finalement un jeu d'enfant. Dire qu'il avait douté un instant, mais tout de même, s'il perdait face à un môme, il perdait sa place et son honneur de freelance. Ren était coopératif uniquement parce qu'il allait y gagner dans l'affaire, mais Suô préférait ça à se faire remonter les bretelles par l'Otousan ou son Jikkei. Aussi il n'avait pas hésité une seconde. Quand à la légitimité de ce plan, il s'en balançait complètement; s'il avait appris au moins une leçon depuis qu'il était dans la mafia, c'était que c'était la loi du plus fort et que tous les moyens étaient bons pour gagner. Enfin, comme d'habitude il ne suivait les règles que si ça lui chantait. Le temps qu'Akiyoshi jouait dans un des simulateurs, il avait eu tout le temps de donner les instructions à son collaborateur du moment et quand ce fut fait, chacun se mit en place pour la chasse au petit garçon.

Suô s'amusait comme un petit fou, un sourire étrange ornait ses lèvres alors qu'il se déplaçait dans la salle d'arcades, sans toutefois oublier de jeter un oeil toutes les trente secondes vers l'entrée de l'établissement. En même temps il tachait de peaufiner la récompense qu'il allait exiger en fin de partie. Oh, rien de bien méchant, et le blondinet s'en rendrait vite compte, cependant le Singe stupide comptait bien profiter de la situation qui tournait nettement à son avantage. Il en fut d'ailleurs persuadé quand une tête décolorée fila devant lui : un air carnassier sur le visage, il s'élança sur sa proie comme un loup sur la brebis, tout en évitant avec talent les joueurs présents, exaspérés d'être ainsi dérangés par des imbéciles. Une vague énorme de satisfaction emplit le freelance quand, à quelques mètres de l'arrivée, il vit le jeune home se faire intercepter sans condition par le géant. Il observa la scène avec amusement avant de débarquer, mains dans les poches, adressant un sourire complice à Ren tout en lançant, fier de lui.


-Parfait.

Le gars en face de lui n'eut d'autre réaction que de le fixer, une lueur dans les yeux, et de répondre.

-Oublie pas Suô, demain soir. Tu sais où me trouver.

Le Singe afficha un air hargneux et fit mine de chasser de l'air du dos de la main, ignorant le gamin pas très loin.

-Ouais, ouais, j'ai bien compris, et toi ramène de l'alcool, je ferais rien du tout sans être bourré.

Il fit la moue et son comparse répliqua par une mine amusée, il tira une dernière bouffée sur sa clope et la balança sur le trottoir avant de se pencher pour voler un baiser au rouquin, ce dernier le repoussa vaguement en grognant, après quoi le grand brun se tourna vers Akiyoshi et lui ébouriffa copieusement la tignasse. Sans se soucier des réactions des deux gamins, dont Suô qui lui faisait un doigt, rageur, il fit demi-tour et disparut dans l'avenue bondée au grand soulagement du jeune homme qui put enfin reporter son attention sur le fils du patron. Ce qu'il pensait de la 'transaction' qu'il avait faite en échange de l'aide du géant, il s'en fichait. Il le jaugea du regard, ce qu'il n'avait pas encore eu le loisir de faire depuis leur rencontre il y un quart d'heure, et décida de se présenter au moins.

-Bon, je sais pas si t'avais compris mon p'tit gars, mais moi je suis un homme de main et ton papounet à décidé que je serais ton garde du corps.
Il croisa les bras sur son torse, levant les yeux au ciel.
-Pense-bien que ça ne me réjouis pas non plus de jouer les nounous, mais j'ai pas le choix, sinon j'serais pas ici.
Son regard se fit pourtant plus vif.
-Mais je dois avouer que c'était marrant. A charge de revanche, p'tit gars.

Il passa le seuil de l'entrée pour se retrouver à l'extérieur et inspirer un bon coup l'air pollué de la ville. Ah, ça faisait du bien de plus être enfermé ! Il s'étira longuement, non-soucieux des passants consternés, et se retourna vers Aki pour glisser d'un ton malicieux.

-Bon alors, j'ai droit à ma récompense, heeiiiiin ?
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Akiyoshi HuaXiang
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MessagePosté le: Mer 2 Jan - 16:48 (2008)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Akiyoshi lança un regard rageur au brun qui lui avait ébouriffé les cheveux. Il essaya comme il put de les remettre en place, glissant ses doigts dans les mèches blondes et noires, aplatissant ainsi sa coupe et disciplinant les quelques épis qui partaient dans tous les sens. Bon, ça avait l’air d’être un peu près correct. Il regarda Suô, puis la pieuvre, se demandant si ce qu’il pensait être ce qu’ils faisaient était vrai. Ce pauvre singe n’avait quand même pas vendu son cœur pour gagner un stupide jeu pareil ? Ou bien alors, il ne comptait pas, lui non plus, remplir sa part du marché. En tout cas, il faisait ce qu’il voulait, ce n’était pas les affaires de l’adolescent. Bref, la pieuvre s’en alla enfin, et si le rouquin ne l’avait pas déjà fait, il lui aurait également fait un doigt d’honneur mais ne voulait tout simplement pas s’abaisser à son niveau. Trop bas pour lui…

Ils partaient du Game Player, et Akiyoshi le suivit, en écoutant ce qu’il racontait. Lui, un homme de main de son père ? Il avait peur de voir la tête des autres de son clan, non pas parce que Suô lui inspirait de la terreur, au contraire, mais plutôt une sorte de… pitié ? A le voir comme ça, personne ne le prendrait au sérieux s’il criait sur les toits qu’il faisait parti de la mafia. Remarque, personne possédant une dignité et étant dans la mafia ne ferait une chose pareille, mais il pouvait très bien imaginer l’homme, perché sur un toit, à crier… Y avait pas une nounou plus compétente et plus discrète ? Un peu comme les films où les gardes du corps font de la filature, et apparaissent toujours au bon moment, quand le gentil garçon se fait kidnapper par les méchants. Car même si le rouquin restait collé à lui, Akiyoshi avait l’impression qu’il pourrait se faire enlever sous son nez, et que lui serait incapable de faire quoi que ce soit. Est-ce qu’il portait au moins une arme ? Il tâta alors les hanches de Suô, plus ses côtés, puis le bas de son dos. Un couteau, c’est tout. Non la question à se poser était plutôt : savait-il se servir d’une arme à feu ?

Perdu dans ses réflexions quant aux compétences du singe, il n’entendit pas tout de suite la question qui lui était posée, et releva la tête d’un air intrigué. La récompense ? Quelle récompense ? Ah ! Il parlait de celle-là ! L’adolescent hocha lentement la tête, et trifouilla dans sa poche pour en sortir un paquet de chewing-gums. Il prit la main de Suô, l’ouvrit, et y déposa le petit paquet, même pas encore ouvert.


- Tiens, voilà ta récompense. Désolé, je me balade pas tout le temps avec des vrais bananes, mais des chewing-gums à la banane, ça devrait suffire, non ?

Il lui fit un sourire angélique, et commença à marcher, les mains dans les poches. Il allait falloir qu’il aille voir son père pour demander à changer de garde du corps, ou alors exiger de ne plus en avoir du tout, mais ça, c’était quasiment impossible. Son père… c’était toujours étrange de penser qu’en effet, il y avait quelqu’un qu’il pouvait appeler ‘Papa’, bien qu’il n’appelait pas du tout Rei comme ça. Non, il l’appelait Rei, tout simplement. C’était froid comme appellation, mais dire ‘Père’ ou ‘Papa’, c’était comme le reconnaître en tant que père du côté émotionnel. Et ça, on en était encore loin, très loin. En tout cas, Suô n’aurait rien d’autre, et ce genre de bonbons était dur à trouver, alors qu’il s’en contente. Tout droit importé de Chine ! Il sortit un autre paquet, à la pomme cette fois-ci, et en prit un pour le manger, commençant à faire des bulles avec, et il se retourna vers Suô, d’un air interrogateur.

- Tu vas me suivre tout le temps donc ? Comme un chewing-gum qu’on ne peut pas décoller de sa semelle, mais qui se fait piétiner sans arrêt ? Et à part nounou, tu fais quoi d’autre au sein du clan ?

Sa dernière question fut posée plutôt à voix basse. Il ne voulait pas non plus attirer l’attention des autres gens autour de lui, et bien qu’il ne doutait pas de la compétence de son père quant à ne pas faire ébruiter le fait qu’il ait un fils, on n’était jamais trop prudent… L’adolescent allait vraisemblablement se faire un plaisir de ne pas rendre la vie facile à Suô. S’enfuir par exemple, ou faire des bêtises, peut-être même voler dans un magasin pour se faire chopper par les flics… L’avenir semblait prometteur, et très drôle. Il eut un grand sourire, mais pas le genre de sourire où on est content et super heureux, non plutôt celui qui faisait un peu peur quelque part… Il s’arrêta alors de marcher.

- On va où maintenant, Mr le Singe ?


Dernière édition par Akiyoshi HuaXiang le Dim 20 Avr - 17:10 (2008); édité 1 fois
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Suô Saruahô
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MessagePosté le: Jeu 31 Jan - 12:23 (2008)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant


Suô avait interrompu son discours pour hausser un sourcil. Voila qu'il se faisait tâter par un môme qui devait avoir quinze ans tout au plus. Enfin, ce n'était pas déplaisant non plus. A bien y réfléchir ce geste n'entrait pas dans le tempérament du petit, non, il relevait de quelque chose de beaucoup plus sérieux. Que cherchait-il, une arme ? Il n'avait qu'un épais poignard dentelé dans le dos. Le freelance, à vingt-et-un ans, était bien sûr déjà allé à des séances d'entraînement de tir et techniquement, il avait rapidement appris à se servir d'armes a feu de différentes catégories, mais jamais il n'avait porté de flingue sur lui en dehors de ça. Pas que ça lui déplaise à ce point, généralement, il était affecté à des missions jugées peu dangereuses comparé à ce qui pouvait se passer en ville, et son maniement de la lame était largement suffisant pour ses sorties quotidiennes. Et puis bon, c'était pas comme si il était sur un gros coup, on lui avait juste ordonner de veiller sur un gamin. Trop facile, s'était-il dit après avoir râlé. C'était à voir... Le rouquin fit un grand sourire au garçon en susurrant.


-Petit coquin, ne me pelotte pas en public voyons !

Le Singe est débile, c'est définitif. Et c'est qu'il assumait en plus, et comptait bien faire chier le gamin pour l'avoir provoqué au jeu tout à l'heure. Il gagnait toujours à ce genre de choses puériles, c'était son élément. Un poisson dans l'eau comme qui dirait, ou plutôt un singe dans la jungle. Suô observa du coin de l'oeil les faits et gestes du blondinet qui fouillait dans ses poches , tandis que lui marchait avec nonchalance et venait de déboucher dans la grande avenue, bondée à cette heure. Alors qu'il se demandait vers où est-ce qu'ils se dirigeaient au juste, sa main fut tirée et déliée. Il fronça les sourcils et une moue déçue s‘empara de son visage si souriant il y à encore quelques minutes. C'était quoi c'truc ?! Il se moquait de lui ou bien... ha ha. Très drôle. Et le petit sourire innocent qui va avec. Saleté, il aurait du se méfier, les enfants sont biens plus sournois et vils que ce qu'il s'était imaginé.

-... et tu te crois drôle en plus ...

Il ronchonnait que s'il avait accepté le jeu, ce n'était certainement pas pour un petit paquet de chewing-gums, et sa main libre partait pincer la joue angélique du sale gamin, alliant le geste à la parole. De l’autre, il examina furtivement le paquet et nota simplement que les idéogrammes différaient de ceux qui tapissaient les rues et les journaux japonais. Peut-être qu’Akiyoshi venait-il de plus loin qu’il ne s’était imaginé finalement, cependant, le Singe ne pouvait deviner l’origine de la sucrerie, pas plus que celle du gosse de l’Otoosan. Et pour cause: il avait beau tenter de déchiffrer les signes, rien ne lui venait à l’esprit, comme quand il se trouvait chez le marchand de journaux du coin d’ailleurs. Un grand type très sympa qui lui refilait toujours des réglisses ou du chocolat gratos. Enfin. Le rouquin déchira rapidement le papier et avala une de ces fines tablettes jaune pâle bourrées de trucs bien chimiques, et il fourra le reste dans sa poche tandis que le blondinet lui débitait une métaphore très vexante, de son point de vue. La super bulle qu’il était en train de faire lui éclata au visage et il grogna de mécontentement, tentant comme il le pouvait de virer cette matière collante de ses joues tout en tâchant de répondre.

-Si tu le vois comme ça c’est ton problème, mais oui, c’est c’que j’compte faire sans trop avoir le choix !

Le jeune homme n’allait quand même pas avouer que d’avoir été choisi pour garder le fils du chef lui faisait quelque part extrêmement plaisir, et puis quoi encore. En plus, pour le moment, Aki n’avait montré que des côtés contraignants, pour faire plus bref, très chiants. Suô gratta du bout de l’ongle quelques restes de chewing-gum sur le coin de sa bouche avant de continuer son speech en baissant le volume, jetant de temps à autre un oeil aux alentours. Il n’avait pas l’air mais faisait très attention à ce qui se passait. Le gosse pourrait tôt ou tard faire objet de pression si la vérité était dévoilée, on ne sait jamais.

-On m’a jamais refilé de gosse, c’est une grande première figures-toi ! D’habitude je fais plutôt office d’homme de main, de garde du corps. Ce genre de truc quoi.

Le Singe avait finalement glissé les mains dans ses poches. La nuit tombait doucement, mais assez vite pour que la question du garçon ne fasse qu’un tour dans sa tête et qu’il ne s’arrête près de lui. Bientôt il ferait trop sombre pour que la sécurité de l’enfant soit correctement assurée. Ils feraient mieux de rentrer. Mais où au fait ? Aki devait très certainement vivre avec Reishin, dans une demeure qui était inconnue de clan, Suô y compris. Et l ne pouvait pas le ramener au Q-G, c’était hors de question. La discussion et les présentations reprendraient plus tard, après tout la curiosité du Singe avait été remuée: d’où il sortait ce gosse à papa et que faisait-il ici maintenant, pourquoi ? Tout ceci attendrait un moment plus propice, et il resta songeur un instant avant de déblatérer.

-M’appelle pas comme ça, c’est Suô j’t’ai dit !! ... Mh...je suppose qu’il va falloir rentrer à la maison, ton père à du mettre en place un couvre-feu, non ? Et même s’il ne l’a pas fait, il me tuerait si tu restes en ville trop tard. Mais moi, je sais pas où il habite, alors voila ce qu’on va faire: j’appelle un taxi, et tu lui donnes les instructions, okay ?

Ce qui pour lui était un double coup en un, il serait l’un des seuls à connaître l’emplacement de la demeure du Chef, et son excitation à ce sujet était à peine voilée. Il héla un taxi qui s’arrêta sur le bas-côté, non loin d’eux, le freelance attrapa alors sans ménagement le garçon par la main pour l’y conduire avant de lui ouvrir la portière arrière avant de s’engouffrer a ses côté sur la banquette arrière. Il se passe une main dans les cheveux tout en se laissant aller confortablement. A vrai dire, Aki n’avait pas eu le choix, où le temps de choisir.
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Akiyoshi HuaXiang
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MessagePosté le: Mer 6 Fév - 14:51 (2008)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Akiyoshi grimaça légèrement au pincement de joue, mais n’en eut qu’un sourire plus grand par la suite. A charge de revanche, comme on disait ! Bref, ils continuaient à marcher, mais vers où en fait ? Lui suivait le singe, et le singe semblait en fait le suivre… et au final, personne ne savait où il allait. Ce n’était pas très malin, mais lui ne connaissait pas encore très bien la ville. Certes, il évitait les bas fonds et les quartiers mal famés, et prenait la plupart du temps des avenues bondées comme celles-ci. On était jamais assez prudent, bien qu’il était certain que s’il se faisait kidnapper en pleine rue, personne ne viendrait lui prêter main forte et le sortir de là. La mentalité de la société était ainsi aujourd’hui. Il y avait de rares personnes, bien trop naïves et pensant bien faire qui se prêterait au jeu, mais comment en ressortiraient-ils, à la fin ?

- Homme de main, toi ?


Avec une moue sceptique, le jeune lycéen étudia de plus près le visage de Suô. Homme de main, hein ? Bizarrement, ça ne lui allait absolument pas, mais il ne fallait jamais se fier aux apparences après tout. Le Freelance aux premiers abords n’avaient pas l’air dangereux, du tout. Cela ne faisait qu’une heure à peine qu’il le connaissait, et ce n’était probablement pas assez pour se faire une idée précise de l’homme, mais même… Enfin bon, il aurait bien aimé voir la tête des autres membres du clan de son père, juste pour voir s’ils avaient tous l’air aussi… charmants que le rouquin. Reishin ne la laissait pas s’immiscer dans ses affaires, et à vrai dire, personne du clan ne venait lui rendre visite, ou alors quand quelqu’un le faisait, il restait vraiment très discret pour que personne ne puisse le remarquer.

- Il ne m’a pas donné de couvre-feu, mais de toute manière, je me doute bien qu’il ne veut pas me voir rentrer à des heures pas possibles, genre 1h’ du mat’ !

C’était une sorte d’entente, sans l’avoir dit. C’était naturel, et Akiyoshi n’avait jamais été un gosse qui ne respectait pas les règles de la maison. Pour tout dire, la demeure de Reishin n’était pas bien différente en son atmosphère que son ancienne maison, s’il ne prenait pas en compte l’odeur sucrée et la douce atmosphère qui imprégnait l’air quant auparavant, il rentrait chez lui, le sourire aux lèvres, une tasse de thé et une part de gâteau l’attendant sagement dans la cuisine. Secouant légèrement la tête pour chasser ses pensées bien trop nostalgiques de son esprit, il se fit tirer dans un taxi sans même pouvoir y faire quoi que ce soit, et après que la porte fut claquée, regarda Suô de travers.

- Tu ne sais pas où il habite, alors qu’il t’as assigné comme garde du corps ?

Le gamin ne lui avait pas encore accordé toute sa confiance à vrai dire, surtout que son père biologique ne lui en avait même pas parlé, de ce garde du corps. Il donna une adresse à voix basse au chauffeur, murmurant dans un souffle à son oreille, avant de se réinstaller correctement sur la banquette arrière, mordillant légèrement sa lèvre inférieure, les sourcils froncés, signe qu’il réfléchissait à cette situation. Pouvait-il ou non avoir confiance en ses mots ? Il n’avait pas eu de preuves comme quoi le rouquin était vraiment un Freelance, et il y avait des probabilités que ce soit un piège. Mais il t’aurait kidnappé et torturé depuis longtemps s’il était un ennemi, lui direz-vous. Et alors ? Il y avait mille et une façons de soutirer des informations, et cette précipitation à vouloir aller chez Reishin… Et l’excitation apparente de vouloir connaître l’adresse de l’Otousan était… plus que suspecte.

Laissant échapper un soupir, il colla son front contre la vitre, restant silencieux. Bien évidemment, il n’avait pas donné la bonne adresse. Et puis quoi encore ? Devrait-il appeler Reishin ? Oui, évidemment qu’il le devait, mais il était anxieux à l’idée de le faire. Depuis qu’il était là, il ne l’avait pas appelé une seule fois, et s’étaient à peine échanger quelques paroles. Il ne voulait pas être une nuisance. Confirmer ou ne pas confirmer ? Quelques minutes passèrent, et il se tourna vers Suô, se demandant si ce dernier avait parlé. Tant pis, il devait savoir, avant de commettre une erreur.

Sortant son téléphone portable, tout beau, tout neuf, il ouvrit le clapet et avec des doigts fébriles composa un rapide message se résumant à quelques mots. Voilà, comme ça, il ne le dérangeait pas vraiment, et s’il était trop occupé pour répondre, eh bien, tant pis… Ils iraient juste là où le lycéen avait guidé le chauffeur. Tapotant nerveusement son téléphone, il gardait une apparence pourtant calme. Le lycéen jeta un coup d’œil au rouquin. Croire ou ne pas croire… Voir plus loin que ce que les yeux montraient, ne pas juger un livre à sa couverture ? Mais même avec toute la bonne volonté du monde, Suô n’avait rien d’un type faisant partie de la mafia, ou alors c’était un imbécile heureux qui devait bien embêter son monde.

Sortant un autre paquet de chewing-gum, à la pomme cette fois-ci, il prit une tablette et la fourra dans sa bouche, jetant le petit bout d’aluminium dans le compartiment normalement réservé à la cendre de cigarette. Bon, de toute manière, s’il ne recevait pas de réponse avant qu’ils n’arrivent à destination, ils mangeraient tout simplement dans un bon restaurant. C’était l’heure de dîner bientôt, alors qu’il ait une heure d’avance ou pas, qu’importe !

- Je me demandais si… tu avais faim Mr le Singe ?


Le surnom, il n’était pas prêt de le lâcher. Suô et ses singeries… ça pourrait même être le nom d’un film pour gosses de sept ans ! Ou d’un dessin animé tiens ! En plus, cela collait parfaitement à l’image qu’il avait du Freelance ! Un sourire aux lèvres, il ne partagea cependant pas sa bêtise, ne voulant pas que sa joue soit maltraitée une nouvelle fois, mais son air montrait clairement qu’il se moquait de lui. Un peu.


Dernière édition par Akiyoshi HuaXiang le Dim 20 Avr - 17:10 (2008); édité 1 fois
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Suô Saruahô
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MessagePosté le: Dim 10 Fév - 19:07 (2008)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Le freelance haussa un sourcil en se sentant dévisagé. Bah quoi, il y avait vraiment de quoi s'inquiéter? Pas à son avis. Bon, c'est vrai, il ressemblait à une racaille des bas-fonds plus qu'à autre chose, son apparence se rapprocherait d'ailleurs peut-être plus du genre guignol et étudiant raté que membre d'une branche de la mafia, mais bon, on fait avec ce qu'on à. Malgré tout ce qui pouvait se dire, il était fier de ce qu'il était, et un petit air hautain de circonstance s'afficha sans son allure tandis qu'il approuvait.

-Mais oui, mais oui ! C'est la classe hein ? Pourquoi t'en doutes le nain, t'es jaloux, c'est ça ?

Un rire clair s'échappa de sa gorge et il faillit s'étouffer avec son reste de chewing-gum, pathétique me direz-vous. Pauvre Aki, nous compatissons tous avec toi, bonne chance p'tit gars ! Enfin, si Suô était un des premiers freelances qui allait côtoyer régulièrement le gamin, Akiyoshi serait quand à lui la première personne de type "normal" à subir les pitreries du Singe. Et c'est que ce dernier en avait beaucoup en tête, son imagination débordante était stimulée grâce à l'esprit provocateur et tout aussi enfantin de son adversaire du moment. Le rouquin écoutait le plus jeune d'une oreille, les yeux rivés sur la foule abondante, sur les néons fluorescents qui clignotaient à intervalles réguliers, un sourire en coin s'afficha sur son visage alors qu'il continuait ses conneries, passant un bras autour de l'épaule d'Aki.

-C'est dommage, il y à tellement d'activités qui sont tellement plus plaisantes la nuit ...

Mais l'idée d'un Otoosan en rage si jamais il tentait quoique ce soit avec le fils, le refroidit presque immédiatement et le Singe tenta de calmer ses idées qui dérivaient au large en se concentrant sur d'autres pensées plus saines. Alors comme ça le blondinet était un bon p'tit garçon, qui rentrait pas tard le soir et qui obéissait à son papa. Bien, au moins quelque chose qui l'arrangeait, il serait pas obligé de lui courir après pour le faire rentrer au bercail à la nuit tombée. D'ailleurs, il était temps, selon lui, d'y retourner ! Pas qu'il s'ennuyait, mais il n'avait pas capté que le fait d'être assigné comme garde du corps du garçon égalait celui de pénétrer dans la demeure de Reishin. Tout ça était terriblement excitant de son point de vue, et une fois l'enfant couché, il pourrait même visiter l'endroit comme bon lui semblait ! C'est pas la classe ça ? Il s'en réjouissait d'avance et, une fois installé à l'arrière du taxi aux côtés d'Akiyoshi, il s'en frotta les mains, un sourire sournois aux lèvres. Qu'est-ce qui pouvait bien lui passer par la tête ? Un tas de choses. C'est alors qu'il fut tiré de ses petites réflexions par une interrogation à-laquelle il répondit en grognant, posant ses mains sur le siège avant sans avoir mis sa ceinture.

-Et alors ?! Personne sait vraiment où il habite à part son chauffeur, bon, j'ai déjà essayé de le soudoyer çui-là, mais y'a rien à faire ! J'ai même posé la question à Matt', y m'a dit: mesure de sécurité !

Il laissa le gosse s'occuper de donner l'adresse au conducteur sans vraiment écouter, et patientait comme il le pouvait, trépignant sur la banquette. S'il y avait quelque-chose qu'il n'aimait pas, c'était d'être enfermé dans un espace clos, privé de mouvements. Bouger était devenu un besoin vital depuis longtemps déjà. Quand on lui faisait la réflexion, il répondait parfois que quand on à connu une prison, on peut goûter comme jamais à la vie. Ses gestes étaient vifs, nerveux. Il jetait de temps à autre un oeil à sa montre. Le bracelet était d'un cuir marron usé, et un cadre de métal rond encerclait les chiffres digitaux d'un vert électrique. Son regard si mobile virait alors immédiatement à Aki, installé à sa gauche, puis au paysage urbain défilant à-travers la vitre teintée. Bon sang, ça allait durer encore longtemps ?

Le freelance se retenait vraiment pour ne pas demander quand est-ce qu'ils arrivaient. Ses sourcils tiquaient automatiquement de temps à autre, et il sautillait presque sur place. En résumé, il n'avait absolument pas remarqué que le blondinet doutait encore de son identité et de sa fonction, il était bien trop préoccupé par autre chose, d'autant plus qu'il ne s'était pas demandé comment Akiyoshi pourrait interpréter son impatience quand à connaître la maison du papounet, pas plus qu'il n'avait remarqué l'intense réflexion du gamin pourtant assis à côté de lui. Une goutte de sueur s'écoula depuis sa tempe sur le long de sa joue moite et, n'y tenant plus, il lança brusquement, crispé sur le siège avant.


-Bon, y'en à encore pour longtemps ?!

Le chauffeur sursauta de surprise et se contenta de glisser doucement qu'ils n'étaient pas loin, avant de se concentrer à nouveau sur la route, légèrement indigné. Mais le client est roi, et le Singe était au courant, il lâcha un long soupir et croisa le regard pensif d'Aki avant de se rasseoir correctement. Ses doigts tapotaient sur le tissu gris qui tapissait l'intérieur du véhicule avant qu'il ne capte un truc. Bon, d'accord, c'était pas loin, mais alors comment ça se faisait qu'on se trouve encore en centre-ville? Dans la quartier, on ne trouvait que des magasins chics ou des restaurants. Reishin pouvait pas avoir un appart' ici quand même, c'était plutôt le genre calme et réservé ...ou alors il venait de découvrire une face inconnue du chef de son clan ..? Suô se posait tout un tas de questions inutiles, mais au moins ça lui faisait passer le temps sans qu'il ne tonne à nouveau comme tout à l'heure.

Il arqua instinctivement les sourcils en se sentant observé, et tourna le visage vers le petit pour lui offrir un grand sourire. Tiens, depuis quand il avait un téléphone portable dans les mains lui ? Ce détail lui donnait quelques idées qu'il ne tarderait pas à appliquer. La suite le laissa méfiant, et il y avait de quoi avec le sourire qu'arborait le sale gosse. Le rouquin fronça le nez. Qu'est-ce qu'il mijotait encore...


-Hm, ouais j'avoue que j'ai la dalle, c'normal c'est l'heure de bouffer ! Mais t'es chiant avec ce surnom naze, appelle-moi par mon prénom jt'ai dit, gamin !

Suô croisa les bras. Il demandait quelque-chose qu'il n'appliquait pas lui-même, comportement typique de l'enfant capricieux. Et comme tout gamin qui se respecte, il s'arrêta presque aussitôt de bouder, son attention étant captée par autre chose de plus intéressant: sa main partit attraper le portable des mains du garçon, et en quelques secondes, son numéro était ajouté au répertoire sous le nom de Suô. Libre au blondinet de changer ça par Singe stupide, ce n'était pas son affaire. Après ce petit ajout, il chercha le numéro d'Aki et l'enregistra sur son propre téléphone, un vieux modèle dont il n'avait pas changé en six ans, le genre de truc qu'on appelle des cabines téléphoniques, c'était ça, en rouge vif. Quand il eut finit sa petite affaire, il rendit son bien au garçon avec un grand sourire.

-Tu peut m'appeler quand tu veut, même la nuit si tu fait des cauchemars.
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Akiyoshi HuaXiang
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MessagePosté le: Dim 2 Mar - 01:12 (2008)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux! Répondre en citant

Akiyoshia regarda ce… cet énergumène, qui était censé lui servir de garde du corps, d’un air horrifié, mêlé avec de la confusion. Il était sérieux là ? Aki, jaloux de ça ? Jamais de la vie, impossible, inimaginable, et non merci. Plus pathétique que cela, il n’y avait pas, et cela était une certitude. S’étouffer avec son chewing-gum arrivait à tout le monde, bien entendu, mais pas dans ce genre de situation. On ne montrait pas une si mauvaise image de soi, si pitoyable, devant le fils de son boss, en disant être homme de main.

- …

A cet instant précis, le lycéen aurait réellement voulu toucher du bois. Il lança un regard assez mauvais au singe quand ce dernier se glissa près de lui, lui susurrant mielleusement qu’il y avait, comme si Akiyoshi ne le savait pas, d’autres activités, peut-être plus attrayantes. Oui, surtout pour un pervers comme le rouquin. Un incapable, et en plus de ça, satyre ! Quoi de mieux réellement… Il dégagea fermement la main de Suô de son épaule. Il n’avait pas peur ou quoi ? Toucher avec tant d’impudeur le fils de son patron ? Pas sûr que Reishin apprécierait s’il savait cela… Ce gars était en fait un détraqué. Il n’y avait pas d’autres explications. Ou alors il était schizophrène et possédait une autre personnalité plus compétente et qualifiée pour faire parti du clan des Freelances. L’image de son père biologique se dégrada un peu dans son esprit quant au choix de ses hommes de main.

Et ce sourire qui ne présageait rien de bon. Décidemment, il ne pouvait pas ramener ce gars chez lui, pas tant qu’il avait reçu confirmation de la part de quelqu’un, son père ou bien autre. Le taxi continuait donc à rouler tranquillement vers le restaurant. Matt’ ? C’était qui ça ? Ne cherchant pas à en savoir plus, Akiyoshi regardait droit devant lui, en jetant de temps à autre des coups d’œil à son ‘garde du corps’. Il était nerveux ou quoi ? A regarder partout et à trépigner d’impatience de la sorte. C’était encore plus suspect. Laissant échapper un soupir, le lycéen regrettait d’être là, d’être tombé sur le rouquin. Ne pouvait-il pas avoir une petite vie tranquille sans problème ? Il n’avait pas besoin de quelqu’un qui allait le surveiller constamment ! Surtout si c’était pour être aussi discret…

Un cri, une plainte, bref, Suô finit par mettre en mots son impatience, beuglant sur le pauvre chauffeur qui n’avait rien demandé. Roulant des yeux, Akiyoshi ne dit rien. Il n’était pas sa mère non plus. Bon, elle venait quand cette réponse ? Car il commençait à être impatient, et n’avait pas vraiment envie de traîner au restaurant avec ce taré. S’il rentrait à la maison avec, peut-être que Suô irait embêter Reishin ou quelqu’un d’autre, le majordome ! Ou même faire ami ami avec Inu… Se tournant vers lui, il continua de sourire de cette façon si angélique. Lui, préparer un sale coup ? Jamais de la vie, il était bien trop sage pour cela.


- Mais c’est tellement plus amusant de t’appeler Mr le Singe, hein, Mr le Singe ?


Et puis, Suô l’appelait bien gamin, alors pourquoi lui devrait l’appeler Suô ? Le faux blond regarda distraitement par la fenêtre et sentit son portable être arraché de ses mains. Les yeux plissés, il vit le rouquin tapoter sur le clavier quelque chose, prend un vieux téléphone qui avait l’air d’avoir fait la guerre, avant de le lui rendre l’air tout fier. Mais qu’est-ce qu’il avait donc manigancé avec les deux téléphones ? L’air légèrement abasourdi, il fixa le Freelance, écoutant ses explications. Son regard se fit de plus en plus blasé.

- Si je fais des cauchemars ? Ce n’est pas toi que j’appellerais…

De toute manière, il n’avait personne à appeler. Ce n’était pas parce que Suô lui avait donné son numéro de téléphone qu’ils étaient des amis très proches, avec qui l’on pouvait se confier. Akiyoshi faisait encore des cauchemars à vrai dire. Cela lui avait repris, récemment, depuis son décès à elle. Il revoyait son visage pâle, froid, inexpressif. Ses paupières closes qui ne se rouvriraient plus jamais, le teint rosé de ses lèves avec une touche de maquillage. Elle avait été belle, même le jour de son enterrement, gracieuse et pourtant glacée. Repenser a cela lui fit descendre le moral. C’est alors que son portable vibra, et il ouvrit le clapet, lisant le message. Court, concis, c’était son père. Ce mot était si étrangé. « Père », chose qu’il n’avait jamais connu jusqu’ici, qui lui avait été dissimulé…

Revenant à la réalité présente, il se pencha en avant et demanda au chauffeur de changer sa trajectoire, pour les amener à la demeure de Reishin Lan, bien loin du centre-ville. Regardant le compteur, il calcula rapidement dans sa tête. Il devrait avoir assez de liquide pour payer tout le trajet. L’adolescent se rassit et resta silencieux le reste du trajet, l’air perdu dans ses souvenirs, dans ses pensées.


[Résidence de Reishin Lan]
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:12 (2018)    Sujet du message: Attrape-moi si tu peux!

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